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Dew Scented – Icarus

Leif Jensen, seul rescapé du line up d'origine du groupe allemand, a beau affirmer que le neuvième album de Dew Scented revisite en le modernisant le mythe d'Icare, avouons le, on s'en fiche un peu. 
Leif, faut te faire une raison, tu peux parler de la pluie, du beau temps dans tes compos, mais ce qu'on cherche avant tout dans une galette de Dew Scented c'est une volée de baffes, du thrash qui dépote, un défouloir pour déboucher en cadence les conduits auditifs en somme.
La recette de Dew Scented, on la connait par coeur depuis un bail, un thrash à l'ancienne inspiré de Slayer asséné avec constance depuis les débuts du groupe. Un album dont le titre commence toujours par la lettre I. Le même illustrateur pour les pochettes d'album.   
Au fil du temps on aura constaté une amélioration de la production des albums qui ont le pouvoir de déboucher n'importe quel conduit auditif encrassé en un temps record. Quelques rares envolées mélodiques à la guitare. Parmi les constantes, on retient également l'acharnement de Leif à torturer ses cordes vocales. 
En revanche c'est encore la grande lessive du côté du line up, la promotion 2008 à fait ses valises, et Leif est entouré de nouveaux musiciens. Les plus vigilants d'entre vous remarqueront tout de même que le guitariste Martin Vriesde de Severe Torture n'est pas un inconnu pour Dew Scented qu'il a dépanné en tournée à plusieurs reprise. 
Au rayon invités sur l'album, ils sont trois à participer à la cuvée 2012 : Rob Urbinati (Sacrifice), qui renvoie l'ascenseur, alors que Dew Scented avait fait une reprise de Sacrifice en 1999. Présent également le guitariste Dennis Schneider (Final Breath) qui lache quelques solis mélodiques sur deux titres. Enfin, Dan Swano vient pousser la chansonnette sur « Reawakening ». 
Au delà de ça, Icarus devrait provoquer les mêmes réactions que les chapitres précédents, rejet en bloc des réfractaires épineux allergiques à un thrash metal un poil répétitif, et satisfaction des fans qui savent à quoi s'attendre. 
Ces derniers pourront se réjouir une fois encore, quoiqu'il arrive, malgré les changements de personnel, de label, la crise économique, le dérèglement climatique, l'énergie du groupe demeure intacte. Les riffs incisifs sont toujours présents et les compos tabassent. Le potentiel agressif de Dew Scented n'est pas entamé le moins du monde. Avec une dizaine de titres solides et percutants, Dew Scented assure l'essentiel.
 
Hamster [08/10]
 
 
 
 
 
Metal Blade Records / 2012
 
Tracklist: (43:12) : 1. Hubris 2. Sworn To Obey 3. Thrown To The Lions 4. Storm Within 5. Gleaming Like Silver 6. By My Own Hand 7. The Fall of Man 8. Reawakening 9. Destined to Collapse 10. A Final Procession 11. Perpetuated

Oomph! – Des Wahnsinns Fette beute

Oomph! ce trio précurseur d'un genre, « Neue Deutsche Härte », qui a inspiré Rammstein, et dont le compteur affiche bientôt 25 années de carrière, sort un 11ème album qui marque une rupture plus franche que par le passé avec le metal. C'est un nouvel horizon vers lequel le trio nous a quitté. Mais cette tentation ne date pas d'hier, le groupe à parfois frôlé la guimauve sans vraiment s'y vautrer.
Cette fois, c'est chose faite, et Oomph! ne fait pas les choses à moitié. Les nostalgiques du temps ou le groupe teuton mettait au premier plan les guitares saturées seront frustrés, seul le titre qui ouvre l'album Unzerstöbar possède une tonalité rock qui rappelle vaguement le bon vieux temps.
Le reste de l'album bascule dans une autre dimension qui fera fuir tout amateur de metal. En revanche Oomph! s'adresse aux amateurs d'électro, de pop, avec une prédilection pour la tendance qui fait remuer le postérieur sur une piste de danse. Malheureusement durant l'heure qui s'écoule on subit l'anecdotique ("Kosmonaut", "Unendlich"), les titres s'enchainent et sont aussitôt oubliés. Oomph! a fait le choix de proposer une imposante  quantité de titres dont certains auraient pu être mis de côté ou retravaillés. Il n'en demeure pas moins que le groupe n'a pas tout jeté aux oubliettes, l'humour est toujours bien présent dans les textes des compos (Bonobo pour n'en citer qu'une). On retiendra également que le trio s'est encore cassé les dents au délicat exercice de la reprise. C'est "Small Town Boy" (Bronski Beat) qui se retrouve trituré à la sauce teutonne pour les textes, et en mode techno binaire avec de gros sabots pour ce qui sert de contexte musical. Le genre qu'on n'apprécie qu'après trois grammes d'alcool dans le sang, en dessous c'est assez désagréable. D'ailleurs pour les fêtards alcoolisés qui apprécient les chorales, il y a bien un titre qui peut convenir. Dans une optique traditionnelle, le chant de marin de Seemansrose permet de se détendre, c'est Oomph! qui fournit l'accordéon… Le groupe vise un public plus large, c'est entendu, et ce n'est pas nouveau. Le groupe offre un produit fourre tout au son léché, avec un Dero qui ne démérite pas au chant. Mais on ne peut que déplorer la mise en rencart de la guitare qui ressort épisodiquement ("Unzerstorbar", "Futter Mich").  D'un strict point de vue metallique, c'est une bouillie auditive. Pour les plus ouverts, y a de quoi remuer le derrière en cadence en ayant le sourire. Pour le moins léger. Très léger.
 
Hamster (03/10)
 
 
Colombia – Sony Music / 2012
 
Tracklist (une heure) :
1. Unzerstöbar 2. Zwei schritte vor 3. Such mich find mich 4. Bis der spiegel zerbricht 5. Die Geister die ich rief 6. Bonobo 7. Deine Eltern 8. Kleinstadtboy 9. Regen 10. Kosmonaut 11. Komm zurück
12. Aus meiner haut 13. Seemannsrose 14. Unendlich 15. Fütter mich 16. Der Tod ist ein Herzschlag entfernt

Naumachia – Black Sun Rising

Naumachia refait parler de lui avec un album sorti en 2009… Alors que le groupe originaire de Pologne s'est établi en Norvège pour bosser sur un quatrième album avec son nouveau batteur, Anders Johansen  Dans le même laps de temps, le label Witching Hour en profite pour faire parler du groupe en donnant une seconde chance au troisième album Black Sun Rising.
Dans cet opus le groupe opère une synthèse à priori pas évidente sur le papier. Naumachia combine plusieurs styles, une bonne dose de Death et de Black Metal, une nappe de synthétiseurs à la sauce Fear Factory, un soupçon de mélodies. Ajoutez en prime un son au poil, élaboré au studio Herz de Bialystok qui a vu passer dans ses murs toute la crème du metal polonais (Vader, Behemoth, Vesania). 
Reste à bien accrocher vos conduits auditifs, Naumachia envoie le son qui colle aux murs pendant une petite quarantaine de minutes et n'allez pas vous imaginer une seconde que les claviers vont ramollir la mixture. Le groupe possède toute la palette de destruction auditive et s'en sert à bon escient. 
Difficile de rester insensible à la volée de blasts et de baffes d'un titre comme « Egomaniac Frenzy »,  puissant et intense. L'air de rien la recette est efficace au point de laisser défiler l'album sans ennui aucun, les 9 compos proposées par le groupe sont accrocheuses, cela dit certains refractaires aux synthés devraient grincer des dents lorsque ceux ci sont employés en dehors des intros. Les autres pourront apprécier l'emploi de ces instruments pour poser une ambiance glauque et sombre (« Mortification Study » en est un bon exemple, mid tempo et dans une tonalité décalée, ni Black, ni Death à l'horizon, les accros aux étiquettes voyez du côté du lounge comme on dit chez Fur TV). Avec une solide base Black / Death metal, Naumachia ne s'est pas contenté de suivre les traces de ses glorieux ainés et propose une recette qui tient solidement la route. Avis aux amateurs.
 
Hamster [08/10]
 
 
 
Witching Hour / 2009
 
Trakclist (42 minutes) : 1. Inward Spiral 2. Egomaniac Frenzy 3. Mortification Study 4.Voreristic Life Abuser 5. Fornicatrix 6. Iconography of Pain 7. Sedated Daimona 8. Abreaction 9. Act of Renunciation