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Cavalera Conspiracy – Inflikted

Les deux frères Cavalera à nouveau réunis – hors de Sepultura – c'est forcément un événement, restait à savoir si sur le plan musical l'inspiration serait au rendez-vous. La réponse est sans appel après quelques écoutes de l'album, qui s'avère nettement supérieur à tout ce qui a été produit depuis 12 ans par les frangins, que ce soit Soulfly, Sepultura… La recette : Sepultura, cela s'impose vu le parcours des frangins, et la surprise de ce point de vue vient du fait que cela rappelle la période précédant le succès mondial de l'album Roots et ses sonorités tribales.

On revient au Death Metal venimeux d'antan, avec un son énorme, mais peut être un poil trop clinique. Ajoutez un soupçon de Soulfly, une bonne dose de punk et voilà un album qui saccage tout sur son passage. Et l'exécution est implacable, on retrouve le jeu de batterie d'Igor à son meilleur niveau (et mis en avant, c'est dévastateur sur « Terrorize »), force est de constater qu'il ne s'est pas rouillé bien au contraire, Marc Rizzo aligne une bonne quantité de riffs death / thrash bien sentis sans négliger des solis qui aérent ce rouleau compresseur qu'est Inflikted. Quant à Max, ses vocalises demeurent son point fort (les paroles sont toujours simplistes mais après tout cela fait partie de la marque de fabrique). À la basse on note une apparition de Rex Brown (Pantera) et, sur l'ensemble de l'album, de Joe Duplantier (Gojira). Un retour en forme et en force pour les deux frangins qui ne devrait pas laisser indifférents les fans de Sepultura qui désespèrent de voir le groupe réuni…
 
Hamster (08/10)
 
 
Roadrunner Records / 2008
 
Tracklist (43:35) 01. Inflikted 02. Sanctuary 03. Terrorize 04. Black Ark 05. Ultra-Violent 06. Hex 07. The Doom Of All Fires 08. Bloodbrawl 09. Nevertrust 10. Hearts Of Darkness 11. Must Kill

 

Sahg – II

sahg2Et voilà le second chapitre discographique des norvégiens de Sahg (qui, rappelons le, exercent leurs talents chez Gorgoroth, Audrey Horne et Manngard). 
Sobrement intitulé "II", il ne recèle pas de surprise majeure, si ce n'est le son : la production a été confiée à Rob Caggiano (ex Anthrax), et c'est sans conteste le point fort du disque, bien plus costaud à l'écoute que le premier album ou c'était avant tout brut de décoffrage.
La recette pour sa part, n'a pas variée d'un poil : un habile mix entre Led Zeppelin et Black Sabbath, des arrangements solides, mais désormais un tantinet prévisibles. On retiendra un grand délire mystique avec le morceau The Conscious Sleep, qui n'a rien à envier à l'intro du premier album. Au fond le groupe s'est livré à une variation autour de ce qu'ils avaient sorti en 2006. 
Ainsi, le morceau No Quarter du dirigeable plombé semble toujours les obséder (comme en témoigne le chant sur Escape The Crimson Sun). Côté hommage Black Sabbath, on pourra constater que le mimétisme se porte à merveille sur le morceau Pyromancer, plutôt dynamique. En revanche le final (Monomania) s'apparente à un jam sous acide qui sera sans doute interminable (10 minutes tout de même) pour tout metalleux insensible au metal qui ne fait pas semblant de planer. Assez proche de The End des Doors pour le coup.
Solide et efficace, c'est ce que l'on pourra retenir (à l'issue d'un certain nombre d'écoutes) d'un groupe qui s'est définitivement paumé quelque part au milieu des années 70, et qui livre une nouvelle fois un tribute aux pères fondateurs qui ne frôle pas le ridicule, loin de là. A défaut de bouleverser la scène metallique, c'est bien ficelé et accrocheur, mais l'effet de surprise du premier opus est éventé.

Hamster (07.5/10)

www.sahg.no 

www.facebook.com/Sahgband

Regain Records 2008

Tracklist (48:40) 
01. Ascent to decadence 02. Echoes ring forever 03. From conscious sleep 04. Star-crossed 05. Escape the crimson sun 06. Pyromancer 07. Wicked temptress 08. By the toll of the bell 09. Monomania

 

Corporation 187 – Newcomers Of Sin

corpo187_newcomersEn toute franchise, j'avais complètement oublié l'existence de ce groupe, au point de penser qu'il avait dû splitter au nom des traditionnelles "divergences musicales", prétexte qui a bien souvent fait sombrer nombre de combos prometteurs. Depuis 2003 pas la moindre nouvelle, le groupe a voulu faire le point en gardant le silence, changeant de label, en passant de Wicked World (filiale d'Earache) qui avait sorti leurs deux premiers albums, à Anticulture qui leur a sans doute promis de s'occuper un peu plus d'eux en terme de promotion.

C'est certain, Corporation 187 (référence à l'article du code pénal nord américain, l'article 187 traite du meurtre, là vous avez tout le programme poétique du groupe), à réussi à se faire discret. C'est une prise de risque de la part d'un groupe qui n'était pas établi, mais logique dans la mesure où il faut bien l'avouer, la réputation des suédois n'allait pas très loin. Efficace petit cousin hargneux de The Haunted (pas étonnant de la part d'un ex tribute band de Slayer) et d'autres groupes de death mélodique suédois, un savoir faire évident mais pas très original. Voulant éviter de rester relégué derrière toute la tripotée de groupes de Gothenburg, Corporation 187 a opéré un virage radical de son orientation musicale.
Que reste-il de la formule de départ ? Au delà de l'artwork, qui est encore une fois signé de Niklas Sundlin…. on retrouvera une bonne dose de thrash metal, une pincée de death mélodique, mais l'ensemble de ce troisième album est nettement plus venimeux (en particulier du côté des vocalises). Les suédois ont ajouté à leur recette du black metal, qui s'incorpore comme il faut aux compos. La production est solide et l'album ne faiblit pas tout au long de l'écoute. Les variations de tempo prennent à la gorge, et quand le groupe se làche pour balancer un bon uppercut sonique, c'est efficace. 
Le groupe a gagné en maturité, et n'est plus seulement une bête fauve qui livre un death mélodique somme toute classique et qui a été rabaché maintes fois par nombre de confrères plus prestigieux. Les suédois ont construit un album passionnant, dont les passages les plus intéressants ne sont pas forcément les plus rapides qui tabassent, la lenteur du titre éponyme illustre toute la maîtrise du groupe (pas loin de l'intensité du dernier effort de The Haunted sans que cela sonne comme une vulgaire copie). Et Corporation 187, exécute d'autres titres lourds et écrasants sans faillir, tel Procession, qui en impose avec une atmosphère malsaine bien ficelée. A l'écoute de Newcomers Of Sin, on comprend d'autant mieux la remise en question des Suédois qui livrent aujourd'hui un album abouti. Ils ont réussi à sortir du carcan et leur retour est des plus prometteurs.

Hamster (08/10)

https://myspace.com/corporation187

Anticulture records / 2008

Tracklist (43:21) 01. Provoking The Prophet 02. Newcomers Of Sin 03. My Sickness 04. Question The Light 05. Suffer As One 06. Teaching The Sick, Feeding The Dead 07. Procession 08. Madhouse 09. Cardiac 10. In The New Messiah 11. Virus Nation