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Suidakra – Crogacht

Suidakra-CrogachtOn peut avoir des habitudes avec Suidakra, forcément, ils sont dans les parages de la scène metal folk depuis 1994 et ont à leur actif huit albums sans compter le petit dernier que voici dans les bacs. A la première écoute, en fond sonore, on se dit qu'ils se foutent un peu de nous les teutons avec cette production loin de rivaliser avec les poids lourds du metal. Et le son de la caisse claire dans les parties rapides agace plus qu'elle ne séduit. Mais foi de chroniqueur poilu, pas question d'opter pour un jugement hâtif ! On pouvait également avoir quelques inquiétudes sur la créativité du groupe en raison de l'absence de Marcel (guitare et chant clair). Cette fois c'est un trio à part entière qui poursuit l'aventure.

Dissipons le doute d'entrée, Arkadius a pris le relais, sans laisser libre cours à un ton plus extrême et le groupe n'a rien perdu de ce côté là. En toile de fond de la musique pagan folk un poil black death, rien de moins qu'un mythe celtique, cela ne manque pas de courage (c'est le titre de l'album en gaélique d'ailleurs) et d'ambition : on a donc droit à l'histoire légendaire de Cuchulainn qui rencontre sur l'île de Skye Scáthach qui lui apprend l'art de la guerre, ajoutez un soupçon de tragédie en prime, voilà pour l'histoire.

Côté musique, au delà de la production parfois un poil brouillonne dans les passages rapides, l'album est dynamique et accrocheur et en prime varié. Morceaux agressifs tel « Conlaoch » cotoyent des morceaux instrumentaux « Ár Nasc Fola », et l'inévitable cornemuse est bien de la partie. On retrouve également un morceau plus folk que metal – « Feats of War » – avec une demoiselle au chant. C'est sûr, Suidakra n'est pas le premier groupe à aborder cette légende celtique, mais il l'aborde en proposant un album solide et épique. L'équilibre entre les parties agressives et mélodiques est au poil et les Allemands nous livrent ici un album tout en fait recommandable, qui ne devrait pas ébouriffer les amateurs du groupe. Quant à savoir s'il est meilleur ou moins bon que Caledonia, à vous de juger…

Hamster (08/10)

 

 www.suidakra.com

 www.myspace.com/suidakra

Wacken Records / SPV 2009

Tracklist (41:16) : 01. Slán 02. Conlaoch 03. Isle of Skye 04. Scáthach 05. Feats of War 06. Shattering Swords 07. Ár Nasc Fola (instrumental) 08. Gilded Oars 09. Baile's Strand

Isole – Silent Ruins

isole_silentruinsVoilà un groupe qui ne chôme pas, depuis ses débuts à l'orée des années 90, Isole aligne pas moins de 4 démos, et désormais 4 albums ! Un an après Bliss Of Solitude, le groupe de doom metal épique remet le couvert.
Au menu, toujours la même recette, le groupe semble bien décidé à marquer de son empreinte le doom metal épique et mélodique, lourd et lent, poursuivant son périple sur les traces des Candlemass et autres Solitudes Aeternus, sans prise de risque aucune.

L'exécution est encore une fois au poil, rien à redire, les vocalises mélodiques, la section rythmique qui alourdit le propos, les rifffs de guitares lourds cotoyent des envolées planantes, et dans l'ensemble les parties mélodiques aux claviers sont propres sur elles, bref tout fonctionne. Et pour finir le chant death ne fait une apparition intense qu'au beau milieu du morceau "Dark Clouds".

La production et le mix assurés par le groupe sont une fois encore réussis. Mais une fois de plus, l'ensemble est un peu lisse, rien ne sort vraiment du lot . Le groupe se contente – avec talent – de reprendre des formules usées jusqu'à la corde sans apporter sa pierre à l'édifice. Dommage que les suédois se contentent de cela, alors qu'ils affichent un potentiel bien supérieur. Toutefois, à défaut d'originalité, les amateurs de doom devraient encore une fois apprécier un tel album.

Hamster (07/10)

http://forevermore.se

www.facebook.com/Isoleofficial

Napalm Records / 2009

Tracklist (53:53) 01. From The Dark (11:02) 02. Forlorn (6:46) 03. Nightfall (6:57) 04. Hollow Shrine (6:55) 05. Soulscarred (6:26) 06. Peccatum (4:01) 07. Dark Clouds (11:43)

 

 

Lamb Of God – Wrath

Une intro acoustique qui ne tarde pas à laisser la place aux guitares saturées, fait un poil inhabituel de la part des ricains. On commence en douceur pour balancer un uppercut en pleine poire avec « In Your Words ». De ce côté la c'est sans surprise, Lamb Of God n'a rien perdu de son agressivité, d'ailleurs l'accent est clairement mis sur cet aspect dans l'album (« Set To Fail » est particulièrement efficace). Parfois le groupe cède à la facilité et livre des titres qui n'apportent pas grand chose au delà d'une aggressivité débridée (« Contractor », « Fake Messiah »). Un petit moment de grace ou le groupe remet une intro acoustique, mais cela ne dure guère, tant la volonté de brutaliser et d'accélérer le tempo est manifeste. Pour autant, « Shoulder Of Your God », au rythme moins relevé, est une conclusion percutante (moins brouillonne que Reclamation), c'est satisfaisant pour celui ou celle qui possède l'édition limitée.

La production est plus rugueuse, à côté de Sacrament on a parfois l'impression que l'album n'a pas été autant travaillé, que la finesse est passée à la trappe. Il y avait un petit côté implacable qu'on ne retrouve pas cette fois à l'écoute. Par ailleurs, l'écart se creuse entre Randy Blythe et c'est comparses et c'est un peu gênant, tant le niveau des musiciens demeure élevé tandis que leur vocaliste ne fait pas le moindre effort au delà de malmener ses tripes et cordes vocales (on ne lui demande pas non plus de nous la jouer chanteur d'opéra mais son registre est bien faible). Comme à son habitude, le groupe n'échappe pas à certaines influences de la bay area (Metallica à l'ancienne, Megadeth…) ou à Pantera (« Dead Seeds »).

On peut comprendre que Lamb Of God donne des gages de brutalité, histoire d'affirmer (comme Pantera par le passé) qu'il ne se ramollit pas au fil des Grammy Awards, ventes de disques par palettes, disques d'or et tournées triomphales, mais fallait il vraiment revenir avec une production aussi écorchée ? Sacrament n'avait rien d'un album trop lisse sur ce point, il équilibrait l'agressivité avec un son au poil, c'est une différence pas négligeable l'air de rien… A défaut d'avoir un nouvel album incontournable, Lamb Of God nous offre un bon défouloir.

Hamster (07/10)

www.lamb-of-god.com/

Roadrunner – 2009

Tracklist (55:24)

01. The Passing 02. In Your Words 03. Set To Fail 04. Contractor 05. Fake Messiah 06. Grace 07. Broken Hands 08. Dead Seeds 09. Everything To Nothing 10. Choke Sermon 11. Reclamation 12. We Die Alone* 13. Shoulder Of Your God* * ed. limitée