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Six Feet Under – Unborn

uneburneComme quoi, tout peut arriver sur cette scène Metal où les bonnes surprises se raréfient au fil des ans. Alors que tout se casse la gueule, que même des rocs indéboulonnables comme Slayer montrent des signes de faiblesse ou de dissensions internes, Six Feet Under prend tout le monde à contrepied en proposant son premier album intéressant depuis 1997 et Warpath (eh oui, ça remonte, hein).

Et pourtant, ça commençait plutôt mal pour SFU, avec les départs successifs de Matt DeVries et de Rob Arnold, les deux compères en droite provenance de Chimaira. Niveau beau monde, il ne restait donc que Kevin Talley (dont je me demandais encore pourquoi il perdait encore son temps au sein de ce groupe), bien vite rejoint par Ola Englund, un Suédois de luxe sous le soleil ricain. Ajoutez à cela le rythme de sortie (Undead, le dernier méfait, remonte à moins d’un an) et vous comprenez pourquoi je fronçais le nez à l’idée de me farcir cette galette.

Eh bien, je serais passé à côté de la surprise de l’année. Ni plus, ni moins. Et j’avoue que ça me fout les glandes. Depuis des années, Chris Barnes nous gratifiait de sorties anecdotiques, voire proprement nulles, et voilà que, du jour au lendemain, il nous sort, avec un line-up qui fait moins rêver, l’album que l’on n’attend pas, débarrassé de ses lourdeurs. Pis encore : « Zombie Blood Curse », par exemple, étonne par son efficacité et son potentiel de morceau qui secoue la tignasse. Même le père Barnes semble avoir ici retrouvé son second souffle et nous gratifie d’une prestation mieux maîtrisée et plus variée que sur ses derniers méfaits. Au rayon des surprises, on épinglera également le réussi « Neuro Osmosis », l’opener inattendu, avec ses parties de guitare sèche et son rythme hypnotique. Ca, du SFU ? 

Après de longues années d’errance, SFU parvient à nouveau, en 2013, à pondre un album digne d’intérêt. Coïncidence ou pas, deux États ricains ont légalisé l’herbe au cours de la même année… Ne boudons pas notre plaisir, ça faisait bien longtemps que Chris Barnes avait pu capter mon attention plus de deux morceaux !

Mister Patate (7/10)

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Myspace officiel 

Metal Blade Records – 2013
Tracklist (36:01) 1. Neuro Osmosis 2. Prophecy 3. Zombie Blood Curse 4. Decapitate 5. Incision 6. Fragment 7. Alive to Kill You 8. The Sinister Craving 9. Inferno 10. Psychosis 11. The Curse of Ancients

 

Five Across The Eyes – Alive

fateHello! Importante sortie au sein de la scène Française cette semaine : ALIVE, le premier EP des Grenoblois FIVE ACROSS THE EYES est disponible depuis le VENDREDI 1ER MARS.

Enregistré, mixé et masterisé aux États Unis par Matt Dalton (Chiodos, In Fear and Faith, DRUGS, I see Stars…), ce premier opus fait du quintette LA découverte française de ce début 2013. Avec un post hardcore doux et mélodique parsemé de parties puissantes et agressive, la formation, plus que prometteuse, crée la surprise avec son premier single « Come with Me » et se place au rang du groupe le plus attendu !

Nous vous sollicitons aujourd'hui afin de relayer la nouvelle sans modération et de récolter le plus de critiques possible! Seriez vous en mesure de fournir une chronique de l'EP?

Nous vous remercions d'avance de l'attention particulière porté a ce mail. Vous trouverez sur le lien suivant, le contenu intégral de l'EP Que nous sommes ravi de vous offrir !

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« Mon Dieu. Faites que ce soit un fake. Je parie que le boss est en train de me faire une blague, là », ont été mes premières pensées lorsque j’ai lu le discours du vendeur de yaourts qui sert de label / agent à Five Across The Eyes. En plus de sept ans de métier, je pense tenir là le discours promo le plus « enthousiaste », le plus artificiel et le plus creux jamais pondu. Franchement, les gars, vous avez pas envie de vous poser deux secondes et de vous relire (ne fût-ce que pour les fautes d’orthographe, déjà) ? Je sais que vendre ses poulains est de plus en plus ardu, maintenant qu’ils ne peuvent plus servir de matière première chez Findus, mais le touchage de nouille enthousiaste, ça marche deux minutes, pas plus ! Et vas-y que je te donne de « LA découverte française 2013 » (et moi qui croyait que LA découverte française, c’était Blackrain, les troufions au futal trop serré qui sont passés sur M6, quel con j’étais, merci de me remettre dans le droit chemin), du « groupe le plus attendu » (tout à fait, Gégé, j’attendais ça depuis des lustres, sérieux, je me disais encore la semaine passée « putain mais qu’est-ce qu’ils branlent, ces Grenoblois ? ») et, insulte ultime, « nous avons le plaisir de vous offrir l’EP ». Ouais, offrir l’EP, c’est vite dit, mon coco, tu nous balances un lien de download comme une piécette d’un cent à un Roumain au feu rouge. Monde de merde. En même temps, si j’avais reçu un exemplaire physique, je vois mal ce que j’aurais pu en faire. À part un frisbee.

Résumons : cinq Frenchies avec exactement aucune sortie à leur actif ont traversé l’Atlantique pour enregistrer leur premier EP aux States. Certains appelleront cela de l’ambition. J’appelle ça de la stupidité financière. Franchement, n’y avait-il pas un seul bon studio en France, ou à la limite en Europe ? A priori, l’herbe est plus verte ailleurs pour nos jeunes amis… mais une question me brûle les lèvres : fallait-il vraiment aller si loin pour cinq malheureux titres d’un metalcore aussi original et inspiré qu’une lasagne surgelée ?

Alors, je vous vois déjà arriver, « bouh bouh, Patate, c’est vraiment un connard de première qui déteste le metalcore ». C’est faux. D’ailleurs, hasard du calendrier oblige, Five Across The Eyes a eu le malheur de tomber dans ma boîte en même temps que Veto, prochain méfait des Allemands de Heaven Shall Burn (vous savez, LE groupe de Metalcore allemand, la Deutsche Qualität dans toute sa splendeur), et c’est justement dans un tel cas que l’on voit le fossé béant qui existe entre le bon Metalcore et le Metalcore « wannabe ricain » médiocre. Certes, FATE n’a pas la carrière d’un HSB, mais les premiers albums de Heaven Shall Burn laissaient déjà entrevoir un énorme potentiel. Alive ne laisse entrevoir rien de bon : aucune originalité, une puissance toute relative, des morceaux archi-convenus, une belle tartine à la guimauve. Alive est le genre de sorties qui trouveraient certainement un public aux States (fournisseur officiel de fusillades et de metalcore sirupeux), et on essaie maintenant de nous vendre ça comme LA découverte française de l’année, le groupe « plus que prometteur » et « le plus attendu ». Franchement, vous pensez vraiment qu’on sera assez cons pour gober ça ?

Five Across The Eyes n’est qu’une énième formation de Metalcore, le genre de groupes chiés par douzaines chaque mois dans le monde entier par des djeunz en mal de sensations fortes. Sortent-ils du lot ? Non. FATE n’est qu’un mouton de plus dans le troupeau… et rien ne ressemble plus au bêlement d’un mouton que le bêlement d’un autre mouton.

Mister Patate (beeeeeeeeeeh/10)

 

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FrenchCore / 2013

Tracklist : 1. Six. 2. Come With Me. 3. Alive. 4. Goodbye! (Feat. Matt Dalton). 5. A Bear In My Bed

 

anal-otargosTaux de remplissage: bon.
Son: correct.
Lights: service minimum.
Ambiance: attentiste sur Otargos, bordel, circle pit et stage diving pour Anaal Nathrakh.
Moments forts: Anaal Nathrakh

 

Depuis quelque temps maintenant, Anaal Nathrakh se laisse tenter par l’expérience du live. On se souvient d’une époque pas si lointaine où l’annonce de la présence du Thrakh sur une affiche était un événement. Heureusement pour nous, la bande à Dave et Mick foule de plus en plus souvent les planches des festivals et nous ont gratifié maintenant d’une tournée française en compagnie d’Otargos. En ouverture de ce mini-tour, une date gratuite à Lille (au Bistrot de Saint So)… et assurément une de mes plus grosses claques depuis longtemps.
Soyons honnêtes : l’intérêt des premières parties d’Anaal Nathrakh est tout relatif. L’orga aurait pu coller Loudblast et One Way Mirror en première partie, je serais quand même venu. Otargos a donc eu la lourde tâche d’ouvrir les hostilités, et leur show m’aura laissé un sentiment mitigé : c’est pas mal, certes, on sent une envie d’en mettre plein les esgourdes, mais je ne suis pas convaincu à 100 %. Peut-être est-ce (paradoxalement) dû à la présence de deux ou trois nouveaux morceaux… À réécouter plus attentivement sur album, sans la pression supplémentaire engendrée par l’approche de la déferlante du Thrakh.

Plus le temps passe, et plus les Anglais prennent de l’assurance sur scène. Je me souviens de leur show au Summer Breeze 2009 (premier show sur le sol allemand, un rappel de ce que les Anglais peuvent infliger comme dégâts chez nos voisins d’Outre-Rhin) et d’une prestation plutôt chaotique. Le groupe envoyait la sciure comme pas permis mais n’était pas toujours très carré et restait plutôt brouillon. Au Neuro 2012, par contre, on sentait déjà une amélioration (même si on est loin du niveau d’un Spawn Of Possession), et cette tendance s’est encore accentuée cette fois. Bien que ce soit le premier show de la tournée, on sent le groupe plus à l’aise et franchement content d’être là. Dave, comme à son habitude, arpente la fosse pendant les premières minutes de « Drug Fucking Abomination » avant de rejoindre ses compères sur scène et de nous coller une véritable leçon de violence auditive. Nouvel album oblige, la setlist est axée sur le très bon Vanitas, mais le groupe n’oublie pas pour autant ses premiers albums. Malgré les problèmes de son en début de show (Dave se plaignant du manque de retour… ce qui ne l’empêchera cependant pas de terminer un « Bellum Omnium Contra Omnes »), le groupe gagnera en puissance tout au long du concert, invitant le public à monter sur scène et à slammer, et finira sur un « Do Not Speak » hallucinant de brutalité… très vite suivi par un rappel de luxe, « The Lucifer Effect » expédié à toute vitesse. 
En l’espace de 11 morceaux, Anaal Nathrakh aura fait honneur à sa réputation de machine de guerre : pas toujours très carré, certes, mais un déploiement d’énergie peu commun. On regrettera juste la durée du set (j’aurais volontiers remplacé la première partie par quatre ou cinq morceaux supplémentaires)… 


Tracklist 
Drug Fucking Abomination
Bellum Omnium Contra Omnes
In Coelo Quies, Tout Finis Ici Bas
Submission Is For The Weak
The Final Absolution
In The Constellation Of The Black Widow
More Of Fire Than Blood
Forging Towards The Sunset
Todos Somos Humanos
Do Not Speak
The Lucifer Effect
PS : Marc, DICKHEAD !

Sites : Otargos – Anaal Nathrakh

Bistrot de Saint So