
Magnum est incontestablement un groupe surprenant. Non par son genre musical et encore moins pour l'originalité de ses parutions récentes, mais car il s'agit sans doute d'un des seuls groupes de dinosaures du hard rock à continuer d'enregistrer des albums à un rythme très soutenu sans bouder le plaisir d'une tournée systématique. Un an après Into The Valley Of Moonkight, revoici donc un nouveau disque dont la principale nouveauté est… la pochette qui tranche avec les illustrations de Rodney Matthews aux thématiques très « fantasy ». Ici nous avons droit à un espèce d'astrolabe mystérieux mais pas d'elfe ou de gnomes à l'horizon. Voici pour le flacon.
Quant à la liqueur, les amateurs de Magnum seront ravis puisqu'on reste dans le sillage des disques précédents, eux-mêmes dans le sillage du fameux On A Storyteller's Night. Nous sommes donc face à un pomp hard rock toujours classieux, équilibrant les parties mélodies et les guitares heavy. Le chant de Bob Catley ne souffre pas des années et conserve cette emphase lyrique qui plaît tant. Quant au maître d'œuvre, le guitariste Tony Clarkin, son sens de la composition parfaitement équilibrée ne connaît toujours pas de faille et on le trouve même un peu plus bavard que de coutumes en solo. On lui reprochera toutefois une certaine homogénéité dans les tempos (jamais rapides) et l'absence de toute volonté de créer un single accrocheur à la premier écoute. Pas de « Just An Arrow » ou de « Start Talkin' Love » à l'horizon mais un disque à déguster assis à une grande table d'abbaye, près d'un feu réconfortant en fumant un peu d'herbe à pipe.
Baptiste (7,5/10)
SPV / 2010
Tracklist (57:01) : 01. Black Skies 02. Doors To Nowhere 03. The Visitation 04. Wild Angels 05. Spin Like A Wheel 06. The Last Frontier 07. Freedom Day 08. Mother Nature's Final Dance 09. Midnight Kings 10. Tonight's The Night
Mr. Big ayant sillonné les terres nippones depuis vingt ans et ayant enregistré un nombre incommensurable de live au pays de l'ikebana, on pouvait s'interroger : « à quoi bon un septième live qui serait par ailleurs le cinquième au Japon et le deuxième au Budokan ? ». On pourrait répondre : il n'y a bien que là-bas que Mr. Big jouit toujours d'une réputation importante et il est vrai que la popularité du Paul Gilbert (qui a enseigné au Japon et qui parle japonais) demeure très forte dans l'archipel. Par ailleurs, comme le groupe vient de se reformer et que la parution d'un nouveau disque est imminente, la production de ce live participe d'une certaine actualité. Tous ces arguments se valent mais le meilleur est autre part. En effet c'est la première fois que nous avons un live vraiment exhaustif de Mr. Big qui dépasse les seize titres. La setlist sur ce « retour au Budokan » est impressionnante et aurait peut-être frôlé l'indigeste si quelques reprises bien venues n'avaient pas été intégrées.
Intéressons-nous maintenant à la prestation. Reconnaissons qu'elle est excellente, ce qui n'est pas pour surprendre car Mr. Big a toujours eu une très bonne réputation live. Le niveau et l'aisance de Gilbert et de Sheehan n'ont évidemment pas faibli avec le temps. Si le solo de Paul Gilbert n'est pas bien intéressant (bien que sa technique d'aller-retour reste toujours hallucinante), leur solo commun, tout en harmonisation, est par contre une réussite. Mais la bonne surprise vient d'Eric Martin qui, malgré ses quarante-neuf ans, conserve toujours beaucoup de verve malgré quelques difficultés sporadiques à atteindre les notes les plus élevées. Sa voix a toutefois mûri et je trouve personnellement qu'elle le fait bien, donnant souvent un peu plus de gravité à ses mélodies vocales.
On regrettera toutefois l'absence de tout titre de l'époque de Richie Kotzen et notamment du titre « Shine » et l'on voit mal pourquoi une telle impasse a pu être faite car une petite place aurait pu être faite à ce titre au milieu de la trentaine de chansons interprétées. Par ailleurs – même si les chœurs sont de très bonne qualité – « To Be With You » reste à mes oreilles toujours aussi pénible. Heureusement que le titre est suivi par un énergique « Colorado Bulldog » et par la reprise de Purple « Smoke On The Water », exécutée sans doute pour faire plaisir à un public nippon très friand de la musique du Pourpre profond.
Le tout reste extrêmement recommandable malgré la redondance initiale. Il augure de bonnes choses pour le groupe récemment reformé qui affiche ici une cohésion et une envie indéniables.
Baptiste (8/10)
Site officiel
Frontiers / 2010 :
CD 1
Tracklist : 1. Daddy, Brother, Lover, Little Boy (The Electric Drill Song) (4:48) 2. Take Cover (4:46) 3. Green-Tinted Sixties Mind (3:53) 4. Alive and Kickin' (5:39) 5. Next Time Around (4:31) 6. Hold Your Head Up (5:37) 7. Just Take My Heart (4:46) 8. Temperamental (5:56) 9. It's For You ~ Mars (3:43) 10. Pat Torpey Drum Solo (5:04) 11. Price You Gotta Pay (5:28) 12. Stay Together (3:39) 13. Wild World (4:18) (reprise de Cat Stevens) 14. Goin' Where The Wind Blows (5:14) 15. Take A Walk (4:29)
CD 2
Tracklist :
1. Paul Gilbert Guitar Solo (3:46) 2. Paul Gilbert and Billy Sheehan Duo (3:09) 3. Double Human Capo (1:08) 4. The Whole World's Gonna Know (4:02) 5. Promise Her The Moon (4:16) 6. Rock & Roll Over (4:13) 7. Billy Sheehan Bass Solo (6:04) 8. Addicted To That Rush (9:04) 9. Introducing The Band (2:00) 10. To Be with You (3:58) 11. Colorado Bulldog – 4:49 12. Smoke on the Water (6:32) (Deep Purple) 13. I Love You Japan (1:55) 14. Baba O'Riley (6:05) (The Who) 15. Shyboy (5:12) 16. Next Time Around [Version Studio] (3:38)17. Hold Your Head Up [Version Studio] (4:36) 18. To Be with You [Version Acoustique] (3:50)
Asia à Paris était avant tout un souvenir puisque le groupe de Wetton/Downes n'avait pas foulé les planches parisiennes depuis plus de vingt ans, lors du succès de ses deux premiers albums. Par la suite, notamment lors de l'époque John Payne, il fallait aller en Belgique ou en Allemagne pour profiter de la musique du combo britannique. Avec le retour du line up originel, Asia a connu un regain de popularité qui lui permet d'accéder au statut de groupe de classic rock et tourner plus abondamment.

Malheureusement pour le groupe (et Gérard Drouot production), il n'y avait pas grand monde au Casino de Paris ce jour là : 500 personnes au bas mot ce qui fait que les balcons étaient fermés. On accusera la crise, la paresse des amateurs, mais le prix des billets est plutôt à remettre en cause.
Pas de première partie ce qui n'est pas pour me déplaire et un groupe qui entame le concert par un « I Believe » un peu incongru, issu du tout fraîchement sorti Omega. Le dernier disque sera d'ailleurs nettement mis en avant ce soir avec quatre extraits (et deux de Phoenix) ce qui est plutôt bon signe puisque cela signifie que le passéisme ne sera pas de mise. Même si les grincheux remarqueront que les nouveaux morceaux, bien que d'une qualité indéniable, n'accrochent pas autant que les extraits des deux premiers disques d'Asia, on ne pourra que se féliciter d'un tel choix.
À la rubrique des points positifs, il y a la forme retrouvée de Wetton assez en voix, notamment sur la superbe version acoustique de « Don't Cry ». Downes reste lui toujours aussi réservé et Palmer se montre en grande forme ! Quant à Steve Howe il ressemble de plus en plus à un professeur de la Sorbonne en préretraite, même si les rhumatismes sont loin de paralyser des mains toujours aussi véloces, comme on put le constater lors de son solo, par ailleurs largement composé de vieilleries qu'il nous ressert depuis des décennies.
Deux réserves sur la guitare de Steve Howe ce soir. Tout d'abord son son était un peu fort, écrasant notamment les claviers de Downes, ce qui est dommageable mais dont il n'est pas responsable. Plus embêtant : son obstination à vouloir jouer avec une demi-caisse. Autant ce choix colle entièrement à la musique de Yes, autant sur Asia, dont la musique est plus rock, cela nuit beaucoup à la puissance de l'ensemble. L'indolence des parties rythmiques expliquent largement que le premier rappel « Go » ait été complètement raté par exemple.
Ajoutez à cela un public assez léthargique, vissé dans ses sièges et refusant de se lever sauf pour l'incontournable « Heat Of The Moment », et vous aurez une vision quelque peu contrastée de la soirée même s'il faut reconnaître que les bons moments furent nombreux. Manifestement Asia est un groupe un peu vieillissant, tout comme son public. Il faut l'accepter.
Baptiste
Setlist :
1. I Believe
2. Only Time Will Tell
3. Holy War
4. Never Again
5. Through My Vein
6. Don't Cry
7. Solo Steve Howe
8. The Smile Has Left Your Eyes
9. Open Your Eyes
10. Finger On The Trigger
11. Time Again
12. An Extraordinary Life
13. End Of The World
14. The Heat Goes On
15. Soul Survivor
Rappel :
16. Go
17. Heat Of The Moment
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