La dernière fois que le groupe irlandais s'était intéressé à travers un album studio à nos conduits auditifs en 2008, il n'avait fait que nous rassurer sur son état de santé, revenant aux fondamentaux qui avait fait sa renommée parmi les amateurs de Doom Metal. Mais l'album A Disease for the Ages nous laissait tout de même un peu sur notre faim. Cette fois, les irlandais sont un poil attendus au tournant, d'autres groupes, passé le cap du vingtième anniversaire, se sont délités au point de livrer des compos bien pâles reflets de leur splendeur d'antan. Pas de guimauve déliquescente au programme des irlandais, qui semblent repousser leurs limites avec « Formless », qui s'avère être le disque le plus long de leur histoire ; seul le titre « Old Rope » fait figure d'ovni en ne passant pas la barre des 5 minutes, mais sa concision ne le rend pas moins écrasant que les autres titres.
Le plus « léger » se trouve logiquement en conclusion de l'album, mais « Transmission » porte une bonne dose de désespoir à travers les vocalises de Darren. Mourning Beloveth avait par le passé tenté de casser la routine d'une formule bien rodée à ses débuts, avec l'album un poil contesté A Murderous Circus, ou le chant clair avait disparu, déroutant plus d'un fan du groupe de Kildare.
On retrouve ici le duo au au chant constitué par Frank Brennan au chant clair et Darren Moore au chant hurlé / parlé d'outre tombe. Le Doom Death matiné de Funeral Doom, un duo au chant au sommet de sa forme, le nouveau guitariste Pauric Gallagher impose ses riffs abrasifs et mélodiques, tandis que la section rythmique écrabouille tout sur son passage dans une atmophère de désolation qui fera fuir tout réfractaire à ce Doom Metal sans concession. Le groupe s'est lâché sur la durée des compos, sans pour autant qu'elles donnent le sentiment de tirer sur la corde. Inspiré, oppressant et mélodique, Mourning Beloveth livre un album solide et convaincant qui va à l'encontre de l'air du temps. Avis aux amateurs avertis qui ne craignent pas de plonger dans cet univers.
Tracklist (81 minutes) : Cd 1 : 01. Theories Of Old Bones 14:50 02. Ethics On The Precipice 17:23 03. Old Rope 04:49 04. Dead Channel 14:24 05. Nothing Has A Centre 15:34 CD 2: 06. Transmissions 14:24
Le trio originaire du Danemark Essence livre son deuxième album, du thrash à l'ancienne, et ne tournons pas autour du pot, dont l'influence de Kreator se fait à l'évidence très pesante tout au long de l'écoute. Des vocalises qui rappellent furieusement Mille Petrozza, aux riffs de guitares en passant par la section rythmique, difficile de ne pas penser au groupe allemand à l'écoute de cet album. Même la production signée Peter Tägtgren fait illusion. C'est dommage, mais en dépit de l'energie déployée et de l'agression sonore un poil linéaire, le groupe n'emporte pas le morceau une seule fois, faute d'avoir la moindre identité sonore accrocheuse.
On a affaire à du thrash à l'ancienne dont le groupe nous sort tous les clichés sans exception, pour le meilleur et pour le pire, c'est la guerre à tous les étages (des riffs aux textes des chansons) mais pas une seule compo ne surprend, Essence risque bien au contraire de provoquer la lassitude à jouer à fond sur un seul registre sans varier ses coups. En somme, les danois jouent bien, le volume à 11, mais cela reste désespérement linéaire. On peut retenir une exécution maîtrisée, un minimum de savoir faire, mais au delà de l'hommage appuyé au Thrash à l'ancienne pratiqué outre Rhin, on ne retient rien. Cela peut éventuellement plaire à des amateurs de thrash old school indulgents, mais guère plus. A force le revival thrash risque d'en agacer plus d'un.
1. Intro 2. Final Eclipse 3. Arachnida 4. For the Fallen 5. Children of Rwanda 6. Gemstones 7. Dark Matter 8. Last Night of Solace 9. Opium 10. Fractured Dimensions
Confronté au rythme palpitant des sorties d'albums, il suffit qu'un groupe se fasse un poil plus discret dans les bacs de disquaires, pour qu'on l'enterre pour de bon. C'est le jugement à l'emporte pièce que j'avais émis injustement à l'égard d'Officium Triste, dont le cinquième album qui voit le jour via Hammerheart records (une première) démontre des signes de vitalité plus que tangibles.
Il s'est écoulé il est vrai 6 ans depuis le dernier album studio chez Displeased records, "Giving Yourself Away". Entretemps ce label à sorti une compilation et le groupe s'est fendu d'un split de 4 titres en 2012 (avec le groupe allemand Ophis). Musicalement le groupe de Doom Death metal est toujours fermement ancré dans ce style, et rappellera aux amateurs comment pouvait sonner My Dying Bride et Anathema au début des année 90. Mais le groupe néerlandais ne s'est jamais contenté de livrer un hommage aux britanniques et possède toujours cette touche mélodique qui lui est propre, portée par la guitare lead et les claviers. Parmi les moments forts, je retiendrais le vibrant "To The Gallows" ou le chant se fait tour à tour d'outre-tombe et clair, très accrocheur. L'ensemble de l'album est solide et les 7 compos défilent vite, paradoxal pour un style réputé pour sa lenteur. Au rayon des surprises, les bataves ont conçu une courte suite acoustique au morceau "One With The Sea" dont la première partie figure sur le premier album du groupe,"Ne Vivam" (1997). Au delà de ça, le groupe demeure constant dans ses thématiques, et aborde une fois encore des sujets qui font figure de passages obligés dans le style (mort, chagrin, dépression et autres joyeusetés). On retient également le savoir faire du groupe pour établir une atmosphère mélancolique et sombre, et la production de Mors Viri sonne au poil. Officium Triste va sur son vingtième anniversaire, manifestement inspiré et en bonne santé. Pourvu que cela dure.
Hammerheart Records / 2013
Tracklist (47 minutes) 1. Your Fall From Grace 2. Burning All Boats And Bridges 3. Your Heaven, My Underworld 4. Interludium 5. To The Gallows 6. The Wounded And The Dying 7. One With The Sea (Part II) 8. Like Atlas