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Burst – Origo

burst_origoA la sortie de "Prey On Life", les suédois de Burst promettaient un nouveau disque qui rendrait obsolète ce qu'ils avaient composé jusqu'à présent. Pari ambitieux, alors que "Prey On Life" représentait alors un accomplissement majeur dans la discographie du groupe. Et pourtant, deux ans après, force est de constater que le nouvel opus, "Origo" donne un sérieux coup de vieux aux albums précédents. En premier lieu, il y a une production impeccable, qui soutient des compos qui laissent nettement plus l'impression d'avoir affaire à un groupe qui a plus d'une corde à son arc, évoluant dans plusieurs styles sans s'égarer. Côté figures de styles, Burst a conservé sa marque de fabrique et lui donne une ampleur sans précédent, qu'il s'agisse de l'atmosphère lourde et oppressante, constante de l'album, ou de l'habilité à mèler émotions intimistes et furie dévastatrice.

Le chant en témoigne, tour à tour à hardcore ou mélancolique (ambiance oblige), et puis à l'écoute attentive on croit tenir la recette d'une formule qui sonne si bien aux oreilles, un savant mélange de Neurosis, Cult Of Luna, Godspeed You Black Emperor, flirtant avec Opeth (tendance acoustique avec mellotron, bercée par les années 70) et Mastodon. Mais ce serait trop simple, Burst s'ingénie à brouiller les pistes et possède suffisamment de tempérament et de maturité (en 12 douzes années d'existence c'est un minimum), néanmoins les amateurs des groupes suscités ne devraient pas rester insensibles à cette galette intense et riche en émotions. Burst vient de réaliser un nouveau coup de maître, pas moins.

Hamster (09/10)

www.facebook.com/BurstSweden

http://burstband.bandcamp.com

myspace.com/burstrelapse

Relapse / 2005

Tracklist (46:48) : 01. Where the Wave Broke 02. Sever 03. The Immateria 04. Slave Emotion 05. Homebound 06. Flight's End 07. It Comes Into View 08. Stormwielder 09. Mercy Liberation

 

Annihilator – Schizo Deluxe

Annihilator_schizo_deluxeUne petite intro dans le style zapping de radios, tandis que le grondement de la bête se fait entendre, la bête est lachée, on n'ose y croire après un "All For You" qui laissait une impression mitigée, et pourtant Jeff Waters met les choses au point d'entrée : ce onzième album sonne le retour du groupe agressif, qui ne fait aucun quartier. Et "Maximum Satan" démarre très fort, rythmique monstrueuse, chant de David Padden bien plus convaincant, aux fûts Tony Chappelle cogne sévèrement, tandis que les guitares et la basse sont assurées de main de maître par le sieur Waters. Tout porte à croire les propos du canadien qui affirme qu'il s'agit d'un pur album de metal, sans ballade, et l'un des meilleurs efforts de son projet à ce jour.

On retrouve assez rapidement un Annihilator classique et dévastateur, le second morceau "Drive", ultra rapide est une vraie boucherie. Jeff Waters n'a rien perdu de sa maîtrise légendaire à la guitare, et il se paie le luxe de faire également entendre ses talents à la basse. Et n'imaginez pas une seconde que le démarrage percutant de "Schizo Deluxe" finit par s'essoufler, "Warbird" entretient le pilonnage, avec une intro mid tempo surpuissante, pas de doute on sent bien l'envie d'en découdre et on croise déjà les doigts en espérant que cette fois ci le groupe va de nouveau arpenter les scènes en Europe, vu les nouvelles munitions on peut s'attendre à un carnage jouissif pour nos conduits auditifs. Passons sur les paroles, un vrai hommage aux clichés metalliques… On retient de ce morceau les variations de tempo, qui ne nuisent en rien à n'énergie déployée pour nous aplatir.

"Plasma Zombies" n'a rien non plus d'une ballade romantique, ça part vite en trombe et ça colle aux murs, et se prend vite au jeu, si vous résistez à l'envie d'hurler le titre de la chanson (en guise de refrain), alors c'est que le volume n'est pas assez fort ! Un petit moment de finesse s'est glissé dans le morceau mais il ne s'agit que d'un petit répit, le pilonnage reprend très vite ses droits. On frole l'excès de vitesse à la batterie et le blast à tout va…. Puis le téléphone sonne, Jeff Waters ayant collectionné tout une série de petits bruits en guise d'intro, "Invite It" est également bloquée sur l'accélérateur dès l'intro. David Padden fait une démonstration de chant mélodique plutôt réussie, chose rare au milieu de ce carnage ou il donne libre cours aux vocalises agressives. Un jeu de mot facile pour une compo du meilleur cru ? Jeff Waters en est capable, ici pour le meilleur, "Like Father, Like Gun" qui sonne comme un classique, là encore l'efficacité est maximale, en dépit d'un tempo un poil plus lent (le refrain évoquant un soupçon de Pantera).

"Pride" ne déroge pas à la règle, pas d'intro champètre mais du riff de guitare lourd et accompagné d'une batterie écrasante, puis tout s'accélère, un refrain mélodique au milieu de la cavalcade, une bonne tornade thrash musclée. "Too Far Gone" prend le relais, intro de guitare en sourdine, et attaque rythmique très classique, suivie d'une harmonie de guitare a faire fondre le moindre fan d'Annihilator, le chant de Padden se fait malsain… "Clare" est sans doute la chanson la plus évidente de l'album, la plus calme, ou en dépit de son chant clair, David Padden semble à la limite de faire exploser un chant malsain, les guitares sont crasseuses et les riffs plus simple qu'a l'accoutumée, mais c'est bien mal connaître mossieur Waters qui a vite fait de dynamiter le morceau en l'accélérant, et qui lache des coups percutants à la moitié du morceau, ponctués par des envolées de guitares mélodiques dignes des grands classiques du groupe. En guise de conclusion, "Something Witchy" n'a rien d'apaisant, David Padden hurle à s'en péter les cordes vocales, suivi par une rythmique de pachyderme mid tempo, un refrain mélodique surgit tout de même, mais la rythmique reprend le dessus. Fin ? Pas tout à fait, Jeff Waters prend le temps de pousser une série de gloussements, histoire de graver pour l'éternité les moqueries dont il faisait preuve à l'égard de sa soeur, charmant n'est-il pas ? Néanmoins, après l'ère Joe Comeau, un nouveau chapitre prend vraiment forme avec cet album en tous points réussi et convaincant. Vivement le retour sur scène en Europe.

Hamster (08.5/10)

 www.annihilatormetal.com 

 www.myspace.com/annihilatorofficial

AFM records /  2005
 
Tracklist (49:51 mn) :
01. Maximum Satan 02. Drive 03. Warbird 04. Plasma Zombies 05. Invite It 06. Like Father, Like Gun 07. Pride 08. Too Far Gone 09. Clare 10. Something Witchy

 

19042010-32.jpgOyez, oyez amis du doom qui tâche ! Après le brillant retour en forme du prêtre Messiah et de ses comparses de Candlemass, voici le retour de Cathedral qui nous livre un album jubilatoire, varié et passionnant. Lee Dorrian nous en conte ici la génèse…

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Alors Cathedral est de retour ?
Lee : mmm on peut dire ça, il y a ce nouvel album dont nous sommes très heureux, et puis nous avons été absent un certain temps pour un certain nombre de raison. 3 années d'absence en raison de problèmes de management, de problèmes avec la maison de disques, et des problèmes line up… Et j'ajouterais des problèmes liés au matériel que nous avions composé. Dans l'espace de 3 mois nous avons composé une quinzaine de chansons. Nous étions à Liverpool et nous nous disions à l'époque, avec Gary et Brian, que ce n'était pas assez bon. Au départ c'était simplement dans la continuité de l'album précédent, mais nous en sommes sortis avec quelques chose de plus fort. Et quand les autres gars me disaient qu'on pouvaient entrer en studio, je préférais leur répondre que nous n'étions pas encore prêts.


Après toutes ces années, je pense qu'il est vraiment nécessaire que nous sortions un album qui attire l'attention parce qu'il a un contenu fort, que de se lancer dans la routine, d'être en pilotage automatique, c'est vital pour nous d'une certaine manière, d'autant plus que nous ne sommes pas un groupe metal à la mode. Nous devons composer le matériel le plus intense possible, notre expérience fait que nous savons parfaitement ce que nous ne voulons pas, mais nous devons quand même prendre du temps pour définir le son et l'orientation musicale de nos albums. En fait tout s'est vraiment déclenché quand nous avons composé la première chanson "Tree Of Life & Death", nous étions ensemble en répète et elle a fonctionné très rapidement. Et au fil du temps nous sommes devenus plus confiants. C'était en fait un très long processus pour aboutir à cet album, nous avions besoin d'être préparés, par exemple avec la chanson "The Garden", la plus longue de l'album, il nous a fallu 5 jours pour la mettre en place et la composer. Nous avions envie que chaque chanson soit bien équilibrée entre les mélodies et les passages aggressifs, pour que cela donne une dynamique et de bons contrastes à l'album.
Tu vois nous avons fini par savoir ce que nous voulions, et à ce moment là il a fallu chercher le producteur adéquat, nous avons choisi Warren Ryker et nous sommes très contents du résultat, l'album montre toutes les facettes de Cathedral, on va du hard rock mélodique au doom agressif.
 
Si l'on compare cet album avec le précédent, ce qui est frappant c'est la variété des compos du petit dernier…
Lee : absolument, il sonne plus grand, le spectre musical est plus large, et je pense que nous avons appris avec les erreurs du passé, le fait est que nous ne pouvions que faire mieux en variant le style des chansons, d'autant que cela ne brouille pas l'identité de Cathedral cela rend l'album vraiment dynamique. Il y a des passages jazzy, des riffs qui sonnent vraiment comme des décharges éclectriques et le tout ressemble en fait à un jeu d'ombres et de lumières.
 
Tout en gardant la signature sonore du groupe…
Lee : oui, mais nous avons accentué le côté sauvage des guitares dans le dernier. Nous avons discuté du son avec Warren sur le tard, il est arrivé quand le processus de composition était achevé, et puis nous voulions un son plus accrocheur et agressif, comme elles sonnent en studio de répète…
 
Oui mais on reconnait le style de riffs caractéristique de Cathedral on ne peut pas se tromper dès les premières secondes…
Lee (rires) tu sais depuis toutes ces années, nous sommes ensemble depuis 16 ans maintenant, il y a des choses qui sont en place et qui viennent automatiquement et que nous ne voulons pas changer. Si tu regardes l'état de la scène metal aujourd'hui, tu dois faire preuve de beaucoup de conviction dans ce que tu fais, pour tenir en dépit des modes et changements. Alors cette signature, les atmosphères sombres, nous devions les conserver, et puis lorsque nous avons fait appel à Warren, ce n'était pas en raison de ses états de services avec Down ou Crowbar. Je me souviens qu'en fait il nous avait contacté via le site internet du label Rise Above Records en nous disant qu'il serait très motivé pour travailler avec nous, et nous lui avons répondu que ça pourrait être intéressant. Et cela s'est révélé un plaisir, en dépit du fait que pour lui ce n'était pas toujours simple, nous n'avons pas une façon de travailler très conventionnelle.
 
Cathedral est un groupe hors du temps aujourd'hui par rapport à la scène metal…
Lee : J'ai l'impression que l'écart grandit aujourd'hui entre ce que nous faisons et ce qui se passe dans la scène, ou bon nombre de groupes se copient les uns et les autres, nombre d'entre eux se mordent la nuque, comme tous ces nouveaux groupes américains avec des jeunes de classe moyenne qui hurlent sans raison apparente… C'est un peu facile les hurlements, les blast beats et les gros riffs, ça sent la recette, mais sans substance… en tout cas je ne la vois pas.
 
Tu penses que la musique de Cathedral a plus de substance en revanche…
Lee : bien sûr, tout en combinant un certain succès commercial, nous avons développé un style qui n'a pas de prise avec le temps, c'est indémodable et nous pouvons assumer tout ce que nous avons fait depuis nos débuts. Tout le monde ne peut pas en dire autant…
 
L'artwork c'est un retour aux sources ?
Lee : je pense qu'il est fantastique, un des plus beaux que nous ayons eu pour un de nos albums, cela faisait  un moment que je pensais à celui là, qui se réfère au jardin d'eden, ce genre de choses. Et Dave a pris des notes d'après ce que je lui racontais, et voilà, nous avons cette couverture étrange, qui colle bien à notre univers. Nous avons une dimension étrange, que ce soit dans les textes, l'artwork et les ambiances que nuos développons, tu as toutes les pièces du puzzle là !
 
Alors ce projet de tournée avec Candlemass est tombé à l'eau ?
Lee : oui, malheureusement c'est annulé, c'est vraiment honteux, nous espérions vraiment le faire, d'autant que l'affiche avec Grand Magus et Candlemass était parfaite… Seulement voilà, Candlemass à tout mis par terre pour de sombres histoires d'argent, du coup nous n'avons pas de tournée européenne prévue avant février 2006. J'espère bien que nous jouerons vraiment en France, je veux dire par là que sommes passés 6 ou 7 fois à Paris, mais pas dans d'autres villes. Nous aimerions vraiment jouer dans plus de villes en France.
 
Qu'écoutes tu en ce moment ?
Lee : de la musique moderne, pas beaucoup en fait, je n'ai pas trop le temps…
 
Les groupes de Rise Above Records ?
Lee : (rires) évidemment ! Des groupes modernes prodigieux (rires). Plus sérieusement j'adore l'évolution de Grand Magus qui est un groupe fantastique, attention quand je parle d'évolution je ne parle pas ici de la coupe de cheveux de JB (rires). Le groupe à évolué entre blues, doom agressif et heavy metal. C'est du power metal croisé avec Candlemass aujourd'hui. D'ailleurs j'aimerais bien vu les échos rencontrés par les albums de Grand Magus qu'ils jouent en France.
 
Un dernier mot pour les fans français ?
Lee : alors que dire…  je tiens à saluer et remercier nos fans français qui nous soutiennent depuis si longtemps, je tiens d'ailleurs à présenter mes excuses quant au fait que nous ne venons pas suffisamment en France, j'espère bien que cela va changer à l'avenir. Stay True, stay heavy !!!

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Chronique de The Garden Of Unearthly Delights.

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