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Il était inespéré de voir sur scène Foreigner dans sa nouvelle mouture et l'on ne pouvait que se féliciter de voir le groupe mythique fouler les planches de l'Elysée Montmartre après la prestation en première partie un peu sage du groupe de blues rock de Deborah Bonham. 

Ce premier constat ne semble pas pour autant avoir convaincu les amateurs de faire le déplacement un jour de match de l'équipe de France contre l'Espagne tant l'audience se montrait clairsemée aujourd'hui : au bas mot, deux cents personnes purent assister au concert d'un groupe qui dans les années 80' pouvait remplir plusieurs Zénith de suite. 
Mais les musiciens n'en eurent cure, jouant avec une conviction exemplaire et cherchant toujours à maintenir un contact avec un public très impliqué ; sur ce point, les prises de parole en français de Mick Jones eurent un impact très positif. Cependant, encore plus que le guitariste leader, ce fut la prestation de Kelly Hansen, dès l'entame de « Head Games », qui impressionna le plus : malgré un charisme inférieur à Lou Gramm, l'ancien chanteur de Hurricane se montra jusqu'à la fin du spectacle incontestable d'énergie, de maîtrise et d'entrain. Et ce malgré une mauvaise chute de scène qui sembla lui avoir causé une douleur persistante au bras ; il n'en apparut rien, même sur des titres particulièrement difficiles comme « I Want To Know What Love Is » ou sur le rassembleur « Urgent ». Le chanteur fut sans doute à son faîte sur une version acoustique de « Say You Will » qui permit au concert de franchir un nouveau seuil en terme d'intensité.
 
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Il serait toutefois injuste de ne pas signaler la verve des autres musiciens de cette nouvelle mouture de Foreigner tant ils participèrent de la réussite du show : la paire rythmique Bonham/Pilson fut exemplaire, instillant une puissance et une dynamique que l'on n'imaginait plus envisageable dans un groupe vieux de trente ans. Et la prestation du multi-instrumentiste Tom Gimbel, à la flûte sur un « Starrider » chanté avec bonheur par Mick Jones ou au saxophone, fournit à chaque fois la touche musicale indispensable et bienvenue qui fit de ce concert une très grande réussite.
 
À la suite d'un album live dont la setlist fut globalement respectée ce soir, malgré l'ajout de « Double Vision » et du « Say You Will » mentionné plus haut, Foreigner a de nouveau confirmé son regain de vigueur et de santé musicale.
 
Baptiste
 
Photos : Eric Ouaknin
 
 

Setlist : 

Double Vision
Head Games
Blue Morning
Cold As Ice
Waiting For A Girl Like You
Dirty White Boy
That Was Yesterday
Say You Will
Starrider
Feels Like The First Time
Urgent
Juke Box Hero/Whole Lotta Love/Juke Box Hero
——————————–
I Want To Know What Love Is
Hot Blooded

Au sortir d'une carrière d'un peu plus de dix ans, les mauvaises langues (ou les plus lucides) constateront que Ten a raté largement le coche des années 90' : malgré son nombre de disques, un talent réel présent chez son chanteur Gary Hughes et la pratique d'un style musical au croisé du heavy, du hard british et du mélodique, Ten n'a jamais intéressé qu'un petit cercle d'initiés d'amateur de hard mélodique. Ce n'est sans doute pas le passage chez Frontiers, le label du genre par excellence, qui devrait élargir et diversifier son audience. Au moins la distribution sera-t-elle de meilleure qualité et la promotion plus importante. Mais s'il s'agit de présenter des produits comme cette Essential Collection, on aura tout lieu de voir le groupe stagner dans l'entre-deux eaux d'une carrière en demi teinte.

À l'origine, je n'ai personnellement pas beaucoup d'attraits pour les best of mais celui-ci se montre particulièrement maladroit et malvenu. Ainsi, sans doute pour des questions de droits, Gary Hughes a choisi de réenregistrer ses vieux titres avec ses nouveaux musiciens : or ces deux nouvelles composantes musicales n'entraînent aucun renouveau des titres. Si la nouvelle équipe constituée autour de Gary Hughes n'est pas déméritante, son interprétation n'a rien ni de neuf, ni de particulièrement racée. Elle est, par ailleurs, déservie par une production très moyenne, sans doute inférieure aux originales.

Pour finir, le choix de diviser ce best of en deux CDs, l'un rock, l'autre plus soft, constitue une nouvelle erreur : les ballades de Ten ne sont pas toutes incontournables et méritaient moins d'espace. Par ailleurs cette dualité crée une image du groupe à mon avis factice : Ten reste avant tout un groupe de hard mélodique lorgnant souvent vers le heavy.

Il va falloir, pour Ten, proposer autre chose pour se réinscrire dans la course musicale du nouveau millénaire.

Baptiste [04/10]

 

Frontiers / 2006

Tracklist: 

Essential Rockers Disc 1 : 1. The Name Of The Rose/Wildest Dreams 2. The March Of The Argonauts/Fear The Force 3. Ten Fathoms Deep 4. Apparition 5. After The Love Has Gone 6. Remembrance For The Brave/Red 7. Spellbound 8. The Robe 9. Evermore

Essential Ballads : Disc 2. 1. Till The End Of Time 2. You're In My Heart 3. Yesterday Lies In The Flames 4. Virtual Reality 5. We Rule The Night 6. Silent Rain 7. Through The Fire 8. Sail Away 9. Valentine

Ten – The Twilight Chronicles

Il y a lieu de s'interroger si le cas de Gary Hughes ne voisinerait pas depuis quelques albums celui d'Yngwie Malmsteen. Non pour établir une analogie maladroite entre le guitariste virtuose suédois et le chanteur anglais mais pour mettre en valeur certains points communs à deux carrières à ce jour dans l'impasse. Dégageons succinctement ceux-ci : répétition au fur et à mesure de disques de moins en moins inspirés d'un même propos, à savoir du côté de l'Anglais, un heavy metal mélodique un peu désuet ; rotation systématique des musiciens sans justification évidente ; adoption d'un son très daté, du fait d'une obstination inébranlable à refuser de déléguer les tâches à un producteur digne de ce nom.

Les amateurs d'explication psychologique remarqueront que cet autoritarisme (turnover des musiciens) et cette auto-satisfaction (volonté de produire son propre disque malgré les défaillances depuis longtemps établies) se combinent parfaitement à une frilosité artistique qui apparaît alors comme le symptôme d'une fragilité qui s'ignorerait. Un séjour sur le divan serait-il solution à des travers musicaux n'échappant qu'aux intéressés ?

Dans un tel cadre musical et humain, que reste-t'il au final de ce nouveau disque de Ten ? À la suite d'un best of inintéressant et des difficultés de contrat, on aurait pu espérer que Gary Hughes allait retrouver la grâce après avoir signé chez Frontiers. Il n'en est rien malheureusement et ce Twilight Chronicles revêt la forme d'un pensum musical assez indigeste : engongées dans une production sans relief, des compositions pas foncièrement désagréables s'étalent sur des durées excessives ; l'écoute perd ainsi vite tout intérêt malgré le professionnalisme du disque et nous incitent à conclure que les éclats créatifs de l'époque de Spellbound sont bien loin et n'éclairent plus en rien la musique du groupe.

Baptiste (4,5/10)

 

Frontiers / 2006

Tracklist : 1. I – The Prologue (The Elysian Fields – Part I) II – Rome 2. The Chronicles 3. The Elysian Fields 4. Hallowed Ground 5. This Heart Goes One 6. Oblivion 7. The Twilight Masquerade 8. Tourniquet 9. Born To The Grave 10. I – When This Night Is Done II – The Epilogue (The Last Moments Before Dawn)