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Devangelic – Resurrection Denied

Lorsque j’ai vu cet artwork, mon petit cœur de brute épaisse a raté un battement. Non mais vous avez vu cette pochette ? Dans la série blasphématoire, Devangelic a frappé un énorme coup et fait presque passer les derniers artworks de Vital Remains et de Deicide pour des coloriages du cours de catéchisme du mercredi après-midi. Que ce soit au-niveau de l’illustration ou des couleurs, la pochette de Resurrection Denied a un petit je-ne-sais-quoi qui accroche l’œil et est porteuse de nombreuses promesses. « Allez, viens, écoute-moi, tu verras, tu vas prendre cher et tu vas aimer ça ». Dans la pile d’albums sortis ces derniers temps, Devangelic ressortait du lot sur la simple base d’un visuel, mais j’ai rapidement dû déchanter…

Parce qu’au final, le visuel conditionne en quelque sorte l’auditeur avant même la première note. Là où je m’attendais à quelque chose qui flirte avec Deicide ou Vital Remains, je me retrouve avec une galette de Brutal Death banale. Les morceaux se succèdent sans véritable variation, comme si le but premier (voire l’unique but) du groupe était de nous abrutir sous une avalanche de pistes interchangeables. On retient de temps en temps un passage plus efficace, oui, mais dans l’ensemble, c’est moyen sur un plan musical… Et ce n’est pas le chant linéaire au possible qui viendra sauver les meubles. Au contraire, on dirait que le frontman se contente de growler sans entrain, sans vraiment pousser, et on peut l’imaginer dans le studio, un feuillet de paroles à la main, en train de dégueuler ses lignes de yaourt avec l’air indifférent.

Devangelic n’est pas franchement mauvais, mais l’adage « l’habit ne fait pas le moine » se vérifie à nouveau ici. Resurrection Denied est une surprise plutôt saumâtre. Resurrection Denied est la paire de chaussettes que votre frangin vous a offerte à Noël après l’avoir emballée dans la boîte d’un iPod : elles vous tiendront les pieds au chaud, ouais, mais avouez que vous aviez espéré plus…

Mister Patate (4/10)

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Comatose Music / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Eucharistic Savagery 2. Crown of Entrails 3. Disfigured Embodiment 4. Unfathomed Evisceration 5. Entombment of Mutilated Angels 6. Perished Through Atonement 7. Desecrate the Crucifix 8. Apostolic Dismembering 9. Devouring the Consecrated

 

En voilà qui ont été bercés sur les douces mélodies de Nasum et de Rotten Sound. Remarquez, comme influences, on a déjà plus dégueulasse. Quelque part dans ce monde, il y a peut-être d’ailleurs un gars qui espère devenir le nouveau Guillaume Bideau. Vous imaginez ça, vous ? Enfin, revenons-en à nos moutons, qui pour l’occasion s’appellent The Drip. Au menu, un premier EP chez Relapse, fournisseur officiel de défouloirs sonores depuis des années. Comme évoqué ci-dessus, les influences sont claires, on lorgne vers le grind scandinave passablement énervé, avec supplément de vociférations et de blast. En 6 morceaux, la messe est dite et on se retrouve avec des sentiments partagés.

Parce que bon, The Drip a beau être animé des meilleures intentions (en gros : nous enfoncer la face à coups de botte), il n’en reste pas moins que 1) on a pas grand-chose à se mettre sous la dent, même aux normes du grind et 2) on ne peut pas dire non plus que ces petits gars aient de nombreux arguments pour nous convaincre. Oui, il y a de l’énergie, il y a de l’envie… mais il y a aussi leurs grands frères, ceux qui ont forgé le genre il y a des années. Peut-être serais-je plus indulgent si The Drip nous avait proposé un album complet. Ici, j’ai à peine le temps d’entrer dans l’ep qu’il est déjà temps de réappuyer sur Play.

Avec cette première prise de contact, The Drip répond tout juste à mes attentes de base. Malgré le potentiel, il y a trop peu pour vraiment me séduire. J’attends donc avec impatience quelque chose de plus consistant, histoire de voir si ces gars sont en mesure de passer à la vitesse supérieure et de me convaincre pleinement.

Mister Patate (6/10)

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Relapse Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Catalyst 2. Rise to Failure 3. Bygones Only Burn Once 4. Black Screen 5. Siren 6. Lash in, Lash Out

 

Suicide Silence – You Can’t Stop Me

L’avenir semblait plutôt radieux pour le vieux connard que je suis : d’abord la sortie de route de Suicide Silence (oui, je sais, c’est vilain, on ne rit pas de la mort d’un mec bourré qui a pris la route pour mieux se prendre un poteau), et puis ce brave Tim Lambesis qui enterre non pas un, mais trois projets musicaux d’un seul coup grâce à son séjour en zonzon où il pourra parfaire la courbe de ses biceps… Parfait, ça laissait le champ libre à des groupes de Metalcore/Deathcore intéressants, comme All Shall Perish. Las, Suicide Silence ne s’est pas contenté de vider le portefeuille de ses fans avec un concert hommage et un DVD dudit show… Non, ces cons ont débauché Eddie Hermida, le frontman d’ASP. Dans un premier temps, Eddie a tenu à rassurer ses collègues d’ASP, en affirmant pouvoir mener de front sa carrière dans les deux groupes, mais les exigences du management de Suicide Silence ont vite débouché sur un départ forcé d’Eddie qui se concentre désormais sur son nouveau groupe. En étouffant un de ses plus gros concurrents, Suicide Silence revient malheureusement d’entre les morts avec un album pour le moins superflu.

Parce que le seul intérêt de You Can’t Stop Me, c’est Eddie. Eddie est un putain de frontman, que j’ai eu la chance de voir en live avec All Shall Perish, et il fait partie de ces chanteurs salement doués qui savent jouer sur plusieurs registres, du growl au shriek, sans la moindre difficulté. D’un point de vue purement objectif, Eddie est meilleur que Mitch, n’en déplaise à tous les fanboys qui pleurnichent encore depuis l’arrivée du nouveau frontman. Pour le reste, sur le plan purement musical, Suicide Silence n’a pas changé. C’est générique au possible. Prenez le single « You Can’t Stop Me » : Eddie, tu as quitté ASP pour CA ? Un morceau comme on en entend par dizaines, un final pataud à rallonge… Tout ce qui fait trembler le fond du slip des fans, tout ce qui file des ulcères à ceux qui déplorent l’avènement du Deathcore.

Non, l’arrivée d’un frontman doué n’a pas sauvé un groupe. Au contraire, il en a tué un autre (momentanément, espérons-le) et maintient artificiellement en vie une formation qui capitalise simplement sur une fanbase énorme (près de 4 millions de fans pour Suicide Silence contre 650.000 pour All Shall Perish). Je ne comprends toujours pas la décision d’Eddie, qui lâche la proie pour l’ombre (et n'abordons pas le cas d'un Corpsegrinder qui est venu se paumer sur cette galette pour un guest famélique). Apparemment, il doit être plus glorieux de faire du Deathcore de base qui plaît aux moutons que d’être la voix d’un des rares groupes innovants du genre, quitte à ne pas faire l’unanimité.

Mister Patate (rendez-nous All Shall Perish/10)

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Nuclear Blast Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. M.A.L. 2. Inherit the Crown 3. Cease to Exist 4. Sacred Words 5. Control (feat. George "Corpsegrinder" Fisher) 6. Warrior 7. You Can't Stop Me (Lyrics by Mitch Lucker) 8. Monster Within (feat. Greg Puciato) 9. We Have All Had Enough 10. Ending Is the Beginning (Rerecorded from Suicide Silence EP) 11. Don't Die 12. Ouroboros