Author Archive

Heartbreak Radio – On Air

Review2413_heartbreak_radio_-_on_air

Y aurait-il une filière scandinave de l'AOR/West coast ? Car après le disque de Sonic Station, le deuxième album des Suédois de Heartbreak Radio, On Air, s'inscrit dans le même prolongement. Ce On Air, sillonne les sentiers jadis parcourus par David Foster, Chicago, Christopher Cross etc. soit les grands noms de la West coast. Il faut y rajouter notre plus grand bonheur un large soupçon d'AOR à la Toto, ce qui donne lieu à quelques titres un peu plus nerveux.

Ainsi le disque alterne avec pas mal de brio et un savoir-faire évident les moments les plus « californiens » comme « You Are Love » ou la superbe ballade « You Don't Love Me Anymore » qui comporte une prestation au chant digne d'un Steve Perry en forme (et en activité surtout) avec des choses un peu plus remuantes. Quand on délaisse les guitares en son clair, les cuivres et les roucoulades chaleureuses pour lancer la saturation, l'inspiration ne faiblit pas pour autant et on peut gager qu'« Angelina » ou que « My Heart's Just Missing You » n'auraient pas dépareillé sur un disque de Richard Marx ou de Toto période Farenheit. Par ailleurs, je trouve que l'alternance permet à l'auditeur de conserver un intérêt bien plus constant que face à un simple disque de West Coast surtout idéal pour rêvasser sous les palmiers un cocktail à la main.

Ce disque est l'œuvre d'amateurs du genre. On pourrait presque dire qu'il s'agit d'une œuvre « de genre » et non d'« auteur » pour reprendre les catégories du cinéma. Composé et produit par le duo Claes Andreasson and Johan Axelsson, il fait appel à certaines pointures comme Mikael Erlandsson au chant ou à Mats Johanson (guitariste session-man pour Asia et tant d'autres) aux guitares, ce qui fait que tout sonne parfaitement pro. « Pro » mais aussi un peu poussiéreux du fait du refus d'actualiser une production qui aurait été excellente en 1987 ou 1988. Manifestement Claes Andreasson et son acolyte cherche surtout à rendre un hommage à tout un passé musical a quand même connu de beaux moments de gloire. Dans ce cas, c'est un hommage fort réussi. 

Baptiste (7/10)

 

AOR Heaven – GerMusica / 2013

Tracklist (47:54) : 1. Love On Fire 2. Angelina 3. You Are Love 4. Turn On Love 5. I Will Love You 6. Live Out Of Love 7. All Over The World 8. My Heart's Just Missing You 9. Keep Kickin' It Back Again 10. You Don't Love Me Anymore

Sebastian Bach – Abachalypse Now

abachnow1L'héritage de Skid Row est disputé de manière implicite par le groupe lui-même et par son ex-chanteur emblématique, Sebastian Bach. Après les millions de disques vendus de Skid Row (1989) et Slave To The Grind (1989), le groupe est devenu bien confidentiel, notamment du fait de l'éviction de Sebastian Bach, du recrutement d'un médiocre remplaçant et d'albums de piètre facture. Sebastian Bach poursuit de son côté une carrière solo plus qu'honnête, dont la musique est évidemment très proche du Skid Row des années fastes, comme en témoigne son dernier opus, Kicking And Screaming

Alors que l'on parle plus ou moins d'une reformation, Sebastian Bach enfonce le clou avec cet Abachalypse Now. Plus que d'un concert, il  s'agit d'une compilation de deux live : l'un livré récemment au Hellfest, à Clisson, l'autre au Club Nokia à Los Angeles. Au final, il y a donc un certain nombre de redites et l'on aurait préféré sans doute une unique prestation d'une quinzaine de morceaux.

Dans tous les cas, Sebastian Bach et les siens ne font pas dans la dentelle. À Clisson ou à Los Angeles, le son est gras et puissant, voire franchement sale. Les zicos de Bach ne sont pas bien finauds, mais ils sont aussi à l'image d'un chanteur dont la voix s'est quand même quelque peu éraillée.

Appuyé par une pléthore de hits issus des deux grands disques de Skid Row, le groupe envoie la sauce au plus grand plaisir d'un public très présent sur l'enregistrement. Il est vrai qu'il est toujours plaisant d'entendre « Slave To The Grind », « Youth Gone Wild » ou « Big Guns ». Et comme Sebastian Bach fait l'effort de prononcer quelques phrases de français à Clisson, tout ceci crée une ambiance très plaisante. À Los Angeles, l'ambiance est plus proche de celle d'un club et le son est meilleur, mais la folie me semble moins présente. 

On aurait tout lieu d'être comblé s'il n'y avait cette qualité sonore à la lisière du (bon) pirate et cet assemblage assez hétéroclite de deux prestations live. À défaut d'un indispensable, cet Abachalypse Now restera une option, sauf pour le fan ultime de Skid Row et de Sebastian Bach.    

Baptiste (6/10)

 

Site officiel

Frontiers / 2013

Tracklist : CD1 – Live At Hellfest in Clisson, France, 2012 : 01. Slave To The Grind 02. Kicking & Screaming 03. Here I Am 04. Big Guns 05. Piece Of Me 06. 18 & Life 07. American Metalhead 08. Monkey Business 09. I Remember You 10. Youth Gone Wild

CD2 – Live at Club Nokia in Los Angeles, California 2012 : 1. Big Guns 02. (Love Is) A Bitchslap 03. Piece Of Me 04. 18 & Life 05. American Metalhead 06. Monkey Business 07. I Remember You 08. TunnelVision 09. Youth Gone Wild  

 

Avantasia – The Mystery Of Time

6154

Tobias Sammet avait « promis, juré » qu'Avantasia ne referait plus surface et que les deux excellents derniers albums, The Wicked Symphony et Angels Of Babylon, constitueraient un point d'orgue à son projet parallèle à Edguy. Il n'en a rien été… La faute à une inspiration galopante selon le chanteur, inspiration qui l'aurait lancé vers l'écriture d'un concept album tourné autour du Temps, de la Connaissance et de Dieu, qui serait parfait pour Avantasia. Faisons crédit à Tobias Sammet d'une certaine bonne foi et écartons l'idée de motifs plus « mercantiles » à la remise sur pied d'un projet quand même bien plus inspiré qu'Edguy et sans doute plus vendeur. Et ce alors qu'une suite à ce nouvel album est déjà annoncée. Mais passons. 

Un orchestre… quel orchestre ? …et pourquoi un orchestre ? 

Pour proposer ce The Mystery Of Time aux auditeurs après deux très bons opus qui semblaient avoir fait le tour de la question, il fallait proposer un peu de neuf, sans pour autant décevoir les fans de heavy mélodique qui recherchent avant tout les mélodies réussies, les chœurs majestueux, les orchestrations grandiloquentes mais aussi quelques tempos bien enlevés. Si l'on retrouve bien ces derniers ingrédients à de forte dose, Sammet propose toutefois du neuf sur deux points. 

Tout d'abord il a pu faire appel à un orchestre classique, le Babelsberg Film Orchestra, alors que jusqu'alors les orchestrations étaient « reproduites » par force samples et claviers. Ce qui pourrait sembler une coqueterie de nanti n'en est pas une puisque l'orchestre est ici très bien utilisé. Car il n'est pas trop envahissant sans pour autant se révéler « accessoire ». Sur « Spectres », « Black Orchid » ou « The Great Mystery » l'apport est indéniable. Et il faut dire d'emblée que les deux dernières chansons citées, si on lui adjoint l'autre titre épico-symphonique « Savior In The Clockwork », s'affichent comme des moments forts d'un heavy symphonique de haute tenue en partie grâce à l'orchestre. Par ailleurs, introduire un orchestre a incité Sammet et son producteur, l'incontournable Sascha Paeth, à choisir une production plutôt chaude et organique, à la manière d'un son de batterie qu'on n'entend pas beaucoup dans le metal symphonique. Un son de batterie issu tout droit des baguettes de Russell Gilbrook… d'Uriah Heep.  

Quelques chanteurs fourbus et d'autres plus vaillants

La deuxième nouveauté est le recours à quelques nouveaux chanteurs et l'abandon d'autres comme Jorn Lande qui n'a pas été invité. Parmi les nouveaux venus on trouve Ronny Atkins de Pretty Maids pour un furieux « Invoke The Machine » très enlevé. Ou Eric Martin pour une power ballade très réussie, « What's Left Of Me », sur laquelle il se montre très à l'aise. Voici pour les bonnes surprises. Car ni Biff Byford (sur « The Watchmakers' Dream » ou « The Great Mystery ») ni Joe Lynn Turner (sur « Spectres » trop poussif, ou sur « The Watchmakers' Dream ») ne se montrent franchement à la hauteur. S'ils ont du métier, leur chant me paraît bien fourbu, surtout à côté de celui d'un Michael Kiske ou de Sammet lui-même qui se montre toujours très à l'aise sur ses propres compositions. 

Car c'est sans doute la prestation de Michael Kiske qui s'avère la plus marquante de toutes. Si son chant n'est mis en avant que sur deux titres – « Where Clock Hands Freeze » et « Dweller In A Dream » –, il y fait une apparition de très grande classe, proposant notamment de superbe montées dans les aigus et des lignes de chant à la manière des plus grands moments des Keeper Of The Seven Keys. Manifestement Tobias Samett sait parfaitement utiliser la voix de son idole et maître. C'est peut-être moins le cas pour Turner ou Bifford. Dommage. Et on lui conseillera aussi de cesser de faire appel à Cloudy Yang dont le chant souvent sirupeux s'avère encore une fois assez pénible sur la première partie de la semi-ballade « Sleepwalking », avant qu'un très bon break ne lance enfin le morceau.  

À la fin de cette avalanche de remarques plus ou moins favorables, il faut toutefois faire le constat suivant : ces remarques ne se comprennent que parce que The Mystery Of Time, s'il nécessite un certain nombre d'écoutes pour rentrer pleinement dans son propos musical, justifie aussi par la richesse du travail de composition et de l'interprétation de nombreuses écoutes. Le metal symphonique d'Avantasia, oscillant plus que jamais entre Meat Loaf, Magnum, Savatage mais aussi Helloween ou Gamma Ray, est incontestablement de qualité. Et ce même si certains signes des redites frôlant le pastiche (écouter le deuxième break de « The Great Mystery » fortement réminiscent de « Vigilante » de Magnum) devraient inciter Tobias Sammet à ne pas se reposer sur ses lauriers de compositeur phare de la scène heavy mélodico-symphonique. Attendons de voir… jusqu'à un nouvel opus prévu pour 2015. Nous voici gâtés…

Baptiste (7,5/10)

 

Site officiel

Nuclear Blast / 2013

Tracklist (61:57) : 01. Spectres 02. The Watchmakers' Dream 03. Black Orchid 04. Where Clock Hands Freeze 05. Sleepwalking 06. Savior in the Clockwork 07. Invoke the Machine 08. What's Left of Me 09. Dweller in a Dream 10. The Great Mystery