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Soulfy – Dark Ages

Attention attention ! Même si, comme beaucoup, vous n’attendiez plus rien de Max Cavalera depuis longtemps, vous vous devez absolument de laisser sa chance à ce cinquième opus de Soufly qui constitue une des toutes meilleures surprises de cette fin d’année !
La raison ? N’y allons pas par quatre chemins : cet album est une tuerie et aurait pu (dû ?) être la suite logique de Chaos A.D. ou de Arise.
 
En effet, bien que l’esprit Soulfly soit toujours présent, « Dark Ages » renoue avec le thrash virulent qui a fait la gloire de Sepultura dans les années 80 et 90. Ainsi, passé le premier titre très efficace mais somme toute très classique pour du Soulfly « Babylon », Max et sa bande vous invitent, dès « I and I », à replonger presque 15 ans en arrière. Riffs acérés mais mélodiques, rythmiques speed typiquement thrash, double au taquet et soli à gogo sont au rendez-vous (un énorme bravo au guitariste d’Ill Nino qui démontre une aisance technique impressionnante ainsi qu’une inspiration à toute épreuve !). Dans ce registre on retiendra particulièrement les titres «  Carved Inside », « Frontlines » ou encore « Fuel The Hate », véritables petits concentrés de haine, de violence, de groove et de mélodie ; les expérimentations world music s’intégrant mieux que jamais à ce cocktail jouissif.
Un autre point fort de cet album réside dans sa diversité : « Molotov » est une véritable détonation typiquement hardcore, « Corrosion Creeps » (sûrement un des tous meilleurs morceaux de l’album) semble être le rejeton d’un accouplement sauvage entre Biohazard et Slayer quand des titres comme « The March » ou « Riotstarter » renouent respectivement avec les esprits de Nailbomb et de l’album Roots de Sepu’. 
Et comme rien ne semble avoir été laissé au hasard cette fois-ci, même le long instrumental de fin (le numéro cinq de la série des « Soulfly ») est une réussite absolue et vous procurera dix minutes durant un sentiment d’évasion et de voyage en de lointaines contrées inconnues.
 
Certains taxeront Cavalera d’opportunisme, d’autres pourront toujours critiquer la puérilité des paroles ou le côté « déjà-vu  » de certains riffs, ce CD n’en demeure pas moins une grosse tuerie qui risque d’en réconcilier plus d’un avec la bande à Max. Quant à Max justement, il prouve que c’est quand on l’attend le moins qu’il refait surface en faisant la nique à toute une clique de jeunes groupes qui souhaiteraient bien être calife à la place du calife. Une grande figure du metal moderne est de retour avec une inspiration débordante. Bravo, merci et respect !
 
Rano (08.5/10)
 
Site Officiel : www.soulflyweb.com
 
Myspace Officiel : www.myspace.com/soulfly

 

Roadrunner / Universal – 2005
 
Tracklist (66:34) :
1. The dark Ages 2. Babylon 3. I and I 4. Carved inside 5. Arise again 6. Molotov 7. Frontlines 8. Innerspirit 9. Corrosion Creeps 10. Riotstarter 11. Bleak 12. (The) March 13. Fuel the Hate 14. Staystrong 15. Soulfly V

Cathedral-gardenQuand un groupe culte et légendaire tente de revenir sur le devant de la scène, l'alternative est simple, soit il s'agit d'un pétard mouillé regrettable, soit tout semble rentrer naturellement dans l'ordre. Et dans ce cas on ne tient pas rigueur au groupe d'avoir du attendre (toujours trop longtemps pour les fans) un nouvel effort discographique. Concernant Cathedral, la situation était un poil confuse, changements de labels (fin de contrat avec Earache aboutissant au best of "The Serpent's Gold", et un dernier album -"The VIIth Coming" chez  Dreamcatcher), tandis que Lee Dorrian  contribuait à la doomination metal à travers le monde via son label Rise Above (avec en guise de fer de lance Grand Magus).

Ce huitième effort démarre avec une intro bizarre et crasseuse, qui laisse vite la place à du heavy doom psychédélique et entrainant (ceux qui ont déjà vu la danse des canards interprétée par Lee Dorrian, verront vite de quoi il s'agit), mais qui ne déroge pas aux lentes et pachydermiques rythmiques à la gloire du doom, le vrai, celui qui donne envie d'avaler des cachets tout en se tressant une corde, sans oublier la lame de rasoir.  Le titre suivant part dans une autre direction, du genre heavy qui sonne et fait trébucher, ou Lee Dorrian fait une petite démonstration de chant clair, solo de guitare psychédélique en prime.
Le titre suivant se distingue par une rythmique épileptique (pour du doom) et une voix féminine éthérée, qui ne gâche en rien l'ambiance, une illustration sonore du doom sous champignons (avec des rythmiques dignes d'un bulldozer qui lui appuie sur le champignon, vous suivez ?). Tendance générale sur l'album, une bonne pelletée de bruits étranges en guise d'intro, Corpsecycle démarre avec la voix féminine du metro londonien et la sonnerie annonçant la fermeture des portes, le titre sonnant comme du hard rock gras et velu, tandis que  Brian Dixon martyrise ses fûts avec acharnement, sans oublier un refrain accrocheur… alors à ce point là ce disque est si varié qu'il ressemble à un livre de recettes ultime de Cathedral, une vraie revue de titres qui sonnent comme des classiques. Le titre s'achève comme il a démarré avec le bruit du métro londonien qui s'éloigne, un grand moment de poésie, non ?

Encore un changement, un interlude acoustique (avec violons s'il vous plait) de deux minutes en guise d'intro pour le morceau "Oro The Manslayer", et c'est reparti à fond la caisse, cette fois Lee Dorrian beugle à pleins poumons, de la folie furieuse sonique qui devrait faire des ravages sur scène. "Beneath A Funeral Sun", sonne plus classique de la part de Cathedral, tendance psychédélique , avec des vocalises délirantes (les voix d'enfants, entre autres), avec une bonne dose d'ambiance seventies. Puis arrive LE moment de bravoure de l'album, qui justifie à lui seul qu'on jette une oreille sur l'album. 27 minutes de doom, d'ambiance sombre un poil malsaine, sobrement intitulé "The Garden", chant féminin et guitare acoustique alterne avec des riffs écrasants et irrésistibles, les variations de tempos sont menées de main de maître. La messe est dite, Cathedral vient de livrer un des albums les plus captivants de l'année au rayon doom culte qui tâche.

Hamster (09/10)

www.cathedralcoven.com

www.facebook.com/cathedral

myspace.com/cathedral

Nuclear Blast / 2005

Tracklist (70:52) : 01. Dearth AD 2005 02. Tree Of Life & Death 03. North Berwick Witch Trials 04. Upon Azrael's Wings 05. Corpsecycle 06. Fields Of Zagara 07. Oro The Manslayer 08. Beneath A Funeral Sun 09. The Garden 10. Proga-Europa.

 

Ill Nino – One Nation Underground

Ill Nino aura en l'espace de quelques années rempli un objectif : personne ne peut ignorer l'existence d'un groupe, qui à ses débuts, sentait un poil l'opération marketing, du neo metal énervé tendance tribal hispanisant ("c'est bon pour appater les jeunes nord américains d'origine hispanique coco"), le tout sponsorisé par une marque de sportswear et de sac à dos. Côté musique, le metal très accessible du groupe et sa présence scénique ont vite fait de le propulser aux Etats Unis et en Amérique du Sud, puis à la suite du deuxième album, la machine bien huilée s'enraye… changements de line up en vue :
Un guitariste échappé de Machine Head, Ahrue Luster rejoint le groupe, tandis que Marc Rizzo prend son sac à dos pour ajouter une touche flamenco chez Soulfly… le tout entrainant pour ce dernier quelques échanges par voie de communiqués très tendres avec le groupe… Ill Nino se retrouve le dos au mur, devant franchir le cap du troisième album dans des conditions tendues. Pour ma part, d'Ill Nino, je n'attendais pas grand chose, dans la mesure ou le DVD live frolait le néant et le deuxième album ne laissait aucun souvenir impérissable… D'autant que la scène nord américaine n'a pas attendu le groupe pour évoluer, le neo metal y est laissé pour mort, tandis que les groupes se battent pour être l'élu metalcore de l'année.
 
One Nation Underground est une bonne surprise, le groupe a pris le parti de durcir le ton, avec une production musclée, du metal qui tape juste, avec quelques grammes de finesse qui vont au dela des vocalises au chant clair pour emballer les demoiselles, sans négliger un peu de percussions, "This Is War" a droit à un solo acoustique, juste avant une claque finale. Le côté énervé laisse tout de même entrevoir une persistante influence de Soulfly / Sepultura, la production aurait pu être signée de Ross Robinson, le chant en espagnol en plus. A défaut de richesse musicale, Ill Nino tape vite, fort et juste, ils n'ont d'ailleurs jamais été aussi efficaces à ce jeu là. Cela dit le groupe n'a pas oublié ses classiques neo metal ("What You Deserve"), chanté en anglais, du genre à ne pas laisser de traces du côté des neurones. On retiendra en revanche une agressivité maîtrisée qui fait de One Nation Underground un album solide, pas loin de faire voler les poils.
 
Hamster (07/10)
 
 
Roadrunner records – 2005
Tracklist () :
01. This Is War 02. My Resurrection 03. What You Deserve 04. La Liberacion Of Our Awakening 05. Turns To Gray 06. All I Ask For 07. De La Vida 08. Corazon Of Mine 09. Everything Beautiful 10. In This Moment 11. My Pleasant Torture 12. Violent Saint 13. Red Rain