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REO Speedwagon MoondanceIl est des groupes totalement inoffensifs : voyez REO Speedwagon. L'AOR très poppy du groupe de Kevin Cronin a toujours manqué et manque toujours de mordant et de « niaque ». Ce caractère outrageusement mélodique a garanti toutefois à You Can Tune A Piano But You Can't Tune A Fish (1978) et surtout à Hi Infidelity (1980) des ventes plus que conséquentes puisque le dernier disque cité s'est vendu à plus de 9 millions d'exemplaires outre-Atlantique. Depuis, comme pour beaucoup de groupes phares de l'AOR, l'étoile a pâli et le groupe se contente d'arpenter les villes US ou des cohortes de nostalgiques viennent acclamer et entonner « Don't Let Him Go » ou « Can't Fight This Feeling ». Live At Moondance Jam est une des expressions de ce type de tournée où aucun titre postérieur à 1985 n'est joué alors que le plus ancien date de 1971 : « Riverside Avenue » – un classique du groupe.

C'est dire qu'il n'y a pas lieu de se réjouir outre mesure et ce d'autant plus qu'en lançant les hits trop soft de Hi Infidelity au début de concert, REO Speedwagon a tendance à ramollir l'ambiance. Le public des quinquagénaires apprécie sans doute mais l'auditeur plus jeune sera circonspect. Pourtant, ce live vaut le détour malgré tout, du fait de professionnalisme évident du groupe et de la grande aisance qui se dégage. Et puis, certains titres passent bien mieux le cap des années, comme « Back On The Road Again » issu du plus confidentiel Good Trouble (1982) qui s'avère d'une énergie inattendue. En outre, quand le groupe étend significativement des morceaux comme le hit « Roll With The Changes », le résultat est plus que plaisant du fait du savoir-faire évident. 

Un live pour les amateurs mais qu'un néophyte peut écouter avec intérêt, sans que pour autant il reste dans les annales du genre. 

Baptiste (7/10)

 

Frontiers / 2013

Tracklist (76:00) : 1. Don't Let Him Go 2. Keep on Loving You 3. In Your Letter 4. Take It on the Run 5. Keep Pushin 6. Golden Country 7. Can't Fight This Feeling 8. Like You Do 9. Time for Me to Fly 10. Back on the Road Again 11. Roll with the Changes 12. Ridin' the Storm Out 13. 157 Riverside Avenue.

0209056ERE_Europe_Live-Sweden-Rock_2CD_hiresTrente ans… Europe est donc désormais un groupe de vétérans, un groupe dont la carrière ne se résume pas aux quelques hits Hard FM des années 80 (« Rock The Night », « Carrie », « Superstitious » et le trop entendu « The Final Countdown ») mais qui comprend une dizaine d'albums dont une majorité œuvrant dans un hard rock classique plus proche de Deep Purple et Thin Lizzy que de Bon Jovi ou Boston. Depuis sa reformation en 2003, Europe a cherché à renouer avec l'inspiration de ses deux premiers disques, pour un résultat plutôt heureux avec notamment un Bag of Bones aux forts relents de hard seventies.

Le groupe de Joey Tempest a par ailleurs occupé la tête d'affiche du Sweden Rock cette année, profitant de ce concert en sa terre natale pour y jouer deux heures, interprétant vingt sept compositions fêtant ainsi l'anniversaire de ses trente ans de carrière. À cette occasion, il a invité sur scène Michael Schenker pour exécuter une reprise de UFO bien sentie – « Lights Out » –, et a invité Scott Gorham pour jouer avec lui un excellent « Jaibreak », en hommage à deux groupes qui ont été, à l'origine, deux influences marquantes du combo.

Mené par un Joey Tempest qui a bel et bien conservé ses capacités vocales, le groupe est en grande forme, puissant et et évidemment très en place. Cela donne à la musique des Suédois un cachet évidemment plus heavy que sur disque, ce qui était  l'effet recherché. John Norum est lui aussi plein d'allant, très en maîtrise sur ses solos mais aussi sur ceux de Kee Marcello, qu'il interprète à la perfection (« Superstitious » notamment dans une version bien plus plombée que l'originale). « Scream Of Anger » ou « Girl From Lebanon » sont particulièrement réussies. 

Pourtant, on n'est pas totalement satisfait. Le groupe a fait le choix d'équilibrer sa setlist entre vieux titres et nouveaux. Ainsi The Final Countdown n'est pas trop représenté alors que le premier disque, Europe (1983), est rappelé à la mémoire de tous par trois morceaux très bienvenus (« Paradize Bay », « Seven Doors Hotel » et « In The Future To Come »), bien mieux joués que sur la version de l'album. Les chansons très récentes issus des quatre derniers disques sont là en force et représentent un bon tiers du disque, le dernier album était bien présent avec quatre titres. Cela évite le passéisme et la nostalgie mais la succession des morceaux et des styles est parfois un peu étrange. Entendre « Carrie » après les grosses guitares, accordées très grave de « Start From The Dark », crée un contraste pas toujours agréable. Par ailleurs, il est patent que les nouveaux morceaux, certes de qualité, sont bien moins accrocheurs que les hits de jadis. On aurait bien troqué un « Firebox » pour un « Cherokee » en fait. 

Disons que les louvoiements de la carrière apparaissent de manière un peu trop voyante ici. Un défaut sans doute inévitable mais bien là. Mais à défaut d'être parfait, ce Live At Sweden Rock est relativement exhaustif et sincère. Comment le reprocher ? 

Baptiste (7,5/10)

 

EAR Music / 2013

Tracklist : 01. Riches To Rags 02. Firebox 03. Not Supposed To Sing The Blues 04. Scream Of Anger 05. Superstitious 06. No Stone Unturned 07. New Love In Town 08. In The Future To Come 09. Paradize Bay 10. Girl From Lebanon 11. Prisoners In Paradise 12. Always The Pretenders 13. Drink And A Smile 14. Open Your Heart 15. Love Is Not The Enemy 16. Sign Of The Times 17. Start From The Dark 18. Wings Of Tomorrow 19. Carrie 20. Jailbreak (feat. Scott Gorham) 21. Seven Doors Hotel 22. Drum Solo 23. The Beast 24. Let The Good Times Rock 25. Lights Out (feat. Michael Schenker) 26. Rock The Night 27. Last Look At Eden  28. Final Countdow

Reece – Compromise

1382648691_david-reece-2013Laborieux, poussif, convenu… on cherche le bon adjectif pour qualifier ce Compromise de David Reece. Le chanteur US vieillissant n'avait déjà pas convaincu avec un Universal Language peu intéressant. Les choses n'ont pas changé avec ce Compromise, certes honnête mais totalement superfétatoire. La faute a des compositions relevant d'un hard rock US mille fois entendu.

J'avais déjà souligé que la voix de Reece avec souffert des années : c'est toujours le cas même si le bonhomme a de beaux restes, comme il le montre sur le nerveux « Coast to Coast », structuré par une alternance de voix parlées et chantées, ou sur la ballade honnête « Someone Beautiful ». Par ailleurs, comme les musiciens derrière lui œuvrent de manière très professionnelle, la musique fait illusion quelque temps. 

Toutefois, une fois écouté d'une oreille qui a du mal à se faire attentive, Compromise est vite oublié et rangé parmi les albums « honnêtes » mais dispensables. Il y en a de plus en plus. 

Baptiste (4/10)

PS : Histoire de ne pas tirer sur les ambulances, la pochette du disque n'a pas été évoquée ici. Mais franchement, on pouvait faire bien mieux. Un mauvais point pour AOR Heaven dont c'était le boulot de superviser la chose. 

 

GerMusica – AOR Heaven / 2013

Tracklist : 01. Disaster 02. End of it All 03. Fortunate Son 04. Someone Beautiful 05. Along For the Ride 06. Coast to Coast 07. All Roads Leave to War 08. Where My Heart Belongs 09. Everything to Everyone 10. Evil Never Dies 11. Treasure Hunter