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Enthroned – Sovereigns

402827En l’espace de neuf albums, Enthroned a su progresser sans cesse pour arriver à un niveau de qualité qui n’a rien à envier à d’autres noms bien plus prestigieux… Mieux encore : là où certains fers de lance du genre s’essoufflent ou s’égarent, nos petits Belges restent fidèles à eux-mêmes et assènent Sovereigns, dixième album de leur discographie et, à mes yeux, l’album de la consécration pour le groupe.

La consécration après 10 albums, Patate, ce serait pas un moyen détourné de dire que les 9 albums précédents étaient moyens ?

Non, certainement pas. Sur les trois derniers albums, par exemple, Enthroned avait su proposer une recette qui tenait la route, un Black Metal racé et énergique qui, s’il ne brillait pas par son originalité, compensait par une efficacité à toute épreuve. Sovereigns, par contre, va plus loin que ses prédécesseurs et ouvre de nouveaux horizons. L’évolution la plus flagrante se situe au niveau des guitares, de ces percées presque lumineuses sur « Of Feathers And Flames » et « The Edge Of Agony », comme autant de bouffées d’air dans une atmosphère viciée… Et c’est justement cela qui rend Sovereigns si particulier, si efficace. Enthroned a su sélectionner ses ingrédients, les combiner de telle sorte qu’aucun ne prédomine sur l’autre et nous servir au final un album parfaitement équilibré, qui allie brutalité, ambiance et une touche de mélodie dans une folle sarabande noire. Alors que tous les fans de Black Metal attendent avec impatience la nouvelle offrande de Mayhem également prévue pour cette année, Enthroned a peut-être déjà coupé l’herbe sous le pied des Norvégiens. Sovereigns, album de Black Metal de l’année ? Il est trop tôt pour le dire, mais les Belges ont toutes les cartes en mains pour réaliser ce tour de force.

Mister Patate (9/10)

Facebook officiel 

Agonia Records / 2014
Tracklist (40:23) 1. Anteloquium 2. Sine Qua Non 3. Of Feathers and Flames 4. Lamp of Invisible Lights 5. Of Shrines and Sovereigns 6. The Edge of Agony 7. Divine Coagulation 8. Baal al-Maut 9. Nerxiarxin Mahathallah

 

A Day To Remember – Common Courtesy

A_Day_to_Remember,_Common_Courtesy_2013_albumIncroyable, les vendeurs de yaourts. Les gars, ils nous fourguent chaque semaine leur came moisie en usant et abusant de superlatifs. On pourrait penser que c'est suffisant. Beh non, Léon ! Non contents de nous refiler leurs nouvelles bouses, ils arrivent à dénicher des groupes qui ont pondu une galette il y a un an aux States (soit une éternité dans le monde de la musique) et se la jouent : "WOW, les gars, regardez ce que vous avez failli rater sans nous !".

Wéééé, merci les gars, sérieux, comment ai-je pu vivre sans A Day To Remember !

Oui, parce que A Day To Remember, c'est la collision frontale entre Good Charlotte et le Metalcore. Et le pire dans l'histoire, c'est que les deux influences ont survécu et copulent allègrement pour un résultat des plus déconcertants. Ca se veut funny et décontracté du slip, tout en gardant en réserve quelques breakdowns Metalcore à tendance virile ("Sometimes You're The Hammer, Sometimes You're The Nail") et une ou deux balades gnangnan pour ratisser large. C'est de la merde, en somme. C'est vendeur aux States. Par palettes entières.

Putain mais comment ce groupe n'a-t-il pas été signé par Victory Records ?

Beh en fait, si, ils étaient signés chez Victory Records, puis ils se sont engueulés et c'est finalement un juge qui a tranché et a permis au groupe de sortir cet album sur une base indépendante en 2013. MAIS COMMENT VOULEZ-VOUS QU'ON FASSE CONFIANCE À LA JUSTICE ? MEEEERDE ! C'est à cause d'un juge ricain que cet album n'a pas fini aux chiottes, à cause de ce juge que j'ai perdu mon temps à décortiquer ce énième album inintéressant de pop-metalcore comme les States nous en chient par paquets de 12 chaque jour. Pour vous dire à quel point c'est mauvais, je trouve "Wrecking Ball" de Miley Cyrus plus réussi. 

Du Good Charlotte sous stéroïdes, sur le papier, ça donnait déjà pas envie, mais faites-moi confiance, à moins que vous n'ayez 17 ans et que vous soyez ricain, vous n'aimerez pas… À l'heure d'écrire ces lignes, ce groupe a 4.776.711 fans sur Facebook. Soit deux fois plus qu'Anthrax. Soit quelques centaines de milliers de plus que Slayer… Mais si le nombre de likes était vraiment une indication fiable de la qualité de la musique, ça se saurait.

Mister Patate (a band to forget/10)

Facebook officiel 

Autoproduction – Him Media / 2013-2014
Tracklist (53:11) 1. City of Ocala 2. Right Back at It Again 3. Sometimes You're the Hammer, Sometimes You're the Nail 4. Dead & Buried 5. Best of Me 6. I'm Already Gone 7. Violence (Enough Is Enough) 8. Life @ 11 9. I Surrender 10. Life Lessons Learned the Hard Way 11. End of Me 12. The Document Speaks for Itself 13. I Remember  

 

Lacuna Coil – Broken Crown Halo

Press_CoverI wish we could have
All the time in the world
But we have come too far
To give up who we are

Et c'est exactement à ce moment que j'ai éclaté de rire. Oui, quand Cristina a posé cette ligne de chant sur « Nothing Stands In Our Way », le premier morceau de ce nouvel effort de Lacuna Coil. « Nous avons été trop loin pour renier ce que nous sommes », quelques mots qui, placés dans la bouche de la frontwoman du groupe qui a exécuté le plus magistral retournement de veste au fil des 5 (voire même 8) dernières années, sont particulièrement savoureux. Comment un groupe qui a su aligner trois albums de qualité supérieure entre 1999 et 2002 a-t-il pu s'enliser aussi rapidement et radicalement pour en arriver à nous servir des opus aussi poussifs ? Shallow Life faisait déjà figure de ratage à l'époque, mais il gardait encore une petite force de frappe (« Survive » et sa montée en puissance presque convenable en intro). Ici, nous assistons à un véritable naufrage en règle du groupe milanais.

Avec Broken Crown Halo, Lacuna Coil réussit le tour de force peu commun de nous pondre un quatrième album d'affilée plus faible que son prédécesseur. Il ne reste plus rien de ce qui faisait la force du groupe. Il ne reste même plus rien de Metal dans cette mixture aseptisée et particulièrement faiblarde. Les riffs sont bateaux, les rythmiques ne suscitent aucune hausse du rythme cardiaque et le chant…. HA, le chant ! Cristina a toujours un beau brin de voix, certes, mais ce n'est pas cela qui viendra sauver cet album de l'échec total. Les titres s'enchaînent sans le moindre relief, c'est mou, c'est chiant, ça fleure le produit formaté FM pour teenagers ricains. Lacuna Coil a certainement pris des cours auprès de Faust pour vendre aussi bien son âme au diable…

Mister Patate (I sold my soul for US teenagers/10)

 

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Century Media Records / 2014

Tracklist (47:35) 1. Nothing Stands in Our Way 2. Zombies 3. Hostage to the Light 4. Victims 5. Die & Rise 6. I Forgive (But I Won't Forget Your Name) 7. Cybersleep 8. Infection 9. I Burn in You 10. In the End I Feel Alive 11. One Cold Day