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Mister Patate
Sep
17
Oh bordel. Putain de bordel de merde, aurais-je même envie de m’écrier. Candlelight Records m’annonçait dans son mail que je venais de recevoir l’album de l’année. Haha, les petits prétentieux. Beh ouais, quand on vient de perdre Anaal Nathrakh, on doit bien reporter ses espoirs sur un autre poulain, le mettre sous les projecteurs et le (sur)vendre aux plus crédules d’entre nous. Des « albums de l’année », j’en ai déjà reçu 6 en 2014, chaque label mettant en avant son petit protégé. C’est normal, ma petite dame, à notre époque, pour vendre de la galette, il faut du buzz.
Mais dans le cas présent, les gars de Candlelight Records tiennent peut-être le bon bout. Parce que ce troisième opus de Xerath, sobrement intitulé III, affiche suffisamment d’atouts et de qualité pour truster le titre d’album de l’année. Rien que ça. III est une des galettes les plus ambitieuses des deux dernières années, un peu à l’image de The Project Hate, mais pas vraiment dans le même registre. Imaginez plutôt la rencontre improbable d’un Devin au sommet de sa forme, sans toutes ces idées loufoques qui viennent parsemer les albums du sieur Townsend, ajoutez-y un je-ne-sais-quoi de Dimmu Borgir pour ces orchestrations larger than life et un vent de fraîcheur et de modernité et vous aurez une petite idée de ce que nous propose Xerath… et malgré son ambition illimitée, le groupe parvient à nous proposer un opus qui va droit au but. On aurait pu craindre que cette surenchère de détails, ces nombreux éléments ne virent à la bouillie difficilement assimilable (qui a dit Fleshgod Apocalypse ?), mais il n’en est rien, grâce notamment à une production bluffante, où chaque instrument, chaque ligne de chant, chaque instrumentation dispose de suffisamment de place pour s’exprimer, pour venir compléter les autres instruments et donner un résultat bluffant.
Xerath vient à nouveau de frapper très fort avec un album qui n’affiche aucune faiblesse. Dans un paysage de plus en plus formaté, Xerath ne rentre pas dans le rang et nous assène 14 des pistes les plus foutrement intéressantes de l’année. L’ombre de Devin plane sur cette galette, mais un Devin qui saurait mieux canaliser sa créativité. Les amateurs du chauve fou y trouveront donc plus que certainement leur compte !
Mister Patate (9/10)
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Candlelight Records / 2014
Tracklist (68:21) 1. I Hold Dominion 2. 2053 3. I Hunt For the Weak 4. Autonomous 5. Bleed this Body Clean 6. Death Defiant 7. Sentinels 8. Passenger 9. Ironclad 10. Demigod Doctrine 11. The Chaos Reign 12. Witness 13. Veil Pt. 1 14. Veil Pt. 2
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Mister Patate
Sep
17
À une époque où les sorties se doivent d’être formatées au possible, prémâchées pour convenir à cette horde de fans édentés adeptes de bouillie sucrée, il subsiste heureusement des groupes plus exigeants, plus ambitieux, qui vont plus loin que le simple « intro-couplet-refrain-couplet-refrain-outro » basique, des groupes qui ont encore des idées. Une intro acide, certes, mais ô combien d’actualité quand j’épluche les arrivages et que je ne parviens pas, après 5 écoutes, à distinguer un morceau d’un autre tant ils sont interchangeables. Alors, quand on a la chance de tomber sur un groupe original, on savoure. On se pose. Hors de question de se le farcir dans les esgourdes dans le train. Non, on prend un casque, on se pose dans un coin où personne ne viendra vous déranger et on profite. Cerise sur le gâteau : dans le cas présent, c’est une sortie indépendante, et là on se dit qu’il y a encore de l’espoir… à moins que ce ne soit justement cette indépendance qui offre plus de libertés au groupe ? Aucune idée, mais en tout cas, Atroxentis a su frapper juste avec ce Verus Dominus qui a tout ce qu’il faut pour venir titiller des formations bien plus renommées mais pas forcément aussi inspirées.
Atroxentis ose et propose 5 morceaux (et une intro) d’un Death Metal travaillé, qui n’entre pas dans la course à la rapidité ou la brutalité. Non, Atroxentis joue plutôt la carte de l’ambiance, quitte à truffer ses morceaux d’interludes plus aériens ou à opter pour le mid-tempo. Sur le papier, on pourrait craindre l’indigestion (pas un seul morceau sous les 10 minutes), mais c’est justement cela qui fait la force de cet album. Verus Dominus prend le temps de poser son ambiance, reprenant certains patterns plusieurs fois au cours de chaque morceau en guise de fil conducteur sans pour autant tomber dans la redite (vous savez, le syndrome Gojira). Ajoutez à cela une production à mes yeux parfaite pour ce genre (mix et mastering made in Pologne, chez Sound Division Studio, excusez du peu), un artwork somptueux et un concept recherché (l’homme vs son environnement) et vous obtenez une galette de Death plus que recommandable.
À l’instar d’un Slaughtery en son temps, Atroxentis fait partie de ces groupes belges bourrés de talent qui mériteraient tellement plus d’attention. Plutôt que de signer des formations à la mode, les labels devraient plutôt donner leur chance à des groupes comme Atroxentis… L’industrie musicale se porterait peut-être mieux… à moins que je ne sois qu’un doux rêveur.
Mister Patate (8,5/10)
Facebook officiel
Indépendant / 2014
Tracklist (57:20) 1. Ante Bellum 2. Initium Possessionis 3. Res Perit Domino 4. Lente Mortis 5. Probatio Diabolica 6. Verus Dominus
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Chroniques, Démos
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Mister Patate
Sep
9
Après un Unseen plus que décevant, l’EP Eye Of The Storm avait fait l’effet d’un excellent retour aux affaires pour The Haunted, et je m’étais surpris à espérer un retour de la facette la plus brutale du groupe, la fameuse époque Made Me Do It – One Kill Wonder, quand The Haunted et Marco alignaient les mandales par paquets de 12. Voici donc le premier album de la deuxième période Marco, et j’avoue que je suis à la fois impatient et nerveux. Impatient parce que Marco, à mes yeux, assure mieux que Peter malgré son registre plus limité, mais aussi nerveux, parce qu’un EP de qualité est plus facile à réaliser qu’un album entier qui risque, tôt ou tard, de montrer une faille dans sa tracklist.
Et c’est exactement ce qu’il s’est passé avec Exit Wounds.
En guise d’opener, The Haunted frappe fort avec un « Cutting Teeth » ravageur. Le riff est bourrin, Marco se rappelle à notre bon souvenir (bon, ce n’est pas aussi percutant qu’un « Godpuppet », mais on n’en est pas si loin) et on se prend à rêver d’un album de cette trempe… mais au final, le soufflé remonte assez rapidement, laissant la place à un groupe qu’on pourrait presque qualifier de « convalescent » après son épisode expérimental. Certes, les ingrédients de l’époque One Kill Wonder sont toujours là, mais avec une force de frappe moindre, comme si le groupe se cherchait encore. Là où l’EP faisait mouche grâce à sa durée limitée, l’album sombre rapidement dans l’écueil du « coup de mou de milieu d’album », et on retiendra ici et là quelques morceaux plus nerveux, comme « My Enemy » et son solo que n’aurait pas renié Kerry King (encore un clin d’œil à la grande époque du groupe, dont le solo Slayerien de « Godpuppet » justement).
Au final, Exit Wounds s’avère donc une petite déception. J’attendais un groupe remonté à bloc et prêt à en découdre et je me retrouve face à une formation qui peine à retrouver son premier souffle après le premier assaut. Un retour aux affaires certes encourageant, mais il en faudra plus pour revenir vraiment au niveau de qualité auquel le groupe nous avait habitués à l’époque…
Mister Patate (6,5/10)
Facebook officiel
Century Media Records / 2014
Tracklist (44:08) 1. 317 2. Cutting Teeth 3. My Salvation 4. Psychonaut 5. Eye of the Storm 6. Trend Killer 7. Time (Will Not Heal) 8. All I Have 9. Temptation 10. My Enemy 11. Kill the Light 12. This War 13. Infiltrator 14. Ghost in the Machine