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Parfois la chronique d'album relève de la recherche archéologique, je vous arrête tout de suite, n'y voyez pas là une once de commentaire désobligeant à l'égard de Madame Sabina Classen, fondatrice émérite du club des chanteuses agressives, bien avant sa consoeur rauque Angela Gossow. Ainsi ce groupe pionnier du Thrash metal, resté dans l'ombre de Sodom et Kreator ou Destruction, se livre à l'exercice du double album compilant les "très meilleurs de la crème des titres du groupe". Faut bien l'avouer, je n'aime pas cet exercice si souvent apprécié des labels désireux d'en finir avec un contrat discographique. D'autant plus qu'Holy Moses à déjà eu droit à son Best Off il y a bien deux décennies. 
Alors bien sûr, Holy Moses pourra toujours nous dire qu'il à procédé autrement en faisant le choix de réenregistrer une tripotée de titres histoire de leur donner une seconde jeunesse, et avant tout un son moderne et moins sorti du garage que dans les années 80. C'est pas faux.
Néanmoins les choix faits en matière de production tendent à rendre l'ensemble assez linéaire. Bon, il faut y voir aussi l'occasion pour le nouveau batteur de se familiariser avec le répertoire préhistorique du groupe. On se retrouve avec 20 anciens morceaux exhumés, ce n'est jamais simple de faire des choix dans ce cas de figure, cela étant on trouvera sans doute certains fans déçus de ne pas y trouver leur compte.
Mais cela n'a rien de dramatique dans la mesure ou ce type de compilation ne s'adresse pas en priorité à eux, qui possèdent déjà les disques dont les titres sont remis au gout du jour. En tout cas on y trouvera tout de même de quoi se faire une idée de ce qu'à pu produire le groupe sur une longue période, de 1986 à 2005. Anciens titres auxquels vous ajouterez deux inédits, énergiques, mais qui manquent singulièrement de fraicheur. En tout cas vous voilà lesté avec un gros casse croute auditif qui tabasse en continu. Au delà de ça, les amateurs de thrash à l'ancienne, musclé, mais un poil daté, pourront se satisfaire de cette carte de visite. Si vous faites partie des quelques chevelus qui possèdent l'intégralité de la discographie du groupe, l'intérêt est très très relatif, ça manque notamment de titres joués sur scène et d'inédits supplémentaires pour emporter vraiment le morceau. Avis aux amateurs.
 
Hamster (07/10) 
 
 
 
 
 
Steamhammer/SPV 2012
 
Tracklist (85 minutes environ)
CD 1 1. Clash My Soul 2. Jungle Of Lies 3. Finished With The Dogs 4. Symbol Of Spirit 5. World Chaos 6. SSP 7. Borderland 8. Lost In The Maze 9. Walpurgisnight 10. Welcome To The Real World 11. Near Dark
CD 2  1. Reborn Dogs 2. DefCon II 3. I Feel Sick 4. Nothing For My Mum 5. Disorder Of The Order 6. Corroded Dreams 7. Entering The Now 8. Creation Of Violation 9. Panic 10. Decapitated Minds 11. Master Of Disaster

Spawn Of Possession – Incurso

Spawn Of Possession sort en 2012 son troisième album, ce qui peut paraitre bien peu compte tenu du fait que le groupe originaire de Kalmar (Suède) sévit depuis 1997. Je vous épargne les nombreuses péripéties du côté du line up, on retiendra que seuls Jonas à la guitare et Dennis Rondum (ex batteur et désormais vocaliste) sont les seuls rescapés depuis les débuts du groupe. Auprès desquels ont peut signaler la présence de l'ex-Obscura Christian Muenzer à la guitare et de l'ex bassiste de Blood Red Throne Erlend Caspersen. Du solide et expérimenté. 
Le groupe de Death Metal technique sort sa première livraison sous l'égide de Relapse records, l'occasion pour les suédois de sortir d'un relatif anonymat dans un style ou la concurrence est forte. Difficile dans ce cas de figure de se distinguer, néanmoins le groupe sort son épingle du jeu, gardant le cap à défaut de révolutionner le genre. Il fait la preuve de la maîtrise totale de son sujet. Une maîtrise qui fait défiler le temps d'écoute à toute vitesse, les 52 minutes déroulent sans accroc.
On a affaire à du solide, un rouleau compresseur qui fonce tout en soignant bien sa ligne de conduite. Le groupe se paie le luxe de proposer des compos longues sans susciter l'ennui. Comme en témoignent les accrocheuses et dévastatrices The Evangelist et Apparition (qui conclut magistralement l'album). Voilà des compos longues qui dépassent allègrement les 8 minutes au compteur, ou Spawn Of Possession affiche une très solide démonstration technique sur tous les plans, mais démontre également une habileté certaine à installer une atmosphère glauque en toile de fond (avec un soupçon de claviers). 
Dans un registre plus direct (mais sans négliger la technique), Deus Avertat s'impose comme un déluge sonore dont l'impact ne laissera pas indifférent. Il est évident que le parti pris du groupe, qui mèle des influences tirées de la musique classique, du progressif et du death metal un poil brutal,  n'est pas le plus aisé pour conquérir les hordes de chevelus adeptes de metal facile d'accès. Pour autant les amateurs du genre, ou d'un Necrophagist (pour n'en citer qu'un) seront comblés par un album solide et sans temps mort. Avec Incurso, Spawn Of Possession place la barre très haut et cette galette peut s'imposer comme une des plus solides sorties du style en 2012.
 
Hamster (09/10)
 
 
 
 
Relapse records / 2012
 
Tracklist (52 minutes) 01. Abodement 02. Where Angels Go Demons Follow 03. Bodiless Sleeper 04. The Evangelist 05. Servitude of Souls 06. Deus Avertat 07. Spiritual Deception 08. No Light Spared 09. Apparition 

God Forbid – Equilibrium

L'intégrité du groupe en raison de son line up inoxydable est devenue une légende urbaine depuis le départ de Dallas Coyle peu après la sortie de Earthblood. Le reproche du principal intéressé aux autres membres du groupe, l'absence de prise de risque et le cantonnement à une recette balisée et sans surprise, me revient sans cesse aux oreilles alors que le sixième album déroule. Premier album sous l'égide de Victory Records, il est pour le moins déroutant, on se demande parfois ou est passé Byron au chant (il lui arrive de se retrouver en avant sur A Few Good Men), Doc Coyle ayant pris le parti d'accentuer les parties de chant clair (il force le trait pour compenser l'absence du frangin au chant). Et l'air de rien cela rend le propos moins percutant, voire fade. 
Côté guitares Matt Wicklund (ex Himsa) apporte son savoir faire en matière de riffs qui tranchent, sans pour autant apporter quelque chose de plus que Dallas dans ce registre. L'album laisse une impression mitigée, trop de compos manquent de souffle et se trainent. Comme en témoigne cet interminable tunnel : My Rebirth et son chant déséquilibré, Scraping The Walls qui se lambine sur un couplet mélodique banal, Conquer ennuyeuse malgré son aggressivité, Equilibrium remporte la palme de la compo qui dégouline malgré les rares tentatives de Byron de rehausser la dose de testostérone au chant. 
Il faut attendre Overcome pour avoir un sursaut ou l'on retrouve le groupe au meilleur de sa forme, ou le subtil équilibre entre brutalité et mélodique défile naturellement entre les conduits auditifs. Cornered entretient la flamme, ou le groupe laisse entrevoir qu'il est encore capable de cogner efficacement. La compo la plus percutante de l'album.
La fin d'Equilibrium est plus inégale après ce sursaut d'orgeuil, Move One et Pages sont moins intenses mais restent accrocheuses. L'instrumental Awakening n'a rien de très captivant et sert d'intro a Where We came From qui achève l'album. Un dernier morceau énergique pour terminer sur une bonne note. Au final le cru 2012 de God Forbid laisse à désirer, en raison de la présence trop importante de déchets, 6 titres sur 13 qui décoivent, peu de sursauts d'orgueil (3 titres dont l'ouverture) et 4 qui tiennent la route. De la part d'un groupe qui nous avait habitué à l'excellence, le constat est net, la baisse de régime se confirme.
 
Hamster (06/10)
 
 
Victory records / 2012
 
Tracklist (53 minutes):
01. Don’t Tell Me What To Dream 02. My Rebirth 03. A Few Good Men 04. Scraping The Walls 05. Conquer 06. Equilibrium 07. Overcome 08. Cornered 09. This Is Who I Am10. Move On 11. Pages 12. Awakening 13. Where We Come From