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Pink Cream 69 – Ceremonial

pc69ceremonialSix ans depuis In10sity, cela fait quand même long pour n'importe quel groupe de musiciens professionnels qui vivent de leur musique et ne se contentent pas de gratouiller la guitare de temps à autres. C'est dire que les fans de Pink Cream 69 avait de quoi s'inquiéter même si entretemps un live leur a permis de patienter quelque peu. Il faut dire qu'à la décharge du groupe, ses musiciens sont très occupés. Le chanteur, David Readman, mène une carrière solo tout à fait honorable tout en chantant dans le groupe de hard rock classique Voodoo Circle. Et le bassiste producteur et compositeur, Denis Ward, avec Unisonic mais aussi moulte projets concoctés par Frontiers. C'est cette implication dans divers projets qui explique que le batteur de Pink Cream 69, Kostas Zafiriou n'ait pas rempilé pour ce Ceremonial

En général les groupes qui rentrent en hibernation pour quelque temps, en sortent rarement pour mener une révolution musicale. Ce Ceremonial ne fera en rien mentir ce constat : il n'y a rien que du très connu à l'horizon. C'est à dire un hard rock classique mené par la voix classieuse en diable de David Readman. Derrière des compositions très solides et sans vrai temps mort, le chanteur pose des mélodies vocales d'un bon niveau, qui connaissent leur meilleur moment sur un « Find Your Soul », « Right Or Wrong » ou le plus lent « King For One Day ».

Au final les douze titres ne connaissent pas de gros moments de faiblesse et raviront les fans qui ont accepté le départ d'Andi Deris et le tournant vers une musique moins « catchy ». Quant aux autres, ils égrèneront des reproches pas infondés comme le caractère prévisible de la musique, le manque de folie ou l'absence de grands refrains etc. Dire qui a tort ou a raison apparaît au final comme totalement subjectif. 

Baptiste (6,5/10)

 

Site officiel

Frontiers / 2013 

Tracklist (50:08) : 1. Land Of Confusion 2. Wasted Years 3. Special 4. Find Your Soul 5. The Tide 6. Big Machine 7. Let The Thunder Roll 8. Right From Wrong 9. Passage Of Time 10. I Came To Rock 11. King For One Day 12. Superman

Satan Jokers – Psychiatric

3426300089229_600C'est peut-être l'effet de la cure entamée auprès du docteur et ami Laurent Karila mais dans tous les cas, les faits sont là : Satan Jokers et Renaud Hantson sont en forme. Et cette forme se concrétise sous la forme d'albums réguliers et de qualité. Après un excellent Addictions paru en 2011 qui se plaçait assurément comme le meilleur disque de Satan Jokers, voici en quelque sorte le petit frère de ce disque, Psychiatric. « Petit frère » ou « grand frère » tant le niveau musical affiché ici est proche voire parfois supérieur à celui d'Addictions. Le groupe est toujours aussi impressionnant de virtuosité tout en nous proposant une suite de chansons extrêmement accrocheuses. 

Il y en aurait beaucoup à citer. Par exemple le titre d'ouverture très nerveux qu'est « Crime Tribal », qui pose d'emblée le cadre d'un hard fusionnant le meilleur des années 80 et les tendances actuelles. La forte présence de la basse d'un Pascal Mulot très en verve participe beaucoup de la conservation du son assez spécifique du Satan Jokers de l'époque de Trop fou pour toi (1984), dans un ensemble toutefois tout à fait modernisé du fait des parties de guitare de Michaël Zurita. Le dernier aura d'ailleurs fini de me convaincre que les fans n'ont pas tant que ça de raisons de regretter que Stéphane Bonneau n'ait pas participé à la reformation du groupe. Et quand les deux instrumentistes s'associent lors des parties solos d'« Obsession », la virtuosité devient étourdissante.  

Le sens de la mélodie, de l'accroche et du refrain instantané n'a pas disparu loin de là. À travers des titres immédiats – dans le bon sens du terme – tels que « Flashback Traumatisme », « Suicide » ou « Schizophrenic », Renaud Hantson nous rappelle quel chanteur il est. Un mention est à faire pour « Fracture Morale », totalement irrésistible et qui aurait bien mérité un passage sur les ondes radio. Cette dimension très accrocheuse des chansons est à signaler car elle se fraie un chemin dans un ensemble très sombre, à l'image de la pochette mais aussi de paroles tournant exclusivement autour du thème de la folie.

Car Renaud Hantson, comme sur Addictions, a laissé Laurent Karila se charger des paroles. Délaissant le sujet de la drogue pour celui de la folie, Karila évoque tous les aspects des troubles mentaux qui sont traités du point du vue du malade : les tendances suicidaires (« Suicide »), les TOC (« Obsession »), les manies de la persécution (« Persécuteur Désigné »)… L'ensemble n'est en rien léger et d'ailleurs ne vise pas à l'être. J'adhère cependant totalement à la démarche. Et j'y adhère d'autant plus que les paroles sont très bien écrites, à la fois adaptées à des lignes de chant aussi variées que convaincantes, mais aussi dotées d'une force de suggestion qui participe du succès total de Psychiatric. Le chant en français démontre de manière qu'il est non un handicap mais un « plus » pour un groupe sachant se l'approprier.

Et ce n'est là qu'un des nombreux atouts d'un disque qui clot en beauté une carrière que Renaud Hantson semble vouloir interrompre ou du moins suspendre. Si Psychiatric est une dernière révérence, c'est sans doute la plus belle que l'on pouvait souhaiter pour Satan Jokers.

Baptiste (8/10)

 

PS : Signalons que l'album est livré avec un DVD roboratif, indispensable pour tout fan par les vieilles vidéos du premier Satan Jokers qu'il contient mais aussi par un concert de la tournée Addictions proposant l'album in extenso. On ne se moque pas du monde là…

Replica – Brennus – Rebel Music / 2012

Tracklist (49:20) : 01. Crime Tribal 02. Flashback Traumatisme 03. Obsession 3’52 04. Phobies 05. Serial Killer 06. Suicide 07. Schizophrenic 08. Panique Hystérique 09. Fracture Morale 10. Persécuteur Désigné 11. Camisole Chimique 12. Psychodéréglé 

 

T&N – Slave To The Empire

tn_coverS'il faut juger un genre musical à certaines de ses productions, on peut avoir des raisons de s'inquiéter pour le heavy metal. Car comment qualifier de « créatif » un genre qui voit naître quelque chose comme ce T&N ? Pour comprendre où réside le « hic », il faut en fait se pencher autant sur l'historique du groupe que sur sa musique elle même. T&N est en fait l'acronyme de Tooth And Nail, référence à l'album le plus célèbre de Dokken. Pour d'obscures raisons de droit, le groupe formé de trois Dokken ou ex-Dokken (il faut suivre), le groupe n'a pu utiliser ce nom et s'est rabattu sur les initiales. Bon. 

On parle de Dokken puisque les trois musiciens qui sont les piliers de T&N – George Lynch, Jeff Pilson et Mick Brown – appartiennent au groupe ou y ont appartenu. Comme George Lynch ne s'est toujours pas réconcilé avec Don Dokken, la reformation un temps envisagé a capoté et c'est en conséquence à cet échec que T&N a été monté. Pourquoi pas… 

Le problème est qu'en fait T&N cherche tellement à profiter de l'aura de Dokken que cela en est pénible : sur les douze titres de Slave To The Empire, cinq sont issus de la discographie de Dokken. Il s'agit donc ici de reprises que l'on a cherché à pimenter en faisant appel à des chanteurs fameux (Doug Pininck, Sebastian Bach…). Et les reprises tiennent bien la route au final, même si leur intérêt est relatif. Quand aux 60 % du disque restant, il s'agit de compositions tout à fait dans l'esprit de Dokken, souvent de qualité (« Slave To The Empire », « Rythm Of Love »). Jeff Pilson y fait un travail tout à fait convaincant au micro. Mais (et j'insiste sur le « mais »), ces titres s'avèrent bien inférieurs aux reprises de Dokken. 

D'où l'impression d'un « produit » et non d'une authentique démarche musicale. D'où aussi le fait que le disque n'intéressera sans doute que les amateurs de Dokken. Heureusement que pour T&N, Dokken soit sur le point d'être mis en veilleuse par son leader lui-même. Il y a donc un créneau à occuper. Mais est-ce vraiment engageant comme perspective ? Heureusement que le heavy metal a autre chose à proposer… 

Baptiste (5,5/10)

 

Replica – Rat Pak Records / 2012

Tracklist (66:03) : 1. Slave to the Empire 2. Sweet Unknown 3. Tooth and Nail (avec Doug Pinnick de King’s X) 4. It’s Not Love (avec Robert Mason de Warrant) 5. Rhythm of the Soul 6. When Eagles Die 7. Into The Fire 8. Alone Again (avec Sebastian Bach) 9. Mind Control 10. Kiss of Death (avec Tim « Ripper » Owens) 11. Jesus Train 12. Access Denied