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Avantasia – Tobias Sammet, décembre 2007

De passage à Paris au mois de décembre 2007 pour présenter ce troisième chapitre de son projet Avantasia, le Hamster est allé le questionner :

C'est une petite surprise, il me semblait que le deuxième album d'Avantasia signifiait la fin de ce projet non ?
Tobias : C'est vrai, le deuxième signifait la fin de l'histoire entamée avec le premier album, et en plus j'ai dit et répété que c'était terminé avec ce projet. Il y a 6 ans, ce que j'en avais retenu c'était le stress immense de toute cette expérience.

C'était une grosse machinerie et à ce moment là je n'en voyais que les aspects négatifs qui m'avaient mis à genoux. La maison de disques attendait une grosse production, un grand truc, ils m'avaient payé en conséquence et j'avais à le faire. Il y avait tout un tas de petits problèmes à gérer qui s'accumulaient.
J'étais en fin de compte heureux d'en avoir fini, d'être vivant et de ne pas avoir succombé à une crise cardiaque ! Et j'étais malgré tout content du résultat, même si je me disais plus jamais ça !!!

Et puis en discutant avec des amis, ils m'ont dit que c'était idiot de ne pas y réfléchir, dès lors que j'avais plus d'expérience, un budget plus important, le feu vert de la maison de disques… Et puis il y a Sascha Paeth. Et puis j'avais ce nom, Avantasia, qui colle si bien pour faire du metal accrocheur. Et il y a tant de gens qui on prêté attention à cee projet que forcément j'étais en train d'y réfléchir à nouveau en positif. Là j'ai demandé à Sacha s'il était intéressé, il répondu "évidemment, je suis partant".

Tout le monde autour de toi avait plutôt l'air de penser que tu allais forcément le faire…
Tobias : C'est certain, les potes essayaient de me convaincre depuis un bail, et voilà qu'ils me disaient tous "on le savait bien que tu allais le faire". Et moi je leur répondu bande d'enfoirés jje n'envisageais vraiment pas de le faire… Par moment j'avais quelques craintes avec "Avantasia le retour", je ne voulais pas bousculer mes priorités, mon agenda. C'était comme se dire que tu as deux enfants et que tu dois en choisir un en priorité. Finalement cela s'est mieux passé que prévu, ce n'est pas comme Edguy, tu n'as pas un groupe à gérer, les obligations qui vont avec, notamment en termes de tournées. Je peux le faire si j'en ai envie, ni plus ni moins, il n'y a aucune obligation. Et c'est cela qui m'a convaincu, il n'y a pas la contrainte de devoir sortir un album tous les deux ans, et de tourner pendant des mois.

L'année dernière il y avait des rumeurs sur ton décès présumé et ton coming out, maintenant certains fans parlent de ta place dans la musique, de ton attirance pour Bon Jovi et Bryan Adams…
T : Oui c'est vrai je suis bien gay et mort comme tu le vois ! Evidemment dans la vie tu évolues, ce qui ne veut pas forcément dire qu'au fil des ans tu t'éloignes du metal. Mais surtout cela signifie que tu es plus confiant pour faire ce que tu ressens. Alors j'adore le heavy metal, mais tout un tas d'autres choses. Et je n'ai jamais opposé le fait que j'aimais Iron Maiden et Bon Jovi aussi ! Notamment Slippery When Wet, je n'ai pas de problème à le dire, ce n'est pas mon enemi public numéro un ! J'ai toujours composé des chansons rapides, et d'autres plus lentes.
Et je pense d'ailleurs que le nouvel album est très varié de ce point de vue. Et tu vois une composition comme Lost In Space, il y a un tas de groupes de heavy metal qui n'auraient pas le cran de compose une telle chanson. Uniquement par trouille de se prendre des commentaires désobligeants remettant en cause leur attitude metal !

Tu n'en as pas marre parfois de devoir te justifier ?
T : Bien sûr ! J'en ai marre, même si je peux comprendre que certaines personnes demandent des explications, et je ne veux pas détruire les illusions de certaines à mon sujet en même temps. Alors je dois le dire prudemment, ne pas m'emporter en leur disant que le metal c'est de la merde et qu'il y a tout un tas de musiques au delà. J'ai toujours aimé Dio, Maiden, Helloween, mais aussi Journey, Adams, Def Leppard, Brian May ! Et la vie de Brian ! (rires)

Les Monthy Python ça c'est pas une surprise !
T : Exactement (rires) ! Je les aime tous ! Et je suis en paix avec moi même tu vois ? Je peux hair un tueur en série, mais pas quelqu'un qui joue de la musique que je n'apprécie pas, c'est au delà de la compréhension pour moi ça. C'est infantile.
J'espère simplement que les gens écouteront l'album avec l'esprit ouvert, parce que la fin, The Scarecrow est heavy metal, il n'y a que deux ballades ! (rires).

Tu le disais, l'album est très varié, et il y a les invités, et il y a cette chanson interprétée par Alice Cooper , The Toy Master.
T : Je pense que c'est une grande chanson, que je n'aurais pas été capable de composer il y a 6 ans tu vois. Je ne veux pas dire que les chansons des premiers albums d'Avantasia étaient mauvaises, ni celles d'Edguy, mais c'était moi à un moment particulier. C'est une chanson qui demande pas mal de maturité, pas mal d'experience.

Tu ne crains pas de composer de chansons qui pourraient coller à Edguy plus qu'à Avantasia ?
T : non je pense pas en ces termes, je les écris et elles sont à leur place, elles conviennet bien à Avantasia, et je ne songe pas à Edguy à ce moment là. Je vis au présent je me ne demande pas ce qui devrait être la direction musicale d'Edguy dans les deux trois ans par exemple.

Et il y a un concert à venir au festival de Wacken.
T : Pas seulement, nous allons jouer dans plusieurs festivals en république Tchèque aussi, ensuite cela dépendra des demandes, nous avons en tête de tourner pendant deux mois. Les possibilités ne seront pas infinies en raisons des coûts de production du show, mais tu vois je n'avais pas envisagé de telles opportunités au départ. Et puis voilà on t'offre la tête d'affiche du festival le plus important d'Europpe, et j'allais dire non ? A moins de tenir compte de la trouille de se planter, c'était pas possible, d'autant que Sascha était aussi partant pour m'accompagner sur scène. Quand tout s'enchaine bien, tu restes confiant et on devrait bien s'amuser.

Un peu d'Edguy ? Alors la tournée aux Etats Unis, c'est toujours un peu étrange de jouer là bas vu le statut du groupe en Europe ?
T : c'est nécessaire de tourner là bas, sinon tu n'as aucune reconnaissance aux Etats Unis. Nous étions contents d'aller là bas, dans un pays aussi grand, il y avait quelques clubs sympas, en espérant que quelques centaines de personnes seront là. Nous n'avons eu que trois ou quatres concerts qui n'étaient vraiment pas terribles. Les distances sont longues, c'est vraiment une autre planète. En Europe on peut tourner confortablement dans des salles de la taille de l'Elysée Montmartre. Là bas ça ne veut rien dire. Si tu es important en Amérique, il y a aura forcément un effet en Europe, par contre l'inverse n'est pas vrai du tout.

Un dernier mot pour nos lecteurs
T : Je vous remercie dêtre si tolérants et d'apprécier mon nouvel album ! (rires)

Site officiel : http://www.tobiassammet.com/
Chronique de l'album.

3 Inches Of Blood – Fire Up The Blades

3iob_07Ces petits canadiens ont décidément d'immenses vertues éducatives, depuis 3 albums ils s'acharnent dans un créneau qui leur permet de sortir du lot, et rendent hommage brillamment aux anciens avec un style unique. Une dose de metalcore tout ce qu'il y a de plus banal, associé à un chant dont les hurlements sont plus proches de Judas Priest et King Diamond que de Caliban, sans oublier des riffs de guitares inspirés du thrash metal des années 80. Et mine de rien, c'est difficile de rester impassible, la recette est vraiment efficace. La production est montée d'un cran par rapport aux albums précédents, grâce au travail de Joey Jordison (le batteur de Slipknot). Avec 3 Inches Of Blood, pas de demi mesure, soit vous l'adoptez, et en prime vous ressortez les vestes à patchs, les vinyles de Judas et King Diamond, ou vous détesterez. En prime ils ont le même goût ringard que les anciens pour les chansons aux textes dignes de donjons et dragons. A vous de voir, mais cette tentative de fusionner heavy et metalcore vaut le détour.

Hamster (07.5/10)

www.facebook.com/threeinchesofblood

Roadrunner records / 2007

Tracklist (51:56)
01. Through The Horned Gate 02. Night Marauders 03. The Goatriders Horde 04. Trial Of Champions 05. God Of The Cold White Silence 06. Forest King 07. Demons Blade 08. The Great Hall Of Feasting 09. Infinite Legions 10. Assassins Of The Light 11. Black Spire 12. The Hydra's Teeth 13. Rejoice In The Fires Of Man's Demise

 

Atreyu – Lead Sails Paper Anchor

atreyu-leadsailsForcément, ça devait arriver, après trois albums au succès grandissant, Atreyu se retrouve enfin sur un label à la hauteur de ses ambitions, et devrait en toute logique suivre les traces d'un autre groupe du comté d'Orange, Avenged Sevenfold (dont ils partagent pour l'essentiel les mêmes influences, au rayon grands anciens on retrouve Metallica, Guns N Roses). 
Non sans difficultés à l'instar de leurs collègues qui sont sorti du metalcore, nombre de fans vont trouver la nouvelle potion plutôt amère. C'est sans doute l'album le plus "commercial" que le goupe propose, avec un bon paquet de titres qui pourraient être matraqués par les radios. Le chant est dans une tonalité générale plus mélodique, plus accessible, c'est l'un des changements les plus marquants ; et du metalcore des débuts, il ne reste plus grand chose, au delà de quelques rythmiques thrash bien senties. 
L'album présente néanmoins pas mal d'atouts, des titres variés et bien produits, Doomsday est sans doute le titre le plus proche de ce que le groupe proposait auparavant, la palme du titre le plus percutant revient pourtant à Can't Happen Here (Becoming The Bull suit de près). On retiendra aussi les passages à la guitare tout droit sortis des années 80 et assénés avec maîtrise (le titre Blow vaut le détour à ce jeu là).
Peux t'on reprocher à Atreyu de changer de fusil d'épaule ? Le problème du groupe se situe dans cette volonté de changer à tout prix, au point d'en faire un peu trop, et de céder à la facilité, et parfois ça dérape et on se retrouve avec un Slow Burn un poil mièvre. Et pour ne pas charger la barque on ne s'étendra pas sur des textes immatures bourrés d'acné juvénile…
Malgré tout l'ensemble tient plutôt bien la route, en dépit de l'impression d'une intensité inégale (laissant l'impression d'une succession de passages agressifs accolés à des passages mélodiques pas toujours accrocheurs).   C'est cela dit la première fois que le groupe laisse une impression d'inachevé et d'un manque de flair sur certains arrangements.

Hamster (07/10)

www.facebook.com/Atreyu

Roadrunner records / 2007

Tracklist (44:27) : 01. Doomsday 02. Honor 03. Falling Down 04. Becoming the Bull 05. When Two Are One 06. Lose It 07. No One Cares 08. Can’t Happen Here 09. Slow Burn 10. Blow 11. Lead Sails (And a Paper Anchor) 12. Clean Sheets (bonus track)