Il y a encore quelques jours je ne connaissais pas Horrendous… Oui vous pouvez me faire BOUUH ! Il y a tellement de sorties de nos jours que j’avoue ne plus savoir où donner de la tête. C'est un trio américain ayant déjà sorti un premier album en 2012 chez Dark Descent Records que du coup je vais m’empresser d’écouter car autant ne pas tourner autour du pot, ce Ecdysis m’a conquis !
On peut rapprocher la démarche musicale de Horrendous de celle de groupes de metal extrême comme Tribulation , Aeternus ou Morbus Chron voire Enslaved avec lesquels il partage un goût pour la musique progressive et retro loin des stéréotypes du metal extrême contemporain en termes de son et de composition. Autant dire tout de suite que les adeptes de bourrinage direct et sans fioritures risquent de rester de marbre devant la démarche progressive du groupe. Tout d’abord attardons nous sur l’excellent travail réalisé sur le son. Il est remarquable et c’est le genre de productions qui sied particulièrement à mes oreilles. Des guitares au son clair avec juste ce qu’il faut de saturation. Une basse se faisant ronde et chaude qui est mixée de manière valorisante. La batterie quant à elle a ce son organique et rebondi avec du relief, tout ce que j’aime quoi.
La musique se fait tours à tours black, death metal oldschool, thrash et surtout heavy metal et progressive. Il n’y a que de bons morceaux toujours très alambiqués et très efficaces. Quel bonheur ces parties heavy metal nombreuses, l’interlude "When The Walls Fell" taille carrément la part belle aux riffs emprunts à la NWOBHM, tout comme ces aérations progressives distillées tout au long de l’album et toujours opportunes qui nous laissent entrevoir des nappes de claviers discrets, des arpèges de guitares acoustiques ou des chœurs en arrière-plan . Les vocaux sont extrêmes alternant black et death mais ils m’évoquent souvent les grands hurleurs de l’histoire du thrash metal ou le timbre de John Tardy ( Obituary). Le titre que je trouve époustouflant et très représentatif du propos que je viens de vous exposer est Nepenthe. Il débute sous forme d’une marche doom metal puis s’emballe dans une embardée black death et se mute progressivement en swedish death metal avant de faire un break inattendu à 02 :50, vraiment surréaliste, avec l’insertion de nappes de claviers et de chœurs incantatoires pour finalement se terminer dans une cascade luxuriante de riffs et de leads heavy metal. Testez pour voir si je raconte des bobards !
L’artwork enfin à l’air bien soigné et est vraiment cool… j’ai hâte de voir ce que ça donne en physique !
A l’arrivée on a un très bon skeud de metal extrême tout simplement, retro heavy/thrash à souhait et à l’emphase progressive qui laisse sur le cul ! Pour le metalhead qui daigne bien vouloir prendre son temps à découvrir la superbe musique de Horrendous ça sera un réel plaisir. Quant aux autres, ils passeront leur chemin et iront paitre du deathcore … Meuh’ !
Avant toutes choses il faut que vous sachiez à qui vous avez à faire en ma personne. Je m’explique, je suis un metalhead dévoué à la cause Nightfall depuis Parade Into Century son premier album sorti en 1992 qui était aussi et c’est important de le souligner, la première signature du label français feu Holy Records. Label qui a beaucoup influencé mon rapport et mes goûts en matière de metal extrême. Autant dire que je suis un diehard fan du groupe et on pourra me reprocher de ne pas être très objectif… Mais bon je m’en cogne et ai passé l’âge de complexer sur ce genre de chose lié à une pseudo attitude qu’il faudrait avoir dans le milieu.
Revenons à nos moutons ! Impossible d’évoquer le cas Nightfall sans s’attarder sur la personnalité génitrice et le maître à penser de ce groupe Efthimis Karadimas qui depuis près de 20 ans maintenant distille son metal extrême de manière irrégulière, je m’explique, ses productions se suivent mais ne se ressemblent pas, exceptions faites de l’incartade Black Lotus Records avec I Am Jesus et Lyssa – Rural Gods and Astonishing Punishments ( clôturée par le départ de leur batteur d’alors George Kollias pour Nile) et des deux derniers en date Astron Black and the Thirty Tyrants et ce Cassiopeia qui nous intéresse aujourd’hui.
Je pense que le manque de cohésion dans la discographie de Nightfall allié à des changements de line-up intempestifs dus très certainement au caractère psychorigide de Efthimis en ce qui concerne la vision de sa musique (d’après ses dires (cf interview) il n’a jamais considéré Nightfall comme un groupe pro , il préfère s’adonner à son art sans contraintes au grès de son inspiration) auront été la cause de multiples fractures avec son publique tout au long de sa carrière et du coup rendant Nightfall moins populaire et racoleur que leurs compagnons de route de chez Holy Records SepticFlesh ou les baroudeurs de Rotting Christ. C’est assez injuste d’ailleurs car quand on remet en perspective les productions du groupe on s’aperçoit qu’il s’est toujours appuyé sur 3 piliers fondamentaux et c’est encore plus prégnant depuis leur retour avec Astron Black and the Thirty Tyrants en 2010.
Le premier est le talent indéniable d’écriture d’Efthimis, rares sont les artistes dans le metal et encore plus dans le metal extrême à cultiver l’art d’écrire des chansons !
Le deuxième c’est qu’ Efthimis sait s’entourer et cultiver la somme des virtuosités qui l’accompagnent pour mettre en œuvre sa musique ! Encore un bel exemple avec le line-up de ce Cassiopeia puisque on retrouve l’excellent Stathis Cassios aux claviers ( présent depuis 2004 ), la machine de guerre allemande Jörg Uken ingénieur et propriétaire du Soundlodge Studio où il a travaillé notamment avec Obscenity et God Dethroned et qui s’est occupé de la prod avec Efthimis et c’est aussi le seul à s’être impliqué avec lui dans le processus de composition, Evan Hensley un guitariste américain talentueux et enfin les deux plus récentes recrues Stathis Ridis à la basse et Constentine un guitariste qui ne doit pas non plus être un manchot puisque il a collaboré avec NightRage (ex Exumation) et Primal Fear tout de même.
Le troisième et dernier élément récurent et fondamental dans la musique du groupe est l’amour que porte Efthimis pour la musique Heavy Metal et Doom metal.
C’est normal dès lors que le doom et le heavy metal fassent partie de l’alchimie du groupe depuis tant d’années tout comme l’ossature qui reste un Dark Metal (comprendre un mélange de black death, doom sous genre du metal extrême très prisé dans les 90s par Tiamat ou Moonspell et autres…). Quand j’ai eu à l’époque les infos avant la sortie de ce Cassiopeia, que je me suis appliqué à vous restituer plus haut, j’ai su qu’Efthimis et sa bande nous préparaient un grand coup.
Tout est plus homogène et est d’une fluidité rare aux regards de leurs anciennes productions. Les claviers sont toujours présents comme sur Astron Black et évoquent ces sonorités typiques des 90s ( je pense notamment au superbe Athenian Echoes ) parfois de manière atmosphérique d’autres fois par de simples interventions au piano classique ( toujours comme sur Athenian Echoes) mais ils sont un peu moins en avant nous laissant apprécier le timbre des guitares qui est un peu plus gras renforçant par la même le côté heavy.
Ce sont ces guitares qui mènent la danse tout au long de Cassiopeia et vous en prendrez une très forte dose et ce sans tomber dans la branlette de manche stérile et purement démonstrative car ici braves gens c’est le feeling et la musicalité qui prédomine ! Quant aux parties rythmiques que dire si ce n’est qu’elles sont jouissives avec une bonne dynamique et on reconnait là encore comme c’était déjà le cas sur Astron Black le plus non négligeable apporté par Jörg avec son jeu de batterie rigoureux et juste toujours au service de la chanson.
De chanson il en est bien question sur cet album, je dirais même des hymnes heavy metal ! Et puisque on parle de chanson il serait temps que j’aborde le thème des lyrics, bon c’est la partie hard pour moi car n’étant pas bilingue je rame toujours un peu … D’après ce que j’en ai compris Efthimis s’attarde une fois de plus sur la mythologie et avec cet album c’est le mythe de Cassiopéé qui est le fil conducteur mais comme l’auteur est quelqu’un de fin, je le soupçonne d’être aussi un peu taquin en pratiquant l’art du sens caché et de la métaphore, j’y ai vu sur quelques titres des paraboles à l’actualité chahutée voir cahotique de la Grèce au seins de la communauté européenne…. Mais bon ça c’est ma vision (politisée) hein et je serais quand même tenté de lui poser la question si l’occasion se présente.
Si il me fallait retenir quelques titres et c’est un exercice bien difficile tant chaque titre est abouti et que je ne desselle aucun maillon faible dans l’enchaînement des morceaux, je prendrais Stellar Parallax pour son emphase au lyrisme ultra heavy metal qui vous dresse les poils, Akhenaton, the 9th Pharaoh of the 18th Dynasty pour sa dimension épique et son break à 02 :30 aussi inattendu que surprenant, sans oublier le final bien doomy ( même si il y a un début et quelques césures à la rythmique endiablé) de Astropolis c’est une habitude de longue date chez Nightfall de clôturer ses albums avec des morceaux à l’ampleur dramatique et doom.
Au finale on a un album dans la suite logique de Astron Black and … qui ravira les aficionados de musique heavy metal au catchy plein de feeling et ceux nostalgique de Dark Metal des 90s. Et si certains kids pré pubères ne jurant que par les routiniers du melodeath scandinave Amon Amarth daignaient s’attarder un peu sur Nightfall et son Cassiopeia ben ils se prendraient une baffe certaine ! A bon entendeur !
Bon pour commencer un petit récapitulatif s'impose car ce oneman band formé depuis 2008 par un gars de Memphis Austin L. Lunn "A.Lundr" , un des artistes multi instrumentistes le plus doué de sa génération et du BM ricain selon l'avis de votre serviteur, est très prolifique . On peut compter 5 albums et 7 split albums ( avec Lake of Blood, Skagos, When Bitter Spring Sleeps, Wheels Within Wheels, Vestiges et Falls of Rauros) ainsi qu’une compile et un single (peu conventionnel dans le style pratiqué par le groupe puisque il s’agit d’un titre concept sur l’affaire Sacco & Vanzetti).
Panopticon pratique un Pagan Black Metal toujours raw, ceci est une constante chez ce groupe, avec énormément de variations rythmiques assises sur des parties de batterie toujours soignées et mises en avant. Deuxième récurrente du groupe il enveloppe son Pagan Black véhément de texture post-rock/ shoegaz, de solos heavy et de musique folk, ce qui est un peu normal vous allez me dire avec ce dernier élément puisque on a à faire à du Pagan Black Metal… oui mais n’oubliez jamais que Mr Lunn est un peu anti conformiste et c’est tant mieux pour nous autres metalheads ouverts d’esprit car il a eu la bonne idée d’incorporer des éléments bluegrasse. C’est un peu cette dernière assez mise en avant sur l’album Kentucky qui a secoué le milieu underground et moi le premier en 2012.
Au niveau des nouveautés que le groupe propose sur Roads To The North on peut noter dès le départ une bonne production … râââh le son de la basse bien ronde et toujours cette batterie au son organique et mixée en avant. Un traitement sonore aux petits oignons! Les compos sont aussi plus homogènes que par le passé, c'est à dire qu'on retrouve tout les éléments et textures sonores mentionnés plus haut que Panopticon affectionne mais contrairement à Kentucky elles se côtoient aux seins d'un même morceau. Il y a aussi et c'est un truc qui m'a sauté aux oreilles dès l'ouverture de l'album, des embardés énergiques typique melodeath suédois bien catchy! En gros tout l'album sonne plus "metal" sans se renier et il se paye même le luxe de boxer dans la catégorie d'un Eluveitie sans tomber dans le "pouette pouette" … de réussir là où ce dernier patauge depuis quelques albums.
Si il me fallait retenir qu'un morceau pour illustré mon propos ce serait et ce sans tortiller des miches, le titre d'ouverture de cet album "The Echoes of a Disharmonic Evensong" car toute la versatilité du groupe s'exprime de forte belle manière!
A noter aussi l’enchaînement épique des trois titres au milieu de l'album "The Long Road Part I, II et III" où l'on passe de l'ambiance folk bluegrasse au post-rock shoegaze vaporeux et contemplatif en passant par des bourrasques de saillies black metal tonitruantes et de finir sur un petit chef d'oeuvre d’orfèvrerie melodeath scandinave avec guitares heavy finement siselées, solo et riffs entraînant parfait pour le headbang !
Pour finir je vais vous dire franchement le fond de ma pensée, si cet album sort de l'underground et trouve son public il va faire très mal car tout y est réuni pour satisfaire le metalhead lambda et garder ses aficionados plus trve comme moi qui suit le groupe depuis 2008. Je peux me tromper bien sûr mais en tout cas pour moi ce Roads To The North est un album exceptionnel! C’est une synthèse de tout ce que le groupe développe avec brio, honnêteté et conviction depuis maintenant 6 ans… Pour sûr dans mon top 20 2014!
Tracklist (74 minutes) 1. The Echoes of a Disharmonic Evensong 2. Where Mountains Pierce the Sky 3. The Long Road Part 1: One Last Fire (instrumental) 4. The Long Road Part 2: Capricious Miles 5. The Long Road Part 3: The Sigh of Summer 6. Norwegian Nights 7. In Silence 8. Chase the Grain