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The Poodles – Perfomocracy

J'avais dit plutôt du bien du récent live de The Poodles. Je vais en faire de même pour le deuxième album qu'il sorte, dans la foulée, chez Frontiers. Il faudrait être un esprit très chagrin (ou sectaire) pour débiner le hard mélodique des Suédois. Qui peut contester aux Poodles leur savoir-faire réel, la qualité de leur instrumentation et de leur production ? À moins de ne jurer que par les groupes de Black metal les plus caverneux des forêts suédoises, il faut reconnaître que les riffs – souvent assez heavy du groupe – sont parfaitement agencés et se marient très bien avec des refrains accrocheurs mais pas pour autant racoleurs.

Peut-être pas aussi inspiré que leur formidable premier album Metal Will Stand Tall, ce Perfomocracy tient très très bien la route et s'avère sans doute supérieur à Clash Of The Elements. Les amateurs se délecteront du premier single « I Want It All » ou du puissant « I Believe In You », reconnaîtront la qualité de l'utilisation des claviers sur « Cuts Like A Knife » et ne s'ennuieront pas au long d'un album constitué de pas moins de treize morceaux d'un format assez similaire. Les plus grincheurs remarqueront que The Poodles n'invente plus l'eau chaude depuis quelques temps et que la recette est un peu attendue. Ok, ils n'auront pas tort… mais vous dissuaderont-ils d'acheter cette nouvelle galette très roborative ?

Baptiste (6,5/10)

 

Site Officiel

Frontiers / 2011

Tracklist (56:47) : 01. I Want It All 02. Until Our Kingdom Falls 03. Father To A Son 04. I Believe In You 05. Cuts Like A Knife 06. As Time Is Passing 07. Love Is All 08. Your Time Is Now 09. Action ! 10. Bring Back The Night 11. Vampire's Call 12. Into The Quiet Night 13. Don’t Tell Me

Journey – Eclipse

Voici donc le deuxième album de Journey avec Arnel Pineda, remplaçant d'un Augeri défaillant, lui-même remplaçant d'un Steve Perry lunatique (et encore nous excluons la période Jeff Scott Soto). Cet album va confirmer une règle, claire depuis Arrival : le premier album de Journey avec un nouveau chanteur est réussi et s'avère inspiré et le suivant, beaucoup moins flamboyant. Generations avec Augeri était donc assez insatisfaisant malgré quelques bons titres. 

Des ratages

Revelation, qui voyait les premiers pas au chant de Pineda, redressait fièrement le niveau et avait même permis à Journey de renouer avec des ventes de disque importantes. À première vue Eclipse est sensiblement inférieur à son prédécesseur et l'on peut prédire que le succès commercial sera bien moindre tant l'on a du mal à voir se détacher un éventuel single ici. Peut-être que le très AOR « Anything Is Possible » pourra attirer l'attention des radios spécialisés en classic rock aux États-Unis, mais cela n'a rien d'évident.

Un certain nombre d'autres morceaux ratent l'étape du single radio pêchant souvent par des refrains trop banals, à l'image du pourtant bon morceau d'ouverture « City Of Hope » ou de « Edge Of The Moment ». Quant à la ballade « Tantra », malgré des qualités indéniables, elle est bien bien loin des « Faithfully » ou « Send Her My Love » de jadis voire même d'un « After All These Years » sur Revelation.

Un disque à écouter quand même

Pourtant ce disque mérite le détour, et pas uniquement pour les fans indécrottables. En effet, le groupe, ayant sans doute compris qu'il ne tenait pas de hits, a cherché clairement à enrichir sa musique le plus possible, ce qui voit les morceaux de Journey dépasser allègrement les six minutes, soit bien au-delà des formats radio habituels. C'est évidemment Neal Schon qui peut s'exprimer le plus ici, ce qui donne une tonalité assez hard rock à l'ensemble. Mais auss ce qui donne lieu à de très belles parties de guitare (« City Of Love », « Edge Of The Moment ») et à des solos de premier ordre. Quand on connaît la classe du guitariste et la pureté de son son, on appréciera au plus haut point. Par ailleurs, Pineda chante toujours extrêmement bien, même si on attend toujours le moment où il se démarquera plus nettement de Steve Perry. Mais écouter ses vocalises sur le début de « Chain Of Love » lui fera tout pardonner. On ne s'étonnera pas au final de trouver un instrumental « Venus » qui permet à Castronovo d'exprimer, par des parties à la complexité inhabituelle, son talent de batteur, parfois un peu sous-employé. 

Eclipse est donc une sorte d'OVNI dans la carrière de Journey : malgré le style AOR, l'écoute n'accroche pas immédiatement, mais révèle assez de richesse pour rendre le disque clairement intéressant et attachant. 

Baptiste (7/10)

 

Frontiers / 2011

Tracklist (66:19) : 1. City Of Hope 02. Edge Of The Moment 03. Chain Of Love 04. Tantra 05. Anything Is Possible 06. Resonate 07. She's A Mystery 08. Human Feel 09. Ritual 10. To Whom It May Concern 11. Someone 12. Venus

Whitesnake – Forevermore

La métaphore est facile : si Whitesnake est un groupe qui mut régulièrement et connaît de nombreuses incarnations, la musique proposée est bien rarement décevante (qui pourrait citer un disque du Serpent Blanc franchement mauvais ?). Le dernier album en date du groupe de David Coverdale, Good To Be Bad, écrit après une longue hibernation, était déjà d'une qualité inespérée et l'on avait pu constater que la collaboration entre Coverdale et le nouveau-venu Aldritch fonctionnait bien. Je dirai à l'écoute de ce second opus co-écrit avec le guitariste blond, que la combinaison semble mieux fonctionner que jamais. 

En effet, Forevermore est franchement supérieur à son prédécesseur qui manquait quand même de morceaux très marquants. Cette fois ce n'est pas le cas, sans doute car l'orientation plus bluesy et groovy du nouveau disque de Whitesnake sied maintenant mieux à la personnalité plus apaisée de David Coverdale. Si la production reste toujours impressionnante et le groupe très en place (légèrement modifié puisque Brian Tichy a pris les fûts à la place de Chris Frazier), le supplément d'âme fait de ce Forevermore un petit « must » en lui-même. « All Out Of Luck » rappellera avec bonheur l'époque de Saint & Sinners (le titre est si bon qu'on l'aurait préféré au single, bon mais sans plus, qu'est « Love Will Set You Free ») alors que « I Need You (Shine A Light) » évoque, lui, les meilleurs moments de la période la plus américaine du groupe.

Malgré quelques titres puissants à la lisière du heavy pur et dur (« Tell Me How » ou « Dogs In The Street »), ce sont sans doute les moments les plus lents qui correspondent aux sommets du disque : après une belle ballade classique comme « Easier Said Than Done » qui met très bien en avant la sensibilité romantique de Coverdale, on goûtera le presque folk « One Of These Days », le poignant « Fare Thee Well » et surtout le titre éponyme en deux parties, qui articule les moments acoustiques avec un final très musclé. Sur ce morceau Coverdale est exemplaire, bien qu'à vrai dire ce soit sur l'entièreté du disque qu'il nous rassure sur ses capacités vocales. 

Alors que le groupe avait dû interrompre la tournée de Good To Be Bad du fait des graves problèmes de chant de son leader, ici, à plus de soixante ans, et même s'il cherche moins les intonations très graves qu'à une époque et bien qu'il ait un peu perdu en puissance dans certains aigus, Coverdale reste un chanteur de très grande classe et toujours aussi unique. Sa présence n'étouffe pas un Doug Aldritch très présent sur le disque et qui vole la vedette à un Reb Beach à l'importance très secondaire. Nous attendons maintenant avec impatience d'entendre les prestations live du groupe, pour constater si leur qualité va se tenir à la hauteur de cet excellent nouveau cru.

Baptiste (8,5/10)

Site officiel du groupe

 

Frontiers / 2011

Tracklist (63:30) : 01. Steal Your Heart Away 02. All Out Of Luck 03. Love Will Set You Free 04. Easier Said Than Done 05. Tell Me How 06. I Need You (Shine A Light) 07. One Of These Days 08. Love And Treat Me Right 09. Dogs In The Street 10. Fare Thee Well 11. Whipping Boy Blues 12. My Evil Ways 13. Forevermore

 

Chroniques de Whitesnake sur le site :

Whitesnake – Live In The Still Of The Night  Whitesnake – Live In The Shadow Of The Blues 
Whitesnake – Good To Be Bad Whitesnake – Live At Donington 1990
Whitesnake – Forevermore Whitesnake – Made In Japan
Whitesnake – Made In Britain