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Fu Manchu – We Must Obey

fumanchu_obeyLe quartet du Comté d'Orange (Californie) n'a pas dit son dernier mot en dépit de deux décennies d'existence affichées au compteur. Bien au contraire voilà que le combo revient au meilleur de sa forme, avec un album solide et accrocheur. Le groupe ne déroge pas aux règles édictées bien des années auparavant par leur père spirituel britannique, Black Sabbath. Sans le soufffre, ni la provocation de leurs ainés, le groupe se concentre avant tout sur une musique aux tempos variés, avec un son brut de décoffrage. Le groupe défend son pré carré, pas question ici d'expérimenter au delà de ce qui les avaient sorti de l'anonymat.

Des compos efficaces, qui vont droit au but, produites par un connaisseur du stoner pur jus (Andrew Alekel qui a bossé notamment pour Queen Of The Stone Age, Jyuss), du classique en somme, une formation rock qui fait péter les bières, branche les grattes qui miaulent sur des amplis à lampes préhistoriques, le tout appuyé par une section rythmique de pachyderme… Le groupe en profite pour dynamiter un morceau des Cars (groupe de new wave ricain de Boston), Moving In Stereo prend une ampleur que n'ont pas imaginé leurs géniteurs de la côte Est. Le groupe passe le cap des 20 ans d'existence, avec une fraicheur que pourraient lui envier bon nombre de débutants. Recommandé aux amateurs de sensations fortes sans fioritures. 

Hamster (07/10)

www.fu-manchu.com

www.facebook.com/FuManchuBand

Century Media records / 2007 

Tracklist (36:25) : 01. We Must Obey 02. Knew It All Along 03. Let Me Out 04. Hung Out To Dry 05. Shake It Loose 06. Land Of Giants 07. Between The Lines 08. Lesson 09. Moving In Stereo 10. Didn't Really Try 11. Sensei Vs Sensei

 

Naglfar – Harvest

Sans surprise, c'est le sentiment que laisse Naglfar à l'écoute de ce cinquième album. Les petits suédois d'Umea qui répétaient dans le même studio que Meshuggah et qui avaient émergés des ténèbres underground en 2002 avec le MCD Ex Inferis, n'ont guère évolué. Naglfar s'en tient à une recette éprouvée et qui constitue selon le groupe leur conception du black metal ultime, pas d'orchestre, pas de dinde gloussant sa tristesse, les claviers tolérés uniquement lors de passages en intro, ou en arrière plan, histoire de souligner l'atmosphère infernale qui sert de toile de fond au groupe… bref du black metal froid, bien ficelé, mais qui tourne un poil en rond… Pourtant il faut reconnaitre que Harvest tient la route : la production est impeccable, les compos variées, les vocalises haineuses de Kristoffer Olivius ne sombrent pas dans le ridicule. Le pilonnage des guitares est sans faille, tandis que les passages mélodiques sont arrangés avec soin. Les suédois font une nouvelle fois la preuve de leur savoir faire. Naglfar semble compter uniquement sur son savoir faire pour convaincre ; il est vrai que les suédois n'en manquent pas, reste à savoir si à terme les amateurs du groupe ne seront pas lassés…
 
Hamster [07/10]
 
 
Century Media / 2007
 
Tracklist : 01. Into The Black 02. Breathe Through Me 03. The Mirrors Of My Soul 04. Odium Generis Humani 05. The Darkest Road 06. Way of the Rope 07. Plutonium Reveries 08. Feeding Moloch 09. Harvest

 

Machine Head – The Blackening

Voici un album attendu au tournant par plus d’un. Après l’esquisse de retour aux sources proposé par Machine Head sur le précédent opus, il était de bon droit de se demander si la tendance allait se confirmer ou s’inverser à nouveau pour retourner vers des contrées plus néo comme à l’époque de The Burning Red et Supercharger.
N’y allons pas par quatre chemins, ce sont bien les fans de ces deux derniers albums qui risquent d’être les plus déçus. The Blackening, le Machine Head cuvée 2007, est un cocktail explosif de power/thrash/heavy moderne, savamment composé et exécuté par la bande de Flynn. Et pour couronner le tout, le groupe se permet le luxe de hausser le niveau technique et d’expérimenter un côté légèrement épique qu’il n’avait jamais laissé entrevoir auparavant. La stabilité du line-up et l’apport de Phil Demmel y sont sûrement pour beaucoup.
 
Sur 8 titres, 4 dépassent ou avoisinent les 10 minutes de temps. Le premier, en guise de mise en bouche, « Clenching the Fists of Dissent » donne un avant-goût parfait du reste des compositions. Alternance de riffs thrash, de passages ultra lourds, de mélodies bien senties mais aussi de soli particulièrement recherchés et de quelques passages plus atypiques pour le Machine Head que nous connaissions jusqu’à présent : nombreuses guitares harmonisées typiquement heavy et duels de leads. Vu comme ça, l’ensemble pourrait paraître tel un amalgame douteux de genres entremêlés les uns aux autres mais force est de constater que les enchaînements et les breaks sont particulièrement peaufinés et le morceau passe comme une lettre à la poste, les changements de tempo, d’ambiances et de rythmiques sont parfaitement réussis.
 
Les 4 titres suivants, plus courts et peut-être plus accessibles sont véritablement taillés pour la scène, entre un « Beautiful Morning » avec sa double au taquet et son refrain accrocheur et un « Aesthetics of Hate » très thrash et speed dans ses deux premières minutes avant de nous offrir de superbes arrangements de guitare très techniques et mélodiques ainsi que des changements d’ambiance qui prennent à la gorge, il ne fait aucun doute que MH est plus inspiré que jamais.
Si « Now I Lay thee Down » est sans nul doute le titre le plus mélodique de l’album, néanmoins très réussi et pas gnangnan pour un centime d’euro, « Slanderous » est plus mid-tempo et MH s’évertue de nouveau sur ce morceau à nous démontrer ses nouvelles inspirations heavy et l’utilisation optimale des deux guitares de manière dissociée.
 
L’album s’achève par trois morceaux longs et épiques d’environ dix minutes reprenant toutes les recettes citées précédemment. Mention particulière à « Wolves » et son refrain en tapping totalement entêtant. « A Farewell To Arms » reprend les choses là ou « Descend the Shades of Night » les avait laissées. Un morceau commençant dans la douceur avant de sombrer dans la lourdeur et l’oppression. Mais pour ne pas déroger à la règle, les soli entremêlés et les guitares harmonisées font une dernière apparition dans un déluge de breaks et de variations d’ambiances afin de ne pas lasser l’auditeur.
 
The Blackening nous présente donc un Machine Head peut-être à deux doigts du sommet de son art. S’il n’atteint pas la violence et la qualité de composition inouïe de Burn my Eyes, cet opus est de loin le deuxième meilleur album du combo de la Bay Area. Les nouvelles perspectives offertes par la technique et le sens du riff et de la mélodie de Demmel, l’affirmation d’Adam Duce en très bon bassiste et ses chœurs si typiques (c.f «Now I Lay thee Down »), la hargne intacte de Flynn à la voix et la légendaire machine de guerre Mac Lain derrière les fûts nous laissent présager d’une tournée et d’un avenir radieux pour un groupe qui trouve ici sa seconde jeunesse.
 
Rano [08/10]
 
Site Officiel : /www.machinehead1.com
 
Myspace Officiel : www.myspace.com/machinehead
 
Roadrunner Records / 2007

 

Tracklist (61:01) :
01. Clenching The Fists Of Dissent 02. Beautiful Mourning 03. Aesthetics Of Hate04. Now I Lay Thee Down 05. Slanderous 06. Halo 07. Wolves 08. A Farewell To Arms