Voilà une expérience étonnante, on ressort de l'écoute de ce premier album de Lifeforms (originaire de Sacramento en Californie – USA), un poil sonné. Difficile de croire que cet album ne dure que trente petites minutes, tant l'atmosphère étouffante et pesante infligée par le groupe donne l'impression de s'étirer en longueur. Un poil de structure alambiquées aux influences progressives, et une bonne dose de riffs lourds hérités de Meshuggah agrémentés d'un soupçon de Deathcore. Les vocalises oscillants pour leur part entre Death d'outre tombe, grind et quelques rares échappées en chant clair, voilà pour la recette. Cela pourra sembler un poil indigeste aux amateurs de douceurs dans ce monde de brutes tant le groupe privilégie la lourdeur et l'agression. D'autant que l'atmosphère oppressante en rajoute une couche. Malgré la durée relativement courte de ce premier album, Lifeforms démontre un savoir faire évident, qui pourrait heurter les âmes sensibles aux mélodies qui n'y verront là qu'un matraquage un peu répétitif. Les amateurs de "djent-core" y trouveront leur compte, Multidimensional est en tout cas un premier album prometteur.
10 ans que le groupe de Huddersfield a creusé son trou. Evile a trouvé son rythme de croisière, sortant un album tous les deux ans, après Five Serpent’s Teeth, voici en 2013 le quatrième album des thrashers britanniques. L'ombre de Metallica des années 80 plane toujours, en particulier à l'écoute de "Head of the Demon", et le chant de Matt Drake pourra sembler familier aux fans de James Hetfield.
Pas étonnant pour les mauvaises langues qui ne manqueront pas de rappeler (encore) que le combo s'appelait Metal Militia et faisait des reprises d'un groupe californien (devinez …) avant de se métamorphoser après quatre ans de gestation en Evile.
Cela dit le postulat de départ du groupe c'est rendre hommage à ce style en l'interprétant à sa sauce. A la différence d'une tripotée de groupes qui se sont engouffrés dans la vague "rétro thrash", dans la foulée de la résurrection de quelques vieilles gloires, Evile ne se contente pas de livrer une pale copie. Certes, parfois certains riffs ou gimmicks rappellent en toute logique le thrash de la Bay Area, mais on constate avant tous que les anglais maitrisent parfaitement les codes et figures imposées du genre. Comme en témoignent la furie maitrisée mise en avant par le premier titre "Underworld" et ses riffs incisifs, ou mid tempo et un poil plus technique "Tomb" avec un long solo mélodique à la clé. Côté son en revanche, rien à voir avec les années 80, c'est musclé, moderne, parfois un poil froid, l'oeuvre encore une fois de Russ Russel aux manettes, dont le CV étoffé est éloquent (Napalm Death, Dimmu Borgir, The Wildhearts, The Exploited, Evile, Lock Up, Meathook Seed, The Berzerker, Nuclear, Leng Tch'e, Amorphis, New Model Army). N'empèche, le thrash à l'ancienne fonctionne parfaitement, quand Evile déballe la machine à baffes, difficile de rester impassible, un titre comme "Outsider" en impose. Amateurs de thrash à l'ancienne avec un son actuel qui claque, l'album Skull, solide et accrocheur, est fait pour vous.
Tracklist (52:12) 1. Underworld 2. Skull 3. The Naked Sun 4. Head Of The Demon 5. Tomb 6. Words Of The Dead 7. Outsider 8. What You Become 9. New Truths, Old Lies 10. A Sinister Call (bonus iTunes)
Dixième chapitre discographique du pionnier du Death Metal mélodique suédois, dont le parcours pourrait laisser rêveur nombre de groupes. "Construct" s'avère une poil plus sombre que son prédécesseur "We Are The Void". A écouter Mikael Stanne, l'enregistrement relevait plus de la séance de torture qu'autre chose, et il a fallu laisser plus de temps s'écouler qu'auparavant pour que le groupe soit suffisamment inspiré et évite le piège de la répétition, voire de l'autparodie. Le groupe a également changé de fusil d'épaule, après deux albums avec Tue Madsen, le groupe a confié les clés du mixage à Jens Bogren et modifié sa façon de composer en studio.
Des riffs de guitares plus directs, mais qui portent la signature du groupe, des claviers toujours présents (assez en avant sur "Uniformity" ou le final "None Becoming", ou les guitares sont reléguées aux second plan), une section rythmique imposante (le groupe semble avoir surmonté le départ du bassiste Daniel Antonsson) et les vocalises agressives de Mikael. Ce dernier n'a pas jeté aux orties son chant clair, qui se fait entendre sur Uniformity, ou sur " What Only You Know " ou "State Of Trust". Après un départ en douceur que représente "For Broken Words", on retrouve aussi beaucoup de fraicheur dans l'agression, avec un titre au tempo soutenu au début de l'album, "The Science Of Noise" très percutant et qui porte la marque du groupe sans laisser l'ombre d'un doute. Les fans se retrouveront vite en terrain conquis, une fois de plus la patte de Dark Tranquility se reconnait d'emblée. Une des différences notables à l'écoute de Construct par rapport à l'album précédent, c'est sans doute l'accentuation sur les atmosphères et les ambiances. Dark Tranquility ne relègue pas pour autant les titres aggressifs, avec des compos percutantes comme " The Silence In Between " ,"Apathetic" qui sonne comme un classique ou les guitares repennent franchement le dessus. Sur "Endtime Hearts" les claviers ont une place plus importante, mais les guitares agressives et mélodiques ne sont pas en reste, cela sonne comme un classique du groupe. Une fois encore Dark Tranquility se réinvente, sans négliger les éléments qui font sa signature sonore. Sans nul doute plusieurs écoutes seront nécessaires pour en appréhender toute la richesse, mais cela en vaut la peine. Fidèle a sa réputation, le groupe suédois vient encore de livrer un album majeur. Chapeau bas.
Tracklist (42:28) 1. For Broken Words 2. The Science Of Noise 3. Uniformity 4. The Silence In Between 5. Apathetic 6. What Only You Know 7. Endtime Hearts 8. State Of Trust 9. Weight Of The End 10. None Becoming