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Atrocity – Okkult

Atrocity-okkultSymphonique, Death et blasts à tous les étages, c'est semble t-il le nouveau credo adopté par les vétérans allemands de Ludwigsburg. A vrai dire, de la part de ce groupe qui affiche l'air de rien 25 ans au compteur, et qui change de style comme de chemise, je n'attendais pas grand chose, et c'est sans grande surprise qu'a l'écoute on se prend d'emblée en pleine figure une nouveau virage, un tantinet plus musclé et qui jette aux oubliettes le metal gothique.
Malgré tous ses efforts, Atrocity laisse une impression mitigée tout au long de l'écoute de l'album "Okkult" annonciateur selon le groupe d'une trilogie. Okkult rappelle, et c'est le coeur du problème, un peu trop nombre d'albums délivrés par d'autres groupes, tels Dimmu Borgir, Fleshgod Apocalypse, Septicflesh, ou Rotting Christ pour n'en citer que quelques uns. Pourtant ce n'est pas faute de la part du groupe d'avoir mis les formes, du côté de la production le son claque, et l'interprétation avec notamment l'intervention du Lingua Mortis Orchestra sous la houlette de Victor Smolski (Rage) est au poil. La démonstration du savoir faire est indéniable mais de mon point de vue le groupe n'a pas totalement tiré son épingle du jeu. Friand de ce style j'avoue avoir passé mon temps à me demander ou j'avais déjà entendu tel ou tel riff (quand il ne s'agit pas de symphonique, un "Haunted By Demons" ressemble à un hommage un peu poussé à Crematory), tout en reconnaissant au groupe une exécution impeccable. Question de calendrier ? Si Atrocity avait sorti le grand jeu symphonique il y a une dizaine d'années, la question se poserait sans doute diffèrement, le combo serait en train de disputer le leadership d'un style et ne serait pas relégué au statut d'outsider qui se faufile dans un genre ou nombre d'autres ont faits leurs preuves il y a un bail. Les amateurs du style y trouveront peut être matière à headbanguer.

Hamster (06.5/10)

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Napalm Records / 2013

Tracklist (54 minutes) 1. Pandaemonium 2. Death By Metal 3. March of the Undying 4. Haunted by Demons 5. Murder Blood Assasination 6. Necromancy Divine 7. Satan's Braut 8. Todesstimmen 9. Masaya (Boca Del Infierno) 10. When Empires Fall to Dust 11. Beyond Perpetual Ice 12. La Voisine

 

TesseracT – Altered State

tesseract-altered-stateCéder à la facilité, bacler la chronique, échapper à la mauvaise pression des albums qui s'accumulent. Simple et -parfois- tentant. Sauf que, contrairement aux croyances répandues à notre sujet par quelques trolls et boulets, on ne mange pas de ce pain là. Pourtant avec TesseracT j'aurais pu sans peine le faire, avec une recette assez simpliste, un poil de ton suspicieux, pour souligner une fois encore le chauvinisme de la presse britannique concernant la scène locale, et reprendre le sempiternel cliché sur le thème si c'est progressif, c'est (forcément) chiant…
Sauf que depuis 12 ans on s'en tient à une seule ligne de conduite qui tranche pour le meilleur et pour le pire, cerner si l'album qu'on nous propose vaut plus que le silence, ni plus ni moins. Partant de ce postulat TesseracT retrouve toutes ces chances. "Altered State" part d'un principe qui sert de fil rouge à l'album, le thème du changement, mis en lumière part un changement notable dans le line up, avec le départ du chanteur Daniel Tompkins, déjà remplacé à deux reprises, par Elliot Coleman, puis par Ashe O'Hara pour l'enregistrement de l'album. Nombre de groupes auraient sans doute trébuché avec l'épreuve du changement du vocaliste, mais TesseracT a toujours surmonté cette difficulté, après tout Ashe O'Hara est le cinquième chanteur du groupe (promis on attendra le dixième vocaliste pour évoquer un lien avec Spinal Tap).
L'album est découpé en quatre parties censées illustrer les changements traversés par le groupe ces dernières années : Of Matter, Of Mind, Of Reality et Of Energy. Changement et continuité, le groupe ne bouleverse pas fondamentalement de figure de style pour autant mais évolue par petites touches, "Altered State" impose avant tout son metal progressif, avec une atmosphère éthérée toujours aussi finement ciselée par les nappes de claviers (et un son au poil établi par le guitariste Acle Kahney, et le bassiste Amos Williams). Si l'on doit retenir une évolution majeure c'est bien le fait qu'Ashe O'Hara s'en tient au seul chant clair. La section rythmique aux influences jazz, et notamment la basse ronflante fait toujours partie de la marque de fabrique du groupe, tandis que les riffs de guitares un poil rugueux sont en retrait au profit de la tendance mélodique. L'expérimentation, l'ajout de petites touches est toujours de mise, comme par exemple sur le morceau "Calabi-Yau" et sur le final "Embers" ou s'illustre un saxophone. L'album mérite l'écoute intégrale d'une seule traite, fluide et moins contrasté que ses prédecesseurs, il n'en demeure pas moins solide et accrocheur. TesseracT arrondit les angles mais témoigne d'une vitalité à toute épreuve.

Hamster (08/10)

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Century media / 2013 

Tracklisting (55:55) 1. Of Matter – Proxy 2. Of Matter – Retrospect 3. Of Matter – Resist 4. Of Mind – Nocturne 5. Of Mind – Exile 6. Of Reality – Eclipse 7. Of Reality – Palingenesis 8. Of Reality – Calabi-Yau (saxophone) 9. Of Energy – Singularity 10. Of Energy – Embers

 

The Ocean – Pelagial

TheOcean_Pelagial"Pelagial", sixième effort du groupe allemand The Ocean, sort en 2013 après deux longues années et demi consacrées à la composition. Et ce successeur conceptuel d'Anthropocentric place encore une fois la barre très haut. "Epipelagic" entame l'album avec légèreté en surface, et ne prépare pas à à l'intense plongeon dans lequel le groupe entend nous entrainer. Progressif a ses débuts, The Ocean se fait plus de plus en plus sombre jusqu'a la plage "Benthic" ou c'est la facette doom qui prend le dessus.
Il faut aborder ce grand plongeon d'une traite, comme l'envisage d'ailleurs le groupe, soit un titre de 53 minutes découpé en 11 plages. A noter, l'album est proposé avec un deuxième disque, la version intrumentale de "Pelagial", avec un mastering un poil différent. Il était prévu au départ que l'album serait instrumental, en raisons d'ennuis de santé du vocaliste. Et plus tard, compte tenu de la performance relevée au chant clair et hurlé de Loïc Rossetti,  c'est finalement une décision avisée de soumettre les deux versions disponibles histoire de se faire une idée.
The Ocean ne renie pas ses racines, on retrouve encore cette énergie tirée du hardcore sur "Bathyalpelagic II: The Wish in Dreams". The Ocean bénéficie d'un son au poil concocté par Jens Bogren (Opeth, Katatonia). L'immersion en profondeur n'a paradoxalement rien d'étouffant, le groupe propose des compos accrocheuses et toujours fluides, et maintient le cap entre énergie et mélodie. A l'image du titre "Abyssopelagic II: Signals of Anxiety" qui oscille entre instruments à cordes et piano, et riffs de guitare lourds.  Le groupe frôle encore la perfection, avec une interprétation au poil, et confirmant son talent d'écriture dans tous les registres. Et ce final apocalyptique ! "Benthic: The Origin of Our Wishes", titre écrasant qui ferait frémir de plaisir tout amateur de Doom Death metal dévastant tout sur son passage. Il va de soi que les fans et amateurs du groupe seront comblés par ce voyage, The Ocean est au sommet de son art et une fois encore frappe très fort. Cela devient une (bonne) habitude. Le metal expérimental doom progressif, élaboré à cette sauce j'en redemande !

Hamster (09/10)

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Metal Blade Records – Pelagic Records / 2013

Tracklist (53 minutes) 1. Epipelagic 2. Mesopelagic: Into the Uncanny 3. Bathyalpelagic I: Impasses 4. Bathyalpelagic II: The Wish in Dreams 5. Bathyalpelagic III: Disequilibrated 6. Abyssopelagic I: Boundless Vasts 7. Abyssopelagic II: Signals of Anxiety 8. Hadopelagic I: Omen of the Deep 9. Hadopelagic II: Let Them Believe 10. Demersal: Cognitive Dissonance 11. Benthic: The Origin of Our Wishes