Author Archive

Caliban – The Undying Darkness

Oshy_-_10042010_-_CaliChangement dans la continuité, on reprend Anders Friden (In Flames) et Andy Sneap pour produire et mixer le nouvel album, on durcit un poil la formule, avec des rythmiques musclées, tout en conservant les passages mélodiques au chant clair. Pour le reste, le groupe allemand ne déroge pas aux régles établies par le metalcore, l'alternance chant hurlé / chant clair, les rythmiques de pachyderme et les cavalcades… le tout façonné avec un son énorme et une efficacité maximale… à première vue, ça sent le poney, le déjà vu et revu, vu l'invasion persistante dans les bacs de disques de ce genre. 

Et pourtant, en dépit de l'influence persistante de Killswitch Engage (les structures de compos ressemblent à s'y méprendre à celles des nord américains), le groupe arrive tout de même à tirer son épingle du jeu, efficacité oblige. En particulier grâce à une reprise (ce qui au passage en dit long sur leur capacité à élaborer quelque chose d'un tant soit peu original). « Army Of Me » de Bjork, dynamitée à la sauce metalcore, avec en invitée au chant féminin Tanja Keilen (Sister Love). Une autre apparition sur « Moment Of Clarity », relève le niveau. Mille Petrozza (Kreator), y ajoute sa touche thrash mais au delà de ça, les réfractaires au metalcore devraient détester, les amateurs eux, devraient y trouver leur compte… match nul.

Hamster (06/10)

calibanmetal.com

Roadrunner – Universal / 2006

Tracklist : 01. Intro 02. I Rape Myself 03. Song About Killing 04. It's Our Burden To Bleed 05.Nothing Is Forever 06. Together Alone 07. My Fiction Beauty 08. No More 2nd Chances 09. I Refuse To Keep On Living… 10. Sick Of Running Away 11. Moment Of Clarity 12. Army Of Me 13. Room Of Nowhere

Sepultura – Dante XXI

En dépit des rumeurs persistantes qui courent sur le net, de la désaffection d’une partie des fans depuis le départ de Max Cavalera, le groupe persiste et signe, persuadé que l’acharnement va finir par payer. Et l’on peut être tenté de le croire, Dante XXI est un album massif, percutant, les compos sont directes, pas de d’excursion tribale au menu (tout au plus, ce sont les intros avec des chants tibétains pour entamer l’album, des violons en seconde intro… histoire d’installer une atmosphère un poil mystique).

Le maître mot est équilibre : entre les passages qui rentrent dans le lard comme on aime, et les intro où l’ambiance prime. Les riffs sont gras, les soli de guitares sonnent comme au bon vieux temps, et Igor Cavalera est fidèle à sa réputation aux fûts sans être mis en avant… sans oublier Derrick Green dont les vocalises n’ont rien a envier à son prédécesseur. L’ambition est de mise, en choisissant pour thème le livre de Dante La Divine Comédie, le groupe aurait pu se ramasser une gamelle et sombrer dans le ridicule. Malgré tout, c’est un pari réussi par Sepultura, plus direct que Roorback, le groupe retrouve une efficacité que l’on croyait perdue (« Buried Words » aurait pu dignement figurer dans Chaos AD). Une partie de l’explication de ce regain en dynamique, au delà d’une certaine inspiration, se situe dans la durée de l’album, seule une compo franchit la barre des 4 minutes, l’instrumentale « Still Flame » qui conclut Dante XXI.

Quand au débat Soulfly / Sepultura, résumons le match : Max décline depuis 10 ans la formule de Roots d’album en album, avec plus ou moins de bonheur (on dira que « Dark Ages » fait partie du haut du panier le concernant). Quant à Sepultura, les membres ont cherché à sortir du trou, avec un Against mollasson, un Nation à qui il ne manquait pas grand chose pour être un album énorme, Roorback lui aurait gagné à être plus concis… Et là, voici un album qui suscite de plus en plus d’intérêt au fil des écoutes.

Finalement, après avoir vécu l’enfer après le départ de Max, connu une période de purgatoire durant quelques années, Sepultura pourrait bien regagner sa place au paradis du metal ?

Hamster (08/10)

www.sepultura.com.br

www.facebook.com/sepultura

SPV / 2006

Tracklist (39 minutes) : 01.Intro #4 02. Dark Wood of Error 03. Convicted In Life 04. City of Dis 05. False 06. Fighting on 07. Intro #2 08. Ostia 09. Burried Words 10. Nuclear Seven 11. Repeating The Horror 12. Intro #1 13. Crown And Miter 14. Intro #3 15. Still Flame

Witchery – Don’t Fear The Reaper

witchery_-_dont_fear_the_reaperQuand en 1997 Witchery avait surgi pour combler le vide provoqué par le split de Satanic Slaughter, le groupe s'était rapidement imposé avec un thrash mené à un train d'enfer, dont la formule se distinguait de la masse de groupes en provenance de Suède.
On avait rapidement en tête le chant particulier de Toxine -aisément reconnaissable- qui faisait office de signature… et on s'était habitué à voir dans les bacs un nouvel album quasiment tous les ans, attirant de plus en plus l'attention, puis tout s'est arrêté brutalement… contre la volonté du groupe : la disparition de leur label, la recherche d'un nouveau contrat, ont littéralement provoqué la mise en hibernation d'un groupe plus que prometteur…
Le temps faisait son oeuvre, d'autant que chacun des membres du groupe avait de bonnes raisons de s'impliquer ailleurs, que ce soit Jensen avec The Haunted, Sharlee d'Angelo avec Arch Enemy et Spiritual Beggars (pour ne citer que ces deux là), tandis que le batteur Martin "Axenrot" avait fort à faire avec Opeth.

Finalement, l'album enregistré en 2004 voit le jour sous l'égide de Century Media, et quel album ! Un vrai retour en force, histoire de rappeler que Witchery est un groupe de thrash percutant, qui soigne autant les riffs de guitares, que les ambiances malsaines… mais cette fois le son du groupe bénéficie d'un gros coup de pouce, avec Tue Madsen chargé du mixage, on a l'impression d'avoir affaire à une énorme machine de guerre sonique, prête à tout écrabouiller sur son passage, Jensen montre qu'il a plus d'une corde a son arc, faisant entendre un côté mélodique plus accentué que dans The Haunted. Les compos sont habilement structurées, soufflant le chaud et le froid, variant les tempos sans laisser passer le moindre de moment de faiblesse, l'intensité demeure élevée tout au long des 45 minutes de pilonnage.
L'album défile, on se rend vite compte que Witchery nous avait bien manqué.  Côté figure de styles le thrash domine, laissant parfois la place à un rock gras teinté d'un soupçon de mélodie ("Styx" et son solo hard rock très mélodique). Et en guise de cerise sur le gateau on retrouve une reprise de Satanic Slaughter, "Immortal Death" survitaminé, un régal ! Witchery  remet la chasse aux sorcières au goût du jour, et dans la catégorie thrash il va falloir s'aligner cette année pour voir des sorties d'album d'un tel niveau… avis aux amateurs !

Hamster (08,5/10)

www.facebook.com/officialwitchery

Century Media – EMI / 2006

Tracklist (45:57) 01. Disturbing The Beast 02. Stigmatized 03. Draw Blood 04. The Ritual 05. Ashes 06. Plague Rider 07. Damned In Hell 08. Crossfixation 09. The Wait Of The Pyramids 10. Immortal Death 11. Styx 12. War Piece 13. Cannonfodder