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Kyshera – Made In China

Kyshera, un trio en provenance du Pays de Galles formé en 2005. Le fil conducteur du groupe se situe dans le rock. Progressif. Le groupe se revendique d'un mouvement Konic. Un truc sorti de nulle part, qui résume tout ce qui n'est pas définissable selon le manifeste sur le site du groupe, qui permet à Kyshera de brouiller les pistes et de puiser dans des sources d'inspiration nombreuses. Si nombreuses qu'il y a un risque à en dénommer quelques unes. On fera forcément l'impasse sur certaines d'entre elles dans ce cas de figure. On peut nénmoins compter quelques pointures évidentes, Soungarden, Muse et d'autres gloires britanniques (Queen). Vous voilà avertis, et parés pour embarquer dans un trip d'une heure. Une entrée en matière accrocheuse et chaotique, ou le groupe démontre son sens du groove. Le groupe emprunte des voies classiques, alternant passages chaotiques et musclés et moments planants. Kyshera ne s'interdit rien, passages électro (Ants), vocalises hurlées, parlées (Germ), chantées, les gallois évoluent dans un terrain de jeu sans limites, le groupe retombe toujours sur se spieds (exception faite de certains passages au claviers qui sonnent un poil cheap). Qu'est ce qui rend la recette séduisante dans ce cas ? Un savoir faire éclatant et la sensation agréable d'un groupe qui utilise des vieilles recettes pour faire sauter les structures conventionnelles, ou un Terrorists résonne comme un duel entre Led Zeppelin et Dillinger Escape Plan. C'est dans les arrangements subtils mis en valeur par une production au poil que le groupe tire sa force. Passé l'effet de surprise on se rend assez rapidement compte que tout l'album accroche les conduits audififs. Insidieusement on en veut plus, après un tour dans les montagnes russes on en redemande.
Kyshera maitrise l'art de la jonglerie entre les styles, comme le faisait autrefois Faith No More ou l'on guettait les rebondissements dans les compos. Attendez vous toutefois à un album équilibré, entre énergie et mélodies. Une fois n'est pas coutume, si la presse anglo saxonne se montre dythirambique avec Kyshera, je ne lui jetterais pas la pierre.
 
Hamster (08/10)
 
 
 
 
Konic records / 2012
 
Tracklist (61 minutes)
01. Terrorists 02. The Game 03. Sex and Drugs and Rock and Roll 04. Sugar 05. Germ 06. Shelf Life 07. Mannequins 08. Superstar
09. Messiah Mask 10. Made in China 11. Burning Witches 12. Ants

Lynyrd Skynyrd – Last Of a Dyin’ Breed

Trois ans après God & Guns, Lynyrd Skyrd est de retour dans les bacs, avec un quatorzième album pour ce groupe survivant miraculeux. Pas de surprise bouleversante au rendez vous, les amateurs de Classic Rock nord américain y trouveront leur compte, parfois à coups de riffs lourds, de slide guitare, sans oublier des incursions logiques vers le rock sudiste.

Amateurs de groupes qui changent de fusil d'épaule et qui affectionnent les expérimentations, les effets de manches et la mode ambiante, fuyez ! Ici le groupe fait feu de tout bois, tout en se cantonnant à une recette qui peut faire frémir les esprits chagrins. Il n'empèche, le groupe est aussi efficace pour balancer d'entrée de jeu un titre éponyme qui dépote (à la sauce sudiste), ou des ballades un poil pompeuses que ne renierait pas Aerosmith (« Ready To Fly », ou « Something to Live for »). « Mississipi Blood » enfonce le clou, un poil country, rock sudiste, accrocheur et mid tempo. N'oublions pas un « Honey Hole » au sonorités Hard Rock, qui flirte avec Led Zeppelin.

Lynyrd Skynyrd a beau se cantonner à une figure de style il ne néglige pas toutes les variantes, et délivre des compos aux tempos variés qui ne devraient pas laisser indifférents les amateurs du genre (« Good Teacher » devrait inciter à marquer le ryhtme en cadence). Le groupe assume ses choix et les revendique d'emblée avec un titre d'album qui souligne une nouvelle fois (à l'instar d'« Endegered Species » ou « Street Survivors » pour ne citer qu'eux) son appartenance à une espèce menacée. Le titre final rappellera d'ailleurs que le groupe sait d'ou il vient et qu'il n'a pas remisé la slide au placard. Au delà d'une volonté de viser un large public, le son moderne et bien léché pourrait interpeller les plus jeunes. Reste à convaincre les quelques mauvaises langues qui prétendent que le groupe ne s'est jamais remis du crash de l'avion… ce sera une autre paire de manches, un peu vaine. Pour ma part ces 45 minutes défilent agréablement, sans accroc. Plutôt appréciable de la part d'une légende qui n'a plus rien à prouver depuis un bail. Certains devraient en prendre de la graine.

Hamster (07/10)

 
 
 
Roadrunner Record / 2012
 
Tracklist (45)
01. Last Of A Dyin' Breed 02. One Day At A Time 03. Homegrown 04. Ready To Fly 05. Mississippi Blood 06. Good Teacher 07. Something To Live For 08. Life's Twisted 09. Nothing Comes Easy 10. Honey Hole 11. Start Livin' Life Again
 

Saturnian – Dimensions

Saturnian est un quintet originaire du Royaume Uni fondé en 2010, qui commence à faire parler de lui Outre Manche, notamment depuis qu'il a remporté un concours au Bloodstock festival. Le groupe dispense une mixture connue et sans prise de risque, du Black Metal Symphonique, pompeux, agrémenté de nappes de claviers un brin dégoulinantes, et des choeurs féminins éthérés. 
Sans oublier un chant black (qui a dit Shagrath  ?), un mur de guitares et une section rythmique qui mouline. Le groupe explore un sillon bien creusé par d'illustres prédécesseurs. Cela rappelle furieusement Dimmu Borgir, le groupe déroule son interprétation au taquet pendant près d'une heure, pendant laquelle on peut déplorer une production inégale et surtout une absence quasi totale de personnalité de la part du combo.  Le groupe fait bien une brève incursion Heavy Metal sur le titre "Shadow Of Prophecy", mais cela demeure bien trop timide. Alors c'est évident, le groupe n'a rien d'une bande de manchots, les envolées agressives sur "Into Etheria" font mouche, mais Saturnian ne délivre aucun titre majeur qui puisse susciter réellement de l'intérêt. Maîtriser son sujet est une chose, mais apporter sa pierre à l'édifice semble encore hors de portée pour cette jeune pousse.
 
Hamster (05/10)
 
 
Indie recordings / 2012
 
Tracklist (57:13)
1.Construct: Illusion 2.Into Etherea 3.Aphotic 4.Eternal Eclipse 5.Shadow of Prophecy 6.Traces From the Past 7.Dimensions 8.Origins of the Future 9.The Immaculate Deception 10.Wreathed In Flame (Bonus Track)