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D’ici quelques dizaines de minutes, Aborted montera sur scène pour le troisième des cinq shows exclusifs organisés pour fêter les 10 ans de Goremaggedon. Après Klagenfurt et Winterthur et avant Paris et Essen, Sven et ses potes s’apprêtent donc à faire la fête à domicile, en Belgique. Et pourtant, je suis là, derrière mon PC, à écrire cet article, alors que j’avais été un des premiers à me réjouir de cette série de concerts exclusifs.

Mauvaise grippe intestinale ? Sinusite purulente ? Déchirure des ligaments croisés du genou ? Non, simplement une vague impression de m’être fait enfler.

La première mauvaise surprise venait de la salle en elle-même. La Belgique est certes un petit pays, mais elle compte pas mal de bonnes, voire d’excellentes salles. Magasin 4, Trix (anciennement connu sous le nom d’Hof Ter Lo), Biebob, La Ferme du Biéreau… autant d’adresses qui ont déjà accueilli Aborted par le passé et qui auraient pu servir de cadre aux festivités. La surprise fut donc assez rude lorsque l’adresse tomba : JOC Ieper. Capacité maximale : 200 places. Mouais, plutôt intimiste, la fiesta, surtout si on compare cette salle au Divan Du Monde de Paris ou au Turock d’Essen. Mais bon, si ce n’était que ça…

Là où mes dents ont violemment grincé, c’est lorsque les groupes qui joueront avant Aborted ont été annoncés. Corpse Mutilation, The Curse Of Millhaven et Crimson Falls. Avec tout le respect que j’ai pour ces groupes (surtout Crimson Falls, Fragments of Awareness tourne encore de temps en temps dans le mange-disques), je me suis posé des questions. Paris aura droit à Benighted et Sublime Cadaveric Decomposition, Essen à Vomitory et Defeated Sanity (un des tous derniers concerts des Suédois, en plus !) et  nous, pauvres Belges, nous avons des groupes à la réputation bien moins établie. Est-ce une volonté de privilégier la scène belge ? Peut-être, mais d’autres pointures de notre beau pays auraient pu rendre la fête bien plus folle (qui a dit Leng Tch’e ?). Ici, ça fait un peu anniversaire au rabais.

J’apprécie beaucoup Aborted, tant sur album que sur scène. La déception aura donc été d’autant plus grande quand j’ai vu que le show exclusif que réservait Sven à la Belgique serait peut-être le plus faible – en termes d’affiche – de cette tournée de 5 dates. Allez, bon anniversaire quand même.

PS : Je sais, il reste encore deux dates, Paris le 26 et Essen le 27, mais j’ai déjà un enterrement au programme le 27. Celui de Gorath.

367270En l’espace de trois albums, Hacride a su se faire un nom et se constituer une fanbase confortable. Par ailleurs, les critiques semblaient pour le moins unanimes et positives : « révélation du Death progressif », « pur », « aérien », « Meshuggah qui se prendrait pour Dream Theater » (bon, ce dernier commentaire ne sonne pas forcément comme un compliment, avouons-le), j’en passe et des meilleures… Et pourtant, on ne peut pas dire que la rédac ait sauté de joie en recevant leur nouvel effort sorti chez Indie Recordings (une maison réputée pour son sérieux et la qualité de ses sorties). Je me suis donc penché avec une oreille curieuse et attentive sur ce Back To Where You’ve Never Been.

Pffff, je sens que je vais encore me faire des amis.

Le problème ne vient certainement pas des talents de composition du groupe. Quand il s’agit de faire parler la poudre et de lâcher les chiens, Hacride s’y donne en effet à cœur joie : riffs massifs, grosse rythmique, le tout servi par une production cristalline et puissante… à ce niveau, les Frenchies font fort et sont plus que convaincants. Le problème vient plutôt de ce que j’appellerais « l’emballage ». Prenez le premier titre, « Introversion » : avant de véritablement entrer dans le vif du sujet, Hacride brode pendant 2 (trop) longues minutes, à tel point que j’ai presque envie de parler de « syndrome Gojira » (vous vous souvenez, L’Enfant Sauvage ?), de cette manie d’allonger inutilement le propos en proposant intros, intermèdes et autres interludes plus ou moins aériens, comme s’il fallait absolument meubler pour remplir un album entier…

Je dois reconnaître que tous les éléments de cet album sont là pour une raison bien précise, que tous ces passages plus aériens viennent ponctuer l’album, le rendre plus « digeste », mais ils cassent aussi la dynamique de l’album et ne soulignent pas suffisamment – à mon humble avis – le contraste avec les passages plus violents. En somme, Hacride nous propose un hybride entre un Gojira light et les œuvres de Guimauve Bideau – en moins sucré et en plus progressif. Une comparaison osée et plutôt réductrice, certes (certainement lorsque l’on connaît mon avis sur les derniers efforts de ces artistes), mais c’est malheureusement l’impression qui domine chez moi après de nombreuses écoutes. Back To Where You’ve Never Been me donne le sentiment d’un EP qu’on aurait étoffé, allongé, d’une poignée de bons morceaux serti dans un cadre garni d’innombrables fioritures… Mais quand on va au musée, c’est la toile que l’on regarde, pas le cadre.

Mister Patate (4/10)

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Myspace officiel

Indie Recordings / 2013
Tracklist (xx:xx) 1. Introversion 2. Strive Ever to More 3. Synesthesia 4. Overcome 5. Edification of the Fall 6. To Numb the Pain 7. Ghosts of the Modern World 8. Requiem for a Lullaby 

Sodom – Epitome Of Torture

EpitomeDepuis 2005, Sodom semble quelque peu en retrait face aux deux autres poids lourds du Thrash allemand que sont Kreator et Destruction. Il fut un temps où la bande à Tom dépassait de la tête et des épaules un Destruction en bien triste état et un Kreator relativement pâlot (et n’évoquons pas Tankard, qui a toujours joué dans une autre division, sa propre division). Toutefois, les années ont passé et Sodom semble peiner à gérer sa crise de la trentaine, contrairement à Mille et à Schmier plus affûtés que jamais. Après un interlude Onkel Tom, Sodom revient enfin avec un nouvel album qui ne fera pas l’unanimité.

Pourtant, l’album n’est pas mauvais en soi. Ainsi, « S.O.D.O.M. » a beau être convenu, il n’en reste pas moins efficace et rentre-dedans, le genre de morceaux qui secoue les tignasses et invite à latter son voisin dans la fosse. Le constat est identique pour « Epitome Of Torture » et ce chant plus growlé qui nous renvoie des années en arrière, et pourtant la sauce ne prend pas vraiment. Les coupables ? Tout d’abord, quelques morceaux bien moins efficaces, « CANNIBAL » en tête, qui viennent casser la dynamique d’un album qui peine déjà à décoller. Là où Kreator met un point d’honneur à fracasser l’auditeur avec un opener qui déboîte, Sodom démarre comme un diesel avec « My Final Bullet ».

Autre point faible, et non des moindres : la production. Là aussi, contrairement à Kreator et Destruction qui bénéficient tous les deux d’un son en béton armé (ils s’y connaissent, en béton, les Allemands), le son de Sodom semble bien faiblard (à moins que ce soit dû à la qualité de la copie promo envoyée par le label, mais j’en doute)… Ça fait un peu RDA, tout ça.

Sans être un naufrage complet, on ne peut pas dire que Epitome Of Torture soit une réussite, certainement au vu de ce que nous ont proposé les concurrents directs de Sodom… Espérons que ce ne sera qu’un faux-pas bien vite oublié et que le groupe pourra se remettre sur les rails.

Mister Patate (6/10)

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SPV/Steamhammer / 2013
Tracklist (39:58) 1. My Final Bullet 2. S.O.D.O.M. 3. Epitome of Torture 4. Stigmatized 5. Cannibal 6. Shoot Today – Kill Tomorrow 7. Invocating the Demons 8. Katjuscha 9. Into the Skies of War 10. Tracing the Victim