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Max Carl – The Circle

MaxCarl_Circle_Booklet.inddLa réédition des perles oubliées de l’AOR semble être un marché porteur. C’est le créneau de l’excellent label Rock Candy mais aussi de Yesterrock ou de Avenues Of Allies dans une moindre mesure… Sans ces labels nous n’aurions sans doute pas eu la possibilité de découvrir (ou redécouvrir pour les plus anciens de nos lecteurs) le troisième disque solo de Max Carl, The Circle (1985).

Max Carl est surtout connu pour avoir collaboré avec Tony Bolin ou avec Rod Steward mais aussi pour des musiques de film en tant compositeur et multi-instrumentiste très affûté. Mais comme beaucoup de musiciens de ce profil, il a aussi tenté d’avoir un succès par lui-même. D’où trois disques solo, dont la dernière tentative fut The Circle. Puis Max Carl rejoignit .38 Special et surtout Grand Funk Railroad dans lequel il officie toujours.

Nous sommes très loin du rock seventies de Grand Funk ici car The Circle est un produit typique de son temps : il s’agit d’un album d’AOR assez soft et très produit (voire surproduit). Les compositions sont extrêmement travaillées et le chant de Max Carl est impeccable. Il faut le reconnaître. Quelques titres auraient bien eu la portée d’un hit à l’époque, comme notamment le titre éponymetrès accrocheur sans pour autant être indigent. Le morceau fut même un petit succès et fut casé sur la BOF d’un navet de l’époque, Une Créature de rêve de John Hughes.

Malgré la forte teneur en sonorités synthétiques et le propos assez éloigné du hard rock, j’avoue avoir apprécié The Circle. Si par contre ces deux caractéristiques vous déplaisent au plus haut point, passez votre chemin.

Baptiste (7/10)

Germusica – Yesterrock / 2012

Tracklist (40:35) : 1. Radical Prodical 2. The Lion’s Kill The Sparow 3. The Circle 4. A Cold Shot 5. Strategic Land (A Soldiers Song) 06 Night Train Roll 07. A Thousand Nights 08. Tell Me Where You Sisters Hiding 09. Curves 10. Timing

 

Asia – Resonance

Généralement, les reformations des vieux groupes connaissent un début en fanfare pour s'essouffler rapidement. Ce modèle s'applique bien à Judas Priest (que dire de Nostradamus après un très correct Angel Of Retribution ?), Deep Purple (souvenez-vous de l'excellent début que fut Perfect Strangers puis des errances ultérieures) ou… Asia. Pour le Asia reformé autour du line up originel et donc délesté de l'excellent John Payne, la période de grâce (relative) a duré le temps de deux albums : Phoenix et surtout Omega. Le récent XXX dont j'ai déjà dit ici tout le mal qu'il faut en penser, si on est un amateur un tant soit peu objectif et pas un fan complaisant, marque sans doute le tournant vers un stade d'inspiration réduite au minimum. Cette situtation d'inspiration réduite au minimum vital va en général avec l'accumulation de live, histoire de remplir des tirroirs caisses à peu de frais et de faire plaisir à quelques fans toujours insatisfaits de ne pas voir telle ou telle chanson interprétée sur un des sept ou huit live d'une discographie bien fournie.  

J'exagère à peine car la discographie live d'Asia est franchement pléthorique, sans par ailleurs que l'on remarque vraiment un live sortant du lot et qui soit mémorable. Après le live de la reformation – Fantasia – Live In Tokyo – et celui de la  de la tournée de Phoenix – Spirit Of The Night , voici donc celui de la tournée soutenant Omega. Ayant assisté au concert parisien, j'avais déjà une idée derrière la tête ce que à quoi pourrait ressembler ce Resonance. Et bien je suis globalement dans le vrai. Même si le concert donnant lieu à Resonance fut enregistré à Bâle, en Suisse, les remarques faites au concert parisien s'appliquent ici aussi. 

Tout d'abord la setlist est bonne car, courageusement, elle intègre un certain nombre de nouveaux morceaux, par ailleurs bien choisis. La présence de nombreux titres d'Alpha ravira de nombreux nostalgiques alors qu'Asia a tendance à trop se réfugier en live derrière son colossal premier album. John Wetton est globalement en forme et, servi par un très bon son, il fait une bonne prestation, eût égard notamment aux années et à un mode de vie à une époque pas bien sain. Carl Palmer tient bien la route de son côté et son solo sur « The Heat Goes On » n'est même pas ennuyeux. Les deux maillons faibles sont Downes et Howe. Downes fait encore une fois le minimum : pas de solo, des sons souvent assez kitschs et une attaque bien mollassone aux claviers. Steve Howe semble complètement endormi avec un tout petit son et une gestion des rythmiques bien pépère. 

Pour suivre ces deux grand-pères, on remarquera que le groupe joue souvent à deux à l'heure : « The Heat Goes On » ou « Go » sont à la lisière du léthargique. Heureusement que les passages acoustiques passent mieux la rampe : « Don't Cry » ou « The Smile Has Left Your Eyes » emportent la conviction, mais surtout du fait de la performance de Wetton. C'est cependant assez inquiétant. J'en vois dejà au fond qui, devant cette sérieuse mais très poussive prestation des papys du rock/pop prog', s'apprêtent à crier : « à l'hospice, à l'hospice ! ». Ils n'auront pas totalement tort.

Baptiste (6/10)

 

Site officiel

Frontiers / 2012

Tracklist CD 1: 1. I Believe 2.Only Time Will Tell 3. Holy War 4. Never Again 5. Through My Veins 6. Don’t Cry 7. All’s A Chord 8. The Valley Of Rocks 9. The Smile Has Left Your Eyes 10. Open Your Eyes

CD 2 : 1. Finger On The Trigger 2.Time Again 3. An Extraordinary Life 4. End Of The World 5. The Heat Goes On 6. Go 7. Sole Survivor 8. Heat Of The Moment

AOR – L.A. Temptation

Qui arrêtera Frédéric Slama ? Après avoir enregistré en 2012 un des tous meilleurs disques de son projet, AOR avec l'excellent The Colors Of L.A., puis avoir prêté main forte aux sœur Fontaine pour le disque de Chasing Violets, Slama est de retour avec ce nouvel album d'AOR, intitulé L.A. Temptation. Voici un rythme de parution plus proche de celui des années 70 que celui adopté de nos jours par des groupes franchement plus lents. On ne peut a priori que se féliciter d'une telle dynamique de création.

Les mauvaises langues feront toutefois remarquer que sept des chansons sur douze de ce L.A. Temptation étaient en fait présentes sur Outside Heaven de Chasing Violets et notamment les meilleurs titres : « No Margin For Error », « The Price To Pay » ou « Above Suspicion » par exemple. Ils sont cette fois interprétés par des chanteurs, et pas des moindres comme c'est l'usage chez AOR : Philip Bardowell est excellent sur « No Margin Of Error » et Goran Edman brille sur « Above Suspicion » et sur ce « Price To Pay » où il effectue un duo avec Hank Erix. Même si on ne peut qu'apprécier cette réorchestration qui donne un tour plus musclé et hard rock aux compositions originales, on peut regretter que pour un auditeur d'Outside Heaven, ce L.A. Temptation ne propose pas tant que ça de choses neuves. 

Passons aux nouveautés : elles sont donc au nombre de cinq. Cinq chansons alternant l'excellent (« From L.A. To Paris » chanté par Chris Ousey, « A Heartbreak Away » transcendé par James Christian en grande forme) et le plus quelconque voire médiocre (« Silent Victory » chanté sans panache par Paul Shortino mal à l'aise sur un ce titre, et « Outside Heaven » assez pénible avec Paul Sabu au micro dans un hard rock lourdaud.) Il faudra faire le tri. De même, Slama aurait pu abandonner un titre ou deux présents sur Outside Heaven qui s'avéraient déjà un peu faibles tel « When The Darkness » que je n'arrive toujours pas à apprécier.

Étrangement alors que la production et l'interprétation sont globalement excellentes, on constate des baisses de régime sur certains morceaux. « Silent Victory » souffre d'une production presque « dance » avec ses synthés complètement kitsch et sa musique trop sous-mixée par rapport à la voix. Pire la production éreinte « When The Darkness Falls » qui finit fort mal le disque sur une vilaine note. On a l'impression ainsi que certains titres ont été enregistrés dans des contextes et dans des lieux différents, créant deux facettes à l'album. 

Au final, L.A. Temptation est un disque difficile à juger surtout en mettant de côté celui de Chasing Violets. Il recèle des perles et des titres de grande classe qui s'inscrivent tout à fait dans le sillage des disques précédents du groupe de Slama. Mais il dévoile quelques errances qui auraient pu être évitées. Le disque est long : une heure. Peut-être qu'en le délestant d'un ou deux titres, on aurait pu lui conférer une homogénéité qualitative plus évidente.

Baptiste (7/10 si on accepte la démarche)

 

Site officiel

GerMusica – AOR Heaven / 2012

Tracklist (62:08) : 1. No Margin For Error  2. Above Suspicion  3. From L.A To Paris 4. A Heartbeat Away 5. Silent Victory 6. No One’s Gonna Hurt Me Anymore 7. Second Chance At Love 8. Out On The Streets  9. Hold Back The Dawn 10. The Price To Pay 11. Outside Heaven 12. When The Darkness Falls