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Timo-Tolkkis-Avalon-The-Land-Of-New-Hope-Front-CoverOn ne peut pas dire que la carrière solo de Timo Tolkki enthousiasme les foules… Revolution Renaissance, Symfonia… tous ses projets se révélés bien moyens. Symfonia ayant périclité du fait d'un manque de motivation d'Andre Matos, voici Tolkki de nouveau tout seul avec son nouveau projet. Il s'agit en fait d'un disque solo, malgré le nom officiel de Timo Tolkki's Avalon. Concept album se voulant aussi un rock opera, ce The Land Of New Hope ne fera que confirmer la conviction d'un déclin très net. 

Nous passerons vite sur le concept lui-même : cette histoire de science-fiction digne d'un jeu vidéo au rabais ne mérite pas d'être détaillée. Elle est juste le prétexte à une déferlante d'invités censés incarner les personnages à la manière des disques d'Avantasia et tutti quanti. Histoire d'attirer l'attention, on fait donc appel à Michael Kiske, Russell Allen, Rob Rock… Je vous fais grâce des présentations. Ces chanteurs sont connus et compétents. 

Pour intéresser les plus jeunes, Tolkki a fait appel à la jolie Elize Ryd d'Amaranthe pour incarner la voyante de son récit. Elle est sans doute agréable à voir mais toujours aussi banale à entendre… et on l'entend beaucoup. En témoigne, le single au refrain totalement éculé : « Enshrined In My Memory ». Il faut dire qu'elle n'est pas servie par les compositions indigentes de Timo Tolkki : un heavy symphonique bateau fort mal produit. On remarquera la pauvreté du son de batterie et la nullité des arrangements. Pourquoi avoir fait appel à Jens Johansson ou Derek Sherinian pour ne rien leur faire faire sur le disque ? Même le pauvre Kiske n'arrive pas à sauver le titre éponyme. C'est dire. 

Malgré les qualités des disques de Stratovarius, il faut reconnaître que les talents de compositeur de Timo Tolkki sont largement surévalués. La médiocrité de ce The Land Of The New Hope aura au moins permis de confirmer cette intuition. C'est son seul mérite. 

Baptiste (3/10)

 

Frontiers / 2013

Tracklist : 1. Avalanche Anthem 2. A World Without Us 3. Enshrined in My Memory 4. In the Name of the Rose 5. We Will Find a Way 6. Shine 7. The Magic of the Night 8. To the Edge of the Earth 9. I’ll Sing You Home 10. The Land of New Hope. 

Queensrÿche – Frequency Unknown

queensryche-cover-frequency-unknown« Pris de vitesse ». Voilà sans doute ce que Geoff Tate doit se dire, en toute satisfaction, à propos de la sortie extrêmement rapide du disque de son « Queensrÿche ». Car dans la bataille opposant le chanteur historique du groupe au reste des musiciens du combo de Seattle, le temps est un facteur important. La justice ne tranchera qu'en novembre 2013 sur la question de savoir qui détient les droits d'utilisation du nom du groupe. Entretemps deux Queensrÿche vont coexister et occuper l'espace est devenu prioritaire. Geoff Tate s'est entourré du fidèle producteur Jason Slater (Operation Mincrime II, American Soldier, Dedicated To Chaos…) à la composition et d'une cohorte d'invités jouant sur tel ou tel titre (Paul Bostaph, Chris Poland, Rudy Sarzo, Simon Wright…) pour enregistrer en six semaines ce Frequency Unknown. Mettre un vrai groupe sur pied aurait sans doute pris de temps mais Tate a joué la carte de la célérité au détriment de celle de la qualité. 

La fable du lièvre et de la tortue

Le mot est lâché. Ce Frequency Unknown pèche sur le plan de la qualité du fait d'un syndrôme de précipitation. Et plus qu'un défaut de composition, c'est d'abord un défaut au niveau de la production qu'on relèvera d'emblée. Jason Slamer s'est montré bien défectueux pour doter le groupe d'un son aussi sourd, caverneux et mal équilibré. Les critiques ont fusé tout de suite et il a fallu que le label Cleopatra se fende d'une nouvelle version remixée ! Mais cela n'évite pas la Berezina sonore…Nous sommes à des années lumières de ce que le heavy classieux et mélodique de Queensrÿche requiert pour s'exprimer. 

Parlons de la musique maintenant. Toute chose égale par ailleurs, elle n'est pas ce qu'il y a de plus raté. Le principal problème repose sans doute dans le fait que – malgré un tournant « heavy » pour couper court aux critiques très acides envers le mollasson Dedicated To Chaos – le tout reste dans le sillage du Queensrÿche post-Promised Land. Ce tout est ainsi plus sombre, plus lent (il n'y a aucun titre vraiment rapide) et rapidement plus ennuyeux que tout ce qu'avait proposé le groupe même sur des disques controversés comme Operation Mindcrime II. L'accordage très grave des guitares est particulièrement pénible. Le fait que Geoff Tate commence à avoir des difficultés dans les aigus (même si ses graves et ses mediums restent excellents), explique cette direction artistique. Il n'empêche que la perte est sèche.

Malgré un « Cold » bien fichu en ouverture et pour une fois doté d'une bon refrain, l'ensemble tourne très vite au quelconque. Comment classer autrement un lourdaud « Slave » ou « Dare » et son refrain banal au possible ? Remarquons au passage, la propension dommageable de Tate à répéter ad nauseam certaines parties chantées pas forcément remarquables ce qui agace vite. Remarquons aussi le très fort décalage entre les solos, certains s'avèrant virtuoses (« Slave » avec Chris Canella ou Chris Poland sur « The Weight Of The World ») d'autres besogneux (Kelly Gray sur « Cold »). Cela ne fait que renforcer le côté bancal de la chose.

Perles dans le fumier

Au milieu du fumier on trouve toujours quelques perles. C'est le cas ici. Outre le morceau d'ouverture « Cold », il y a trois-quatre titres qui valent le détour de telle sorte que le disque évite le zéro pointé. Il y a d'abord un « Everything » soutenu par de très belles lignes de chant… mais desservi par une musique toujours aussi lourdingue. C'est dommage. Bien interprété et enregistré, le titre aurait sans eu sa place sur un Empire par exemple. « In The Hands Of God » est lui intégralement réussi, dans un genre atmosphérique qui retrouve une partie de la classe qu'on pouvait trouver sur Rage of Order par exemple. Le plus beau est à la fin : « The Weight Of The World » est une ballade somptueuse… sur laquelle Tate chante comme un dieu. L'homme a sans doute encore par mal de ressources. C'est d'ailleurs lui sauve beaucoup de chansons de la catastrophe. 

Ce Frequency Unknown ressemble surtout à un disque solo de Geoff Tate, comme d'ailleurs les derniers Queensrÿche sur lesquels le reste du groupe avait été totalement évincé du processus de composition. Apparu sous le nom de Geoff Tate, le disque aurait été peut-être été salué comme un essai sympathique. Sous le nom de Queensrÿche, il n'incite qu'à une chose : que le disque de Wilton et des siens nous le fasse oublier au plus vite. Histoire de sauver une image très très dégradée.

Baptiste (4/10)

PS : Passons vite sur les reprises de quatre classiques de Queensrÿche en bonus track. Leur présence est uniquement « commerciale » comme l'a reconnu Tate. Mal produites et mal jouées, elles sont à oublier au plus vite. 

 

Site du Queensrÿche de Geoff Tate

Cleopatra / 2013

Tracklist (60:00) : 1. Cold 2. Dare 3. Give It To You 4. Slave 5. In The Hands Of God 6. Running Backwards 7. Life Without You 8. Everything 9. Fall 10. The Weight Of The World bonus tracks : 11. I Don't Believe In Love 12. Empire 13. Jet City Woman 14. Silent Lucidity

Fair Warning – Sundancer

1000x1000Fair Warning a un peu « loupé le coche », il y a plus de vingt ans de cela. Avec un chanteur de la qualité de Tommy Heart, un compositeur aussi solide que le bassiste Ule W. Ritgen et guitariste de haute volée comme Helge Engelke, on pouvait aspirer au meilleur. Dans un genre hard mélodique inspirée par le Scorpions des années 70 mais aussi par Rainbow et les sonorités hard FM des années 80, Fair Warning a enregistré coup sur coup deux très bons disques : Fair Warning et Rainmaker, successivement en 1992 et en 1995. Ces disques eurent un succès réel… mais au Japon ! En Europe, l'audience est resté restreinte et la sortie de disques inférieurs (Four par exemple 2000) entraîna un premier split de courte durée. En 2005, le groupe était de retour pour un Brother's Keeper honnête mais sans vrai génie. Il s'agissait peut-être surtout de raccrocher les anciens fans et de les rassurer. Aura en 2009 ne fit pas mieux loin de là. 

Heureusement, quatre ans plus tard – le groupe prend son temps –, voici débouler un Sundancer inattendu. Par sa qualité d'inspiration surtout. Car d'un point de vue musical, on sait ce que vaut la voix majestueuse et lyrique de Tommy Heart, ou la guitare  Helge Engelke, avec son style toujours aussi jouissif à la croisée des influences de Michael Schenker, Uli Jon Roth et Yngwie Malmsteen. Chacune de ses interventions est un délice : gamme diminuée, arpèges sweepés, notes « pivot » – c'est tout le meilleur du néoclassique qui apparaît ici.

On remarquera en fait surtout le retour à d'excellentes compositions. Sans en rien rompre avec les style posé il y a plus de vingt ans, les « Troubled Love », « Keep It Dark » ou « Man In The Mirror » étincellent de classe. Que ce soit dans un hard très typé « Rainbow » tel « Keep It Dark » ou vers un rock hard plus « léger » à l'image de « Get Real » et son très beau refrain, tout ce que touche Fair Warning sur ce Sundancer se fait or. Les refrains claquent, les riffs accrocheurs s'enchaînent et le temps le passe pas. Et ce malgré une durée assez roborative. 

À entendre ce nouveau disque de Fair Warning, on est sur le point de dire que si ce disque avait pu paraître bien plus tôt, la carrière du groupe aurait été tout autre. Injustice, injustice… Un jour réparée ? 

Baptiste (8/10)

 

Site officiel

Steamhammer / SPV

Tracklist (60:00) : 01. Troubled Love 02. Keep It In The Dark 03. Real Love 04. Hit And Run 05. Man In The Mirror 06. Natural High 07. Jealous Heart 08. Touch My Soul 09. Send Me A Dream 10. Pride 11. Get Real 12. How Does It Feel 13. Living On The Streets 14. Cool