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Yoso – Elements

Yoso avait tout pour me déplaire… En effet les supergroupes ont très souvent mauvaise réputation dans le monde du rock (à la différence du jazz), souffrant d'a priori très forts et de la suspicion de relever entièrement d'une démarche commerciale. Et il est vrai que les supergroupes mis sur pied par le label napolitain Frontiers n'ont pas souvent permis de lever tous ces soupçons. Ici, le super groupe intitulé « Yoso » en hommage à Yes et à Toto, et constitué de Bobby Kimball (Toto), Billy Sherwood et Tony Kaye (ex Yes), vise à capitaliser sur la popularité des deux groupes précités alors que Toto se reforme pour une unique tournée en soutien à Mike Porcaro et que Yes semble bel et bien avoir évincé le pourtant inamovible Jon Anderson.

L'actualité instable des deux groupes incitera sans doute les fans des deux groupes à s'intéresser à cette union symbolisé par un nom associant les deux noms de Toto et de Yes. Mais la musique proposée maintient-elle cette filiation tant en terme de qualité que d'orientation musicale ? 

Oui et non. En effet la voix de Bobby Kimball reste toujours identifiable ; par ailleurs elle s'avère en très bonne condition sur ce disque ce qui surprendra agréablement les amateurs de Toto ayant pu déplorer des prestations moyennes de Kimball récemment. De facto la voix mais aussi une optique très AOR/west coast rapprochent beaucoup la musique de Yoso de celle de Toto et l'on peut assurer que certains titres tels « Walk Away » ou « The New Revolution » n'aurait pas dépareillé sur Fahrenheit ou Seventh One.

Cette orientation très West Coast exclut toutefois une certaine fougue et l'on ne trouvera pas de grand hits ou de titres très mémorables, même si la qualité de composition est indéniable. On peut même dire qu'un titre de la qualité comme « Yoso » s'avère bien supérieur à ce qu'a pu composer Yes ou Toto récemment. Quant à l'influence de Yes – si influence il y a –, elle est plutôt à chercher dans l'époque 90125 ou Big Generator. Il n'y a bien que « Return To Yesterday » qui lorgne vers un format musical réellement ambitieux, même si nous sommes très loin de la technicité virtuose du rock progressif et que le morceau manque de relief. 

Au final, Yoso apparaît comme un drôle de phénomène mixant certaines influences mais réussissant à les absorber dans un ensemble assez original. De même, l'inspiration se tient à un bon niveau globalement sans vraiment transcender l'ensemble. Mais le projet a une certaine personnalité ce qui n'est pas négligeable. 

Baptiste (7/10)

 

PS : l'album est proposé avec un deuxième disque qui reproduit un concert de Yoso interprétant évidemment ses chansons mais aussi certains classiques de Yes et de Toto. Le tout n'est pas génialissime, du fait notamment de la faiblesse des guitares mais s'écoute avec plaisir. En outre, Bobby Kimball y chante très bien.

 

 

Frontiers / 2010

Tracklist (53:01) : 1 Yoso 2. Path To Your Heart  3. Where You’ll Stay 4. Walk Away 5. The New Revolution 6. To Seek The Truth 7. Only One 8. Close The Curtain 9. Won’t End Tonight 10. Come This Far 11. Time To Get Up 12. Return To Yesterday

Blackmore’s Night – Autumn Sky

Dix albums au compteur en treize ans de carrière, ce n'est pas rien. Et malgré un mariage et la naissance d'une fille, Ritchie Blackmore et Candice Night n'ont pas déposé bien longtemps les luths, les vielles et les tambourins. Voici donc un nouvel album du duo dont le titre fait référence à leur enfant – dénommée Autumn Esmeralda – manière de signifier que cette naissance a été très signifiante pour sa musique. Cela ne signifie pas pour autant que des changements drastiques soient à constater ici. En effet, ce ciel automnal poursuit l'orientation folk médiévale du groupe, posée dès son premier disque, tout en conservant des éléments rock intégrés depuis Fire At Midnight et bien présents sur l'excellent Secret Voyage.

On ne s'étonnera pas d'entendre à l'entame du disque une très bonne reprise lorgnant vers un rock celtique de belle facture (« Highland » écrite par One More Time mais complètement transcendée ici) et cette inspiration est présente sur d'autres titres du même acabit (par exemple « Keeper Of The Flame » doté d'un solo et d'une partie instrumentale de haute tenue). Je serai plus réservé sur « Journeyman », trop pop et facile à mon goût, malgré un fort bon solo du sieur Blackmore ; il est vrai que le titre n'est pas du groupe mais des suédois de Nordman

Les reprises sont souvent un des moments forts des disques de Blackmore's Night, les revisitations se montrant fréquemment très originales. Ici c'est un titre des Kinks, « Celluloid Heroes », qui est réinterprété dans une version de toute beauté. Cette version fera évidemment de l'ombre au « Journeyman » évoqué plus haut. Pour finir, j'ai déjà dit ce que je pensais de « Highland » : la chanson est excellente, ce qui est loin d'être le cas de l'originale.  

Les moments acoustiques constituent une partie importante du disque avec la très belle ballade « Sake Of The Song », l'introduction de « All The Fun Of The Fayre » ou l'instrumental raffiné de Blackmore, « Night At Eggersberg ». J'ai une préférence pour « Darkness » au charme saisissant et qui s'enchaîne parfaitement sur l'instru-mental « Dance Of The Darkness » reprenant certains thèmes de la chanson et qui s'autorise un solo de basse inattendu. Je ne vois peut-être que la somptueuse ballade « Barbara Allen », pour rivaliser avec « The Darkness ». 

Les titres acoustiques sont souvent entrecoupés de morceaux folks beaucoup plus dansants à l'image de « Song And Dance (pt 2) ». Une certaine sensation de déjà vu ne sera pas malheureusement toujours absente à l'écoute de « Strawberry Girl » malgré la beauté de son refrain, ou de « Vagababond », trop proche selon moi de « Queen For A Day ». De même « Health To The Company » n'apporte rien au disque et son orchestration me semble pesante. 

Il faut constater qu'à accumuler les disques, le duo a parfois tendance à tourner en rond. La fraîcheur et l'inspiration restent toutefois globalement constantes et, à vrai dire, on ne s'ennuie jamais à l'écoute de cet Autumn Sky, du fait de la beauté de voix de Candice Night mais aussi de la qualité instrumentale toujours autant irréprochable de Ritchie Blackmore. Autumn Sky est au final hautement recommandable même s'il ne constitue pas un des sommets de la carrière du groupe.

Baptiste (7,5/10)

 

Site officiel

Spinefarm / 2010

Tracklist (61:28) : 01. Highland 02. Vagabond (Make A Princess Of Me) 03. Journeyman (Vandraren) 04. Believe In Me 05. Sake Of The Song 06. Song And Dance (Pt. 2) 07. Celluloid Heroes 08. Keeper Of The Flame 09. Night At Eggersberg 10. Strawberry Girl 11. All The Fun Of The Fayre 12. Darkness 13. Dance Of The Darkness 14. Health To The Company 15. Barbara Allen

The Poodles – No Quarter

L'intérêt pour les Poodles a fléchi depuis leur premier album, l'excellent Metal Will Stand Tall (2006). Alors que ce premier disque de metal mélodique typé glam et hard FM avait permis au groupe de percer, notamment à la télévision suédoise, plaçant des singles comme « Night Of Passion » ou « Metal Will Stand Tall », la passion est retombée et le dernier disque en date, Clash Of The Elements, n'a pas fait vibrer les foules. Peut-être qu'un disque live comme ce No Quarter pourrait redynamiser la carrière de The Poodles car on constate que le groupe et sa musique n'ont pas faibli pour autant… 
Issu de la dernière tournée en date et compilant ses meilleurs moments, ce No Quarter s'avère réjouissant. Le groupe est très en place et la puissance au rendez-vous, malgré quelques faiblesses sur les backing vocals (patent sur le tube « Metal Will Stand Tall »). Par ailleurs le son ne s'avère pas aseptisé et overtubé soulignant les qualités en live de Jakob Samuel (chant). La musique des Poodles se voulant extrêmement accrocheuse, un best of live des meilleurs morceaux s'avère tout sauf un moment anxiogène et dépressif. Il se dégage une bonne humeur, partagée – il semble bien – par le public des Suédois. Même si le CD aurait pu être plein (et nous dispenser d'un solo de batterie sans intérêt), le plaisir est bel et bien là. Qui s'en plaindra ? Évidemment si vous cherchez des structures musicales complexes et des paroles avant-gardistes, vous serez bien marri mais comment un groupe se dénommant les « caniches » pouvait-il faire de la musique à la King Crimson ?

Baptiste [7,510] 

 

Site Officiel

Frontiers / 2010

Tracklist (59:53) : 01. Too Much Of Everything (5:54) 02. Caroline (4:09) 03. Seven Seas (4:57) 04. Metal Will Stand Tall (4:39) 05. Like No Tomorrow (3:59) 06. One Out Of Ten (3:59) 07. Lullaby For Jimmy (3:38) 08. Drum (Solo 3:22) 09. Echoes From The Past (4:38) 10. Thunderball (3:50) 11. I Rule The Night (3:56) 12. Night Of Passion (5:56) 13. Flesh & Blood (3:20) 14. Line Of Fire (3:45)