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Eyes Of The Insane – Eyes Of The Insane

Récemment, j’ai appris que certains groupes n’osaient pas envoyer leur galette à Metalchroniques de peur qu’elle soit chroniquée par bibi. Haha. Je me marre. Comme si mon seul boulot au sein de la rédaction était de tailler sans retenue tout ce qui passe. Face à une telle attitude, une seule pensée me vient à l’esprit : s’ils étaient vraiment convaincus de la qualité de leur album, ils n’hésiteraient pas à l’envoyer. Un peu comme Eyes Of The Insane, petite formation belge qui m’a contacté il y a peu en insistant pour que ce soit moi qui chronique leur première sortie, un trois titres. Même pas peur. J’aime ça… mais est-ce que j’aime pour autant leur musique ?

Pour être franc, il y a à boire et à manger sur cette démo trois titres (et ça me permet de faire une chro track-by-track). "Black Doom", tout d'abord, ouvre les hostilités de manière convaincante. Le rythme est bon, le son est bon, le riff est sympa, il y a une petite touche de groove qui fait du bien par où elle passe. À ce niveau-là, Eyes Of The Insane a su pondre un opener qui fait monter immédiatement la pression et qui attire l'attention. On ne perd pas de temps, on prend à la gorge. Mais qui dit "opener en béton" dit aussi "attention, il va falloir assurer derrière", et "Crucify" peine à faire aussi bien que le premier morceau. Les raisons ? Difficile à dire, mais il se pourrait aussi que le dernier morceau, "Insanity", y soit pour quelque chose. Parce qu'"Insanity" atteint le même niveau de qualité que "Black Doom", avec la même efficacité, le même groove, la même hargne. Un morceau moins bon sur un album entier, ce n'est pas une catastrophe. Sur une démo trois titres, ça fait bien plus mal.

Avec ce premier effort, Eyes Of The Insane n'a pas à rougir. Leur son est efficace, ils ont de bonnes (et parfois de moins bonnes) idées, ils ont un petit je-ne-sais-quoi qui me rappelle Channel Zero (pas le Channel actuel, hein, le bon Channel)… Ce n'est certes pas parfait, loin de là, et la démo souffre de la présence d'un titre plus faiblard, mais on a ici un groupe avec de bonnes bases et je suis sûr qu'à force de persévérance, ils pourront nous proposer quelque chose de plus cohérent et de plus ravageur. Continuez comme ça !

Mister Patate (6,5/10)

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Autoproduction / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Black Doom 2. Crucify 3. Insanity

 

La Belgique regorge de talents, je n'arrête pas de le dire. Et si certains groupes ont réussi à percer pour maintenant jouer dans la cour des grands, il ne faudrait pas pour autant ignorer la chiée de "petits" groupes du plat pays qui ont tout pour réussir et méritent toute notre attention. Parmi ces seconds couteaux, les Wallons de Neverlight Horizon se rappellent à notre bon souvenir, 7 ans après No Heaven… Only Torment. Au menu : cinq morceaux. C'est peu, certes, mais si la qualité est au rendez-vous, on ne fera pas la fine bouche, bordel !

La recette peut sembler basique et éprouvée, elle n'en reste pas moins efficace. Au menu, un bon vieux Death des familles intéressant à bien des égards. Tout d'abord, soulignons la qualité du son et du mix : chaque instrument est bien placé par rapport aux autres et le chant vient parfaitement s'intégrer dans le tout, ce qui donne un résultat équilibré et agréable à écouter. À une époque où certains ne jurent que par la prod' "mur de béton" tout en section rythmique, nous avons ici droit à une prod plus naturelle et tout aussi efficace. Au niveau des compos, ensuite, le groupe a su frapper fort en proposant cinq pistes simples en apparence et extrêmement efficaces. Pas besoin de batterie qui tente d'exploser le mur du son, ni de soli en sweeping supersoniques ou de lignes de chant crachées avec un débit de Kalach : on peut tenir la route en proposant un Death brutal plus traditionnel… et ça fait plaisir. Neverlight Horizon ne rentre pas dans la surenchère pour en mettre plein les esgourdes : ils prennent les bases et les utilisent intelligemment pour sortir un EP sans fausse note ni morceau faible. Espérons que la prochaine plaque ne prendra pas sept ans, parce que cet Eternal Scream Of Hate m'a mis en appétit !

Mister Patate (8/10)

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Rotten To The Core Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Bleeding To Death 2. Metamorphosis 3. Eternal Scream Of Hate 4. Desperate Final Assault 5. Chaos The Creator

 

Archspire – The Lucid Collective

Depuis quelques semaines, Origin tease ses fans sur la toile avec cette petite phrase annonçant le futur album programmé pour cet été : You are not ready. Après Entity, en effet, on est en droit de se demander comment le groupe pourra faire plus complexe, plus carré, plus chirurgical… Mais à ce petit jeu, un outsider canadien vient de frapper un grand coup de pied dans la fourmilière Tech en balançant une galette d'une précision diabolique : Archspire.

Et pourtant, nos amis du Nord n'ont pas un bagage aussi impressionnant que leurs concurrents, tout au plus un premier album de bonne facture… Vous comprendrez donc aisément pourquoi l'effet de surprise est encore plus marqué. En trois ans, le groupe a su progresser et gagne en maturité, ce qui se ressent clairement sur ce nouvel opus sorti chez Season Of Mist. L'intro se fait en douceur, avec un petit relent d'Obscura avant d'accélérer franchement et de venir marcher franchement sur les plate-bandes d'Origin, voire même de se payer le luxe de faire encore mieux (au niveau du chant, le débit d'Oliver est plus proche de la rafale de Kalach que de ce que faire une paire de cordes vocales). C'est précis, c'est complexe, c'est ultra carré (pas un écart, pas un pet de travers, une vraie leçon de maîtrise), à tel point qu'on peut se demander si le groupe saura reproduire ceci en live (1).

Une chose est sûre : en matière de death technique, Origin devra absolument assurer un max sur son prochain album qui sortira dans quelques mois, parce que pendant que les ricains teasaient, les Canadiens s'appliquaient en studio et ont frappé les premiers. Et c'est magistral. Certains regretteront le manque de spontanéité (difficile de prévoir de la spontanéité dans un album dont chaque morceau est calé au millimètre), mais cette débauche technique a pour résultat un des albums les plus prometteurs de l'année. À écouter d'urgence !

Mister Patate (9/10)

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Season Of Mist Records / 2014
Tracklist (34:35) 1. Lucid Collective Somnambulation 2. Scream Feeding 3. The Plague of AM 4. Fathom Infinite Depth 5. Join Us Beyond 6. Seven Crowns and the Oblivion Chain 7. Kairos Chamber 8. Spontaneous Generation

(1) la réponse est oui, j'ai eu la chance de les voir sur scène.