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ifdTous ces groupes de Deathcore de seconde zone me font chier. Depuis qu’un groupe a inventé la mode du breakdown XXL, de la moshpart pachydermique et du duo ours en rut/castrat hystérique, il ne se passe pas une semaine sans qu’un groupe se laisse pousser la mèche et prenne en marche le train du Deathcore. Le Deathcore, c’est un peu le lapin crevé sur un bord de route en plein cagnard, les tripes à l’air, et toutes ces formations sont autant d’asticots qui viennent se tailler un bout de la carcasse, histoire de grandir et de devenir… une mouche à merde. Vous savez, la grosse mouche poilue qui bourdonne et vient vous les briser alors que vous essayez de poser votre pêche sur une aire d’autoroute en allant au Hellfest / Wacken / autre festival hors de prix. Alors, comment Idols For Dinner pourrait-il se distinguer de ses congénères  

La réponse est simple : il n’y arrive pas. Même gros son (on soulignera le très bon travail de Stéphane Buriez au mix, décidément plus efficace derrière les manettes de son studio qu’à la tête de Loudblast depuis 2001), même clichés cent fois ressassés, même sentiment d’écœurement après une poignée d’écoutes. C’est creux, bruyant, pas inspiré, et ce malgré les moyens engagés pour que le tout sonne très pro. Oui, ça sonne pro, mais les compos en elles-mêmes valent-elles pour autant le détour ? Non.

Espérons pour eux que ce premier opus se vende correctement. Avec un peu de bol, ils toucheront suffisamment de thunes pour s’acheter la paire de burnes dont ils ont cruellement besoin pour se forger un caractère propre et quitter la cohorte des moutons qui suivent aveuglément le troupeau.

Mister Patate (j’ai perdu deux ans d’espérance de vie à cause de cet album/10)

Facebook officiel 

M & O Music / Rock N Growl Promotion – 2012
Tracklist (trop:long) 1. I Sell You That World 2. Legally Instituted Murder 3. Perpetual Decline 4. Scarlet 5. Prosthetic Memories 6. We The Lost Travelers 7. Mask Of Sorrow 8. Districts Of Fear

 

Lu en commentaire de la chronique de The Project Hate MCMXCIX – The Cadaverous Retaliation Agenda rédigée par Jäkelunge

perso je boycotte ce groupe, 15 euros pour des mp3, il rêve le gugus !

Je me marre. Franchement, certains devraient entendre les conneries qu’ils écrivent, histoire qu’ils se rendent compte des énormités qu’ils pondent…

listen_to_yourself

Détricotons ensemble cette phrase de notre lecteur qui pense que payer 15 euros pour acheter des MP3 est une honte.

Tout d’abord, le contenu. Pour 15 euros, The Project Hate MCMXCIX ne vous envoie pas uniquement du MP3. Vous recevez non seulement les MP3 (en échantillonnage 320), mais aussi l’album en fichier WAV (sans perte de qualité), l’album en version instrumentale (aussi en MP3 et en WAV), l’artwork complet en haute définition et une « image » qui vous permet de graver directement l’album et d’ainsi obtenir le « produit fini », mais fait maison. Il vous suffit donc de prendre un CD vierge, de le graver, de (faire) imprimer l’artwork sur du papier glacé et vous avez l’album entre vos mains. La seule différence entre cet album fait maison et un album vendu au format physique ? Elle est minime : l’artwork ne sera pas imprimé sur le CD. Pour le reste, aucune différence. AUCUNE, je vous dis. Le son sera pareil. Coût final de l’opération, en comptant large : 18 euros pour un double album. On a déjà vu pire.

Mais ça demande un effort, tu dois faire le pressage toi-même, non mais euh, tu me prends pour quoi, un presseur ?

Ha, le pressage, merci d’aborder ce point. Par curiosité, j’avais étudié la question alors que The Project Hate récoltait encore des fonds pour l’enregistrement. Pour 600 EUR, j’avais trouvé une boîte qui assurait le pressage de l’album en 500 exemplaires, avec boîtier cristal, artwork et livraison de ces 500 albums n’importe où en France. Prix par CD : 1,2 EUR. Par ailleurs (je n’ai pas fait le calcul, mais ce serait intéressant à faire), j’imagine que le prix par unité peut encore diminuer si l’on augmente la quantité d’exemplaires. Donc, lorsque tu paies 15 euros pour une galette chez ton disquaire, rappelle-toi que la part payée pour le support physique est d’environ 10 % (de nouveau, en comptant très large). Les 90 % restants sont, quant à eux, utilisés pour rémunérer les différents intervenants. Dans le cas de The Project Hate, tous les intervenants ont été « supprimés » : pas de label, pas de promo, pas de distributeur, pas de magasin qui se fait une marge sur l’album… Pour une fois, tout l’argent versé revient directement à l’artiste, plutôt que d’engraisser une flopée de personnes qui, au final, n’auraient de toute façon pas contribué un seul instant à la musique que tu écoutes. Honteux ?

Faire payer 15 euros pour un double album, s’il est proposé dans une version dématérialisée d’une qualité telle qu’il est possible d’en créer soi-même une version physique de qualité égale à un produit « industriel », n’est pas exagéré. Faire payer 15 euros le fruit de deux années de travail n’est pas exagéré. Au final, on ne paie pas pour une rondelle en plastique. On paie pour la musique, pour le plaisir qu’elle va nous procurer… Boycotter un groupe pour la seule raison qu’il ne propose qu’une version dématérialisée de ses albums est stupide. Je ne trouve pas d’autre mot. Enfin, si, j’en trouve beaucoup d’autres, mais je ne voudrais pas être injurieux.
 

Eindhoven Metal Meeting 2012

Taux de remplissage: sold out le vendredi
Son: au poil
Lights: tout dépendait des groupes. La palme du lightshow pourri pour Satyricon
Ambiance: sympa
Moments forts: The Amenta, Brujeria
Photos

Soyons honnêtes : en cette veille de fin du monde, je m’attendais à des conditions dantesques pour me rendre au festival haï par les Dieux de la Météo, j’ai nommé le Eindhoven Metal Meeting. 2009 avait été l’année du froid, 2010 celle de la neige, 2011 celle de la tempête (et de la neige au retour), 2012 fut celle… de la petite averse pourrie et des températures oscillant entre 6 et 9 degrés. Cette année, la tempête n’était pas dehors… elle était dedans !

Dès le coup d’envoi, le premier groupe déchaîne un bordel sans nom. The Amenta, un nom à ne pas oublier, à se graver au fer rouge dans les méninges. J’étais dans un état trop avancé pour en profiter au Mass Death, je prends ici la grosse mandale à jeun. 6 morceaux, un temps de jeu ridicule : les conditions sont défavorables à ces pauvres gars qui ont traversé la moitié du monde pour tourner en Europe, mais ils s’en battent. Ca cogne violemment, le son est énorme, les compos tuent. Je reste scotché devant leur show et me rue ensuite au stand de merch pour acheter les albums. Comme quoi, électro et Metal peuvent faire bon ménage. Si une bonne âme pouvait envoyer un album de The Amenta à Morbid Angel pour leur montrer comment mixer ces deux ingrédients correctement, ce serait sympa.

À peine le temps de souffler, et voilà déjà Psycroptic. Je pars avec un a priori défavorable (leur show du Mass Death étant pénible d’un point de vue son), mais il semble cette fois que l’ingé son ait retiré ses moufles. Re-mandale made in Australie. Putain, ils alignent les notes, ces foutus Tasmaniens, et là aussi, le temps de jeu est ridiculement court. Dire qu’Ancient Rites joue juste au-dessus d’eux sur l’affiche… Ancient Rites, d’ailleurs, le mauvais set de la journée, pas inspirant, juste chiant. Après un départ en trombe, le festival connaît un coup de mou, l’occasion pour moi de prendre un pot et de manger un bout avant le dilemme du jour : Dark Tranquillity ou Grand Supreme Blood Court ?

Au final, je ferai les deux, du fifty-fifty dans toute sa splendeur. Les Suédois sortent le grand jeu (du moins musicalement, les lights étant assez mauvaises), tandis que la bande à Van Drunen se la joue pépère dans la petite salle avec un feeling très Asphyxien. Pas mal du tout, je regrette juste le choix cornélien qui m’a forcé à rater la moitié de chaque set.
Mais pas le temps de chialer, parce que maintenant, on se met au Black. Au gnouf Obituary, place à la doublette Enthroned-Taake. La petite salle est bondée comme un œuf, la chaleur se fait tenace, Enthroned monte sur scène et enchaine les morceaux avec une conviction rare. Des soucis de guitare ? On s’en fout, on continue, pas de répit, pas de quartier, du Black comme on l’aime ! Taake, juste après, enfoncera encore le clou avec un Hoest certes relativement calme (du moins au début du set, je n’ai pas tenu jusqu’à la fin, la faute à une soif tenace et une chaleur de bouc), mais néanmoins bien en voix.

Techniquement, même si un autre groupe passait encore après sur la Mainstage, Satyricon était la tête d’affiche du jour. Personnellement, je suis resté sur ma faim. Le groupe est en roue libre (dernier concert de l’année oblige), Satyr et un des gratteux (le frenchie Gildas, si je ne m’abuse) sont blessés, les conditions de visibilité sont pourries (je sais que les Hollandais aiment la fumette, mais là, on a un poil abusé sur les fumigènes, non ?) et la setlist était pour ainsi dire convenue. On se consolera avec le fait qu’on aura au moins appris que le groupe sortira un album en septembre 2013 et que ce sera différent des albums précédents. Pas de black pop comme sur le dernier, donc (ouf), mais pas de Black Metal comme aux débuts (dommage). « Mother North » se finit, la salle se vide assez bien, et les absents ratent le moment de la journée : Brujeria.

Je n’attendais rien des Bandidos, et leur set du Hellfest était peu convaincant. Mais là, quelle claque ! Un son excellent, des zikos contents d’être là (le père Embury était absent et, derrière ce masque du bassiste se dissimulait un Jeff Walker qu’on reverra bientôt avec Carcass. Là aussi, un nouvel album s’annonce, et le premier aperçu donné en live (« Angel de la Frontera ») laisse présager un truc assez sympa.

Au final, même si je ne suis resté qu’un jour, le Eindhoven Metal Meeting aura rempli avec brio son rôle de dernier fest de l’année. Un bon moment, avec une bonne affiche, dans une bonne salle… Que demander de plus ?

Un grand merci à Roman pour le pass photo