Author Archive

363327Il aura fallu un sacré bout de temps pour que j'arrive enfin à pondre cette chronique du dernier effort des Norvégiens de Crest Of Darkness. Remarquez, d'après Metal-Archives, il est déjà sorti 8932 albums depuis le 01/01/2013 à l'heure où j'écris ces lignes. Et fatalement, parmi tous ces albums, ils arrivent que certains prennent bien plus de temps à être décortiqués par notre équipe, certainement quand ils n'ont rien de franchement spécial à proposer.

L'intro peut sembler sévère, mais le constat est indéniable : en 6 albums, Crest Of Darkness n'a pas encore su proposer ne fût-ce qu'un album-phare, un moment de bravoure musicale. Crest Of Darkness est dans le ventre mou du classement des formations de Black Metal norvégiennes, loin derrière les grands noms qui ont fait la réputation de cette scène. Oh, leur musique n'est pas mauvaise, certes, mais tout est si convenu, si prévisible, si… moyen. In The Presence Of Death ronronne tranquillement, presque sans ambition, à tel point qu'on se demande pourquoi le groupe persiste à aligner les sorties sans donner l'impression de mettre les tripes sur la table, comme si ce n'était qu'un passe-temps fait en dilettante.

Au final, on ne retient pour ainsi dire rien de cet album, si ce n'est un riff par ici, une petite envolée par là. Pour le reste, RAS. Peut-être satisfera-t-il les moins exigeants parmi nous. Personnellement, je dois avouer que la lassitude aura eu raison de moi après de (trop) nombreuses écoutes.

Mister Patate (4/10)

Facebook officiel 

My Kingdom Music / 2013
Tracklist (40:42) 1. Intro 2. In the Presence of Darkness 3. Demon Child 4. Redemption 5. The Priest from Hell 6. Welcome to My Funeral 7. Womb of the Wolf 8. Vampire Dreams 9. From the Dead 10. The Day Before She Died

 

Vulture Industries – The Tower

382505Avec un deuxième album ambitieux et franchement original, les Norvégiens de Vulture Industries avaient frappé très fort. L’étape suivante – et logique – était donc la signature avec un label de plus grande envergure et un troisième album susceptible de confirmer définitivement l’originalité et le talent de ce groupe. Nous les retrouvons maintenant chez Season Of Mist (qui a décidément le nez fin quand il s’agit de signer des formations dignes d’intérêt) et avec un nouvel opus sous le bras. Et le résultat ?

Une nouvelle fois, Vulture Industries a su mettre à profit son originalité pour nous proposer une expérience à part. D’aucuns continuent à évoquer la filiation avec Arcturus, certains évoquent aussi dans un même souffle une touche de Faith No More, mais Vulture Industries, en fait, a son propre univers, son propre style, sa propre identité. Dès l’opener – l’excellent « The Tower » –, le groupe nous prend par les tripes en nous livrant un Metal avant-garde varié, un kaléidoscope d’influences et de sons parfaitement cohérent. Guitares, piano, saxophone, basse et batterie s’unissent en une folle farandole pour nous proposer neuf longues plages passionnantes, un univers où toutes les limites et toutes les étiquettes auraient été abolies, où tout est permis… et surtout maîtrisé d’une main de maître. Cerise sur le gâteau : le chant (certainement l’argument le plus utilisé pour justifier la comparaison avec Arcturus)… ou plutôt devrais-je dire les chants, tantôt enjôleur, tantôt hargneux, mais toujours juste.

Une fois de plus, Vulture Industries marque les esprits avec un album frais et original. Dans cet univers de la musique où tout semble tellement formaté, des formations de ce calibre font un bien fou. Espérons que leur signature chez Season Of Mist leur permettra de toucher un public plus large, tant ce groupe mérite à être connu. 

Mister Patate (9/10)

Facebook officiel 

Season Of Mist Records / 2013
Tracklist (54:27) 1. The Tower 2. Divine – Appalling 3. The Hound 4. Blood on the Trail 5. The Dead Won't Mind 6. A Knife Between Us . The Pulse of Bliss 8. Sleepwalkers 9. Lost Among Liars

Ulcerate – Vermis

381803Il y a quelques semaines, je finissais ma chronique du dernier opus de Gorguts en indiquant que seul Ulcerate serait capable de rivaliser avec ce monstrueux pavé de Death technique qu’est Colored Sands. J’attendais les Néo-Zélandais au tournant (il y a de quoi, au vu de leur parcours jusqu’à présent sans faute), salivant déjà à l’idée du mano a mano que se livreraient l’hémisphère sud et l’hémisphère nord dans la lutte visant à désigner le champion ès Death Technique de l’année 2013, mais cette confrontation aura finalement tourné court, tant Gorguts et Ulcerate ne jouent pas dans la même catégorie.

Là où Gorguts se la joue chirurgical, Ulcerate tombe dans le viscéral, le brut, le désespéré. Vermis est une œuvre noire, touffue, un cheminement long et torturé. Parler ici simplement de death technique serait réducteur pour décrire ce que les Néo-Zélandais nous proposent à nouveau sur ce quatrième album. En effet, la technique n’est pas le seul atout du groupe, il convient d’y ajouter une capacité hors du commun à tisser une ambiance oppressante, à l’instar d’un Esoteric ou d’un Deathspell Omega. Ceux qui auront trouvé les œuvres d’un Deeds Of Flesh ou d’un Gorguts trop « stériles » se réjouiront donc de cette force d’Ulcerate. 

Vermis est une véritable épreuve, un tour de force réalisé par trois musiciens qui s’amusent à briser les codes, à repousser les limites. Nico, dans sa chronique de Satyricon, évoquait le concept de liberté de l’artiste, et Ulcerate en est, selon moi, le meilleur exemple : faisant fi de toutes les conventions et de toutes les modes, ils viennent de pondre ce qui, à mes yeux, est l’album de l’année.

Mister Patate (9,5/10)

Facebook officiel 

Relapse Records / 2013
Tracklist (54:30) 1. Odium 2. Vermis 3. Clutching Revulsion 4. Weight of Emptiness 5. Confronting Entropy 6. Fall to Opprobrium 7. The Imperious Weak 8. Cessation 9. Await Rescission