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Crucifyre – Black Magic Fire

Comment ai-je pu passer à côté de Crucifyre ! J'avais pourtant dû voir passer le nom du groupe courant 2010 au moment où leur premier album est sorti. Je n'ai pas percuté tout de suite comme pour Horrendous que j'ai chroniqué il y a peu ici. C'est d'ailleurs opportun de citer ce groupe américain car les suédois qui nous intéressent aujourd'hui ont une démarche similaire. Faites attention les amis car similaire ça ne veut pas dire qu'ils pratiquent le même style mais qu'ils ont un parcours semblable et des points communs. Tout d'abord les deux en sont à leur deuxième réalisation et Black Magic Fire est même sorti ( en août dernier) un peu avant  Ecdysis . Sur leur premier album les deux groupes nous proposaient un Death metal Oldschool et ont évolué par la suite. Le point le plus important étant qu'ils partagent un même amour pour la scène Heavy Metal / Thrash Metal des 80s.

Cependant quand on regarde de plus près le line-up de Crucifyre on s’aperçoit vite que ses membres sont des baroudeurs puisque on voit apparaître dans leur Background les noms bien connus de  Morbid, Maze of Torment,  Regurgitate, Nasum, Crematory ou  encore Revokation . Ça en dit déjà beaucoup sur l'expérience de chacun au sein de Crucifyre. Dès que l'on se lance dans l'écoute de Black Magic Fire on est frappé par le son ! La production est impeccable et un très gros travail a été fourni dans ce domaine par le staff du  X-Level Studios (ABBA, Roxette, Lady GaGa, etc). Quand à la musique, comme j'en parlais plus haut, sur des contours Death Metal Oldschool  Crucifyre brode tout un attirail hérité des 80s. 

Comment ne pas penser à King Diamond à l'écoute de Apocalypse Whore qui ouvre cet album mais aussi à la New Wave Of British Heavy Metal avec Black Magic Fire qui suit ou sur Anneliese. Le Thrash « made in Bay Area » est aussi bien représenté tout au long de l'album comme sur Baphomet's Revenge ou Faces Of Death. Enfin Crucifyre ne boude pas le Doom Metal non plus et les riffs de Funeral Pyres sont sans équivoque en la matière. C'est assez difficile de tout décortiquer dans le détail car les morceaux sont riches avec des compositions alambiquées et une multitude de ressorts rythmiques et stylistiques. Bien que Crucifyre ne s'aventure pas comme Horrendous en territoire Progressif, il aime le bel ouvrage et les ambiances horrifiques. Cet album est emprunt de nostalgie et j'aime beaucoup la manière dont ils ont agencé le tout. C'est ce qu'il le rend agréable à écouter. Mon dieu, le punch de la batterie m'a beaucoup fait penser à ce qu'ont pu faire mes chouchous de Sigh sur Hangman's Hymne. Quant à la voix de Erik "Tormentor" Sahlström elle est au poil, renforçant le cachet oldschool et retro de l'album. Cette voix et les nombreuses ambiances horrifiques m'ont aussi évoqué  Killjoy et son Necrophagia ! 

Bref le tout sonne toujours juste et laisse sur les fesses ! Les vieux de la vielle vont adorer Black Magic Fire. Il est bien plus riche, homogène et cohérent que le fourre-tout de Dark Throne The Underground Resistance par exemple. Un vrai album de Heavy Metal dont les Mustaine et autres Flynn devraient s'inspirer au lieu de nous pondre leurs récentes daubes. Du vrai Metal qui ne se contemple pas le nombril en se la racontant et se relève les manches pour nous mettre une belle tannée ! 

FalculA (09/10) 

www.crucifyre.com

Page Facebook

pulverised.bandcamp.com/album/black-magic-fire

Pulverised Records / 2014 

Tracklist (42:49) 1. Apocalypse Whore 2. Black Magic Fire 3. Pentagram Palms     
4.Baphomet's Revenge 5. Funeral Pyre 6. Faces of Death (His Satanic Shadow) 7. Through the Darkness 8. Anneliese 9. Wolf's Hour 10. One and One Is One  
  
 

On ne sait que peu de choses concernant  Anarkökvlt, un quatuor australien qui est originaire de la région d’Adelaïde. Ils n’ont pas l’air signés et à part une page Bandcamp et Facebook nous avons rien d’autre sur le net.  Sigillise the Downfall of Capitalism…  ressemble donc à une autoproduction et serait sorti le 24 octobre dernier. Il faut d’ailleurs que j’en profite  pour remercier mon padawan Yann aka Death Beer sans qui je ne serais pas en train d’écrire ces lignes à propos de Anarkökvlt. Selon les dires du groupe, le style pratiqué serait un Crust Punk infusé d’émanations  Black Metal (ou Blackened Crust si on parle nov langue Metal). Le nom évocateur de cet EP a aussi beaucoup attisé ma curiosité en flattant mes  aspirations de sale gauchiste. Je me suis dit avant de lancer la lecture pour la première fois : «  Vais-je être comblé par ce skeud sur le fond et la forme ? »

 
Les corrélations entre les scènes Black Metal et Punk sont nombreuses mais un exemple précis me vient à l’esprit et comme il va servir mon propos, je me permets un bref aparté. J’aime le Crust et plus particulièrement celui de Driller Killer. Son frontman Cliff Lundberg ne cachait pas son attirance pour le Black Metal puisque il arborait dès 1995  dans le clip de From Out to Nowhere un T-Shirt du True Mayhem. De Mayhem, il en est question dans le propos musical que  Zach& son escadrille distillent tout du long des treize brûlots qui composent ce EP et ce de deux façons. La musique m’évoque ce que Mayhem pouvait faire dans sa période Deathcrush. Une certaine urgence qui transpire des compostions n’est certainement pas étrangère à ce fait mais aussi les intonations de la voix de Zach qui ne sont pas sans rappeler celles de Maniac. Mais Anarkökvlt ne se borne pas qu’à être un vulgaire clone de Mayhem car il sait varier les plaisirs. Je ne sais pas si c’est dû au mix Crust / Black ou si c’est le fait que le groupe ait voulu rendre hommage à certains groupes comme Dark Throne ou Carpathian Forest, mais le rendu de certains passages sonne Black’n’Roll. C’est un plus dans la musique du groupe et ça rend l’ensemble très accrocheur au final. Ca groove quoi !

Les titres s’enchaînent à vitesse grand V puisque les morceaux ont une durée éclair autour de la minute. Du coup on ressent très vite comme un goût de reviens y et ce sera là mon seul bémol : Cet EP est bien trop court ! Les Textes ont l’air très importants pour le groupe car chose rare ils sont fournis avec les morceaux quand on les télécharge via le Bandcamp. Je pense que le groupe veut par ce fait insister sur leurs portées politiques. En effet, si pour la forme Anarkökvlt balance quelques poncifs et références à l’occultisme par le biais de titres comme Belial, Astaroth ou Lilith : c’est pour mieux nous exposer ces revendications qui se veulent ouvertement antifascistes, féministes ou libertaires. Le tout se fait saillant comme une volée de cocktails Molotov lors d’une nuit d’émeutes !

Au final on a un EP de Crust/Punk/Black Metal qui fait le travail avec le peu de moyen d’une auto production mais avec une conviction énorme et ça s’entend. Il y à une bonne matière première pour que le groupe se façonne un son propre et un style. Moi J’encourage et je soutiens !

FalculA (07/10) 

Facebook Officiel

Bandcamp où le EP est en streaming


Auto production / 2014

Tracklist (13 minutes) 1. LHP 2. Belial 3. Sigillise the Downfall of Capitalism 4. Astaroth 5. Lilith 6. Abbatoirs 7. Black Magick Black Bloc 8. When Oppressive Relationship Models are Replaced with Mutual Aid and Voluntary Association 9. Hex the Pigs 10. Chaote 11. Chaote II 12. Racism is Fucked 13. Anarchy is Love I

 

 01. J’aimerai pour commencer savoir comment êtes-vous venus à la musique et à la pratique d’un instrument au sein d’un groupe de Metal, puis par la suite, comment s’est formé Grorr ? Vous pouvez par la même occasion en profiter pour faire l’inventaire des individus composant le groupe en guise de présentation.


Grorr à la base c’est Gaël et Bertrand deux guitaristes qui étaient dans le même lycée. Fan de métal, ils ont montés Grorr à la fac avec pour objectif de faire de la « mule ». Puis arrive Yoann guitariste lui aussi, (plutôt dans le rock prog) mais connaissance du lycée et motivé pour tenir le poste du bassiste avec les copains. Se rajoute ensuite Jérémy, batteur/cofondateur de Pottiin (groupe de death Tech bordelais) mais passant ses hivers à Gourette comme Yoann. Et puis finalement Sylvain (encore un guitariste) multi-instrumentiste qui se charge de tous les instrus trad, samples, chœurs, etc …

 

02. Connaissant Grorr que depuis la sortie de votre précédent album Anthill, j’aurai aimé  savoir  si le groupe était, dès le départ, prédestiné à accorder une part importante de sa personnalité  musicale  à la musique  Folklorique ou si cet élément  est venu se greffer par la suite ?


A la base nous n’utilisions pas d’instruments ethniques. On jouait avec des samples, mais ceux-ci étaient plutôt indus. Les instruments traditionnels sont arrivés à compter du moment où notre objectif a été de faire voyager l’auditeur un maximum. « Anthill » était une immersion dans une fourmilière et l’apport d’instrus du monde entier nous a permis à la fois d’affirmer la personnalité de notre musique, et également de créer un cadre tribal qui collait très bien à notre propos.

 

03. Je me suis posé la question  en écoutant ce superbe nouvel album. Comment organisez-vous au sein du groupe  la composition de votre musique ?  Travaillez-vous d’abord sur la trame « Metal » ou partez-vous des instrumentations  Folkloriques  et autres orchestrations pour ensuite y apporter les éléments « Metal » ?


Le processus à évolué avec le temps. A l’époque d’Anthill on découvrait à peine l’univers « folklorique ». Les instrus trads se sont donc greffés à des squelettes de compos « Metal ». Pour « The Unknown Citizens », on a composé toute la structure des morceaux en partant des instruments trads, des rythmes et du chant. Les éléments « Metal » sont arrivés ensuite. Après on reste des métalleux, et on avait une idée de comment ça sonnerait avec les grosses guitares ..

 

04. J’ai beaucoup apprécié des morceaux comme Pandemonium ou Facing Myself  à l’emphase  symphonique. Etait-ce  voulu de votre part et avez –vous été influencés  par des groupes de Metal jouant dans ce registre ou par la musique symphonique elle-même ?


La musique symphonique est une influence importante.  Dans le cas présent, c’est de la musique de film que nous vient l’idée d’intégrer des cuivres. Cela colle parfaitement à l’histoire : Pandemonium, Facing myself, Oblivion, sont des titres qui traitent de la guerre et de ses conséquences irréversibles. Nous voulions que le décor dressé à l’aide de notre musique puisse situer l’action sur un champ de bataille, tout en mettant en relief le combat intérieur du soldat, torturé dans son  moi profond, et abîmé par les choix qu’il a pu prendre.

 

05. J’apprécie aussi particulièrement votre manière d’user de polyrythmies et de  riffings  très saccadés à l’instar de groupes qualifiés (ou qui se qualifient eux-mêmes)  de Moderne Metal ou Djent Metal. Avez-vous été  inspirés par cette scène et si oui de quels groupes sentez-vous proche ?


On est tombé dans la polyrythmie en écoutant Stravinski, King Crimson, Magma etc… Puis on est devenu fan de Tool et Meshuggah et d’autres groupes de prog. Les riffs saccadés viennent aussi de Fear Factory, Pantera, qu’on a découvert au lycée … On a des influences communes avec les groupes de cette scène. On adore Karnivool aussi !! Et puis en métal on est obligé de citer Gojira et Devin Townsend. 
Dans les groupes très « récents », on aime Vildhjarta, Animal as Leaders ou Monuments entre autres (même si on n’a pas forcément beaucoup de points communs). Et puis je rajoute Hacride car Lazarus et Back to where you’ve never been … ont bien usé nos enceintes !


06. Pour ma part j’ai tendance à  rapprocher votre démarche et votre approche musicale de groupes comme  Hypno5e ou S.U.P ? Ai-je tort de penser ceci ?

 

C’est probablement la démarche de l’album concept qui rend cette analogie possible. Il est vrai que nous tenons à cœur de toujours proposer un album cohérent, que l’on pourrait qualifier de « storyboardé », et c’est effectivement une démarche que l’on peut retrouver chez S.U.P/Hypno5e, 2 groupes d’ailleurs appréciés par Grorr.

 

07. J’ai lu dans votre présentation que The Unknow Citizens vous avait  été inspiré par un poème de W .H Auden . Pouvez-vous nous en dire plus au sujet de cet auteur et de ces « trois citoyens ordinaires » ?


W.H. Auden est un écrivain né en 1907 qui a comme beaucoup à son époque, participé à la guerre d’Espagne puis connu la seconde guerre mondiale. Il a notamment écrit « The Unknown Citizen » qui est l’épitaphe d’un citoyen ordinaire dans une société « Orwellienne », totalitaire et déshumanisée. On apprend qu’il a bien fait tout ce que cette société attendait de lui, mais on ne sait rien de ses « états d’âmes ». On a imaginé se placer dans la tête de 3 de ces citoyens types. Ils forment la quasi-totalité de la population, ils n’accomplissent pas d’actes spectaculaires mais font tourner la machine. Sont-ils libres, sont-ils heureux ? C’est la dernière question du poème, et ça a été le point de départ de notre histoire.

 

08. Comme c’était déjà le cas pour Anthill, doit-on considérer ce nouvel album comme un album concept ?


C’est bien un album concept. Il est coupé en 3 parties bien distinctes avec des instruments propres à chacune. Nous avons voulu représenter 3 vies différentes qui dans la narration comme dans l’écoulement du temps se suivent. L’histoire revêt un aspect « fable sociale ». Le premier personnage est parti se battre quand on le lui a ordonné. Il est rentré de la guerre « différent », et ne pourra finalement plus reprendre une vie normale. Il ne trouvera le repos que dans l’oubli et la mort. La 2eme partie de l’album concerne la reconstruction et notre personnage du « travailleur ». Celui-ci sacrifie sa vie à la reconstruction de ce que la guerre a détruit, pour que ses enfants aient un avenir meilleur. 
Le troisième personnage naît dans un monde en paix. Il aspire donc à son épanouissement personnel. C’est l’histoire du hippie dont tous les membres de son ancienne communauté ont fini par devenir trader à Wall-Street.

 

09. Qu’attendez-vous de votre récente signature avec le label Suédois ViciSolum Productions et pouvez-vous nous expliquer comment s’est présentée  cette opportunité  ?

 

La signature avec ViciSolum Productions a été un coup de chance. Nous avons eu une relation privilégiée par le biais de notre ancien manager avec Thomas Hörnkvist le président de ViciSolum. Sans même avoir entendu les maquettes de nos travaux en cours, et en fiant sur l’album Anthill, Thomas nous a proposé un contrat.
Nous en attendons surtout une promotion plus importante de notre album afin de pouvoir se faire connaître. Pour des petits groupes comme le notre, il n’est pas facile de se faire une place sur la scène metal actuelle ; il faut des ressources, des connaissances… Disons que notre signature avec ViciSolum nous permet de rendre notre album disponible au plus grand nombre, et c’est ce qui nous importe le plus.

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10. Grorr se produit-t-il en concert et si oui comment vous y prenez-vous pour restituer la richesse des ambiances ainsi que les diverses interventions d’instruments traditionnels ?

 

Oui bien évidemment nous faisons des concerts, et nous adorons ça. Nous avons toujours mis un point d’honneur à restituer au mieux nos albums en live. Par chance, Sylvain notre multi-instrumentiste, se charge de tous les instrus trad et des ambiances grâce à un sampler. Il gère également des chœurs ainsi que des percussions. Nous sommes autant exigeants avec nos albums qu’avec nos prestations live.


11. Pour finir, un dernier mot pour les lecteurs de Metalchronique.fr ?


Merci ! Nous espérons que vous aimerez l’album autant que nous !