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Time To Break The Ice

Winter,

À première vue et à la lecture de tes chroniques (je pense notamment à celles de Ministry et de Bodyfarm, où nos analyses se rejoignaient malgré les 1500 kilomètres qui nous séparent), nos goûts sont si proches… et pourtant si éloignés.

Prenons le Death Metal old school. J’évoquais Dismember, Entombed et toute cette frange suédoise du Metal de la Mort quand tu citas Immolation. Merde, Immolation, il me pose une colle d’entrée ! J’ai eu beau me triturer les méninges, pas moyen de citer un album d’Immolation m’ayant vraiment marqué. Voilà ce que l’on peut appeler sans aucun doute une grosse lacune dans ma culture musicale. Chacun de leur passage en live dans mes contrées m’a certes laissé une bonne impression mais, hélas, leurs albums ne sont jamais parvenus à susciter en moi le même engouement qu’un bon vieux Malevolent Creation, voire même qu’un Obituary époque Slowly We Rot. Peut-être pourras-tu, un jour, me dévoiler la clé pour apprécier ce groupe sur album…

Par contre, il existe au moins un groupe (1) sur lequel nous sommes d’accord : Electric Wizard. Il faut dire que les géniteurs des superbes Dopethrone et Let Us Prey affichent un palmarès pour le moins impressionnant, sans la moindre véritable fausse note (mis à part, peut-être, leur dernier EP, ne trouves-tu pas ?). D’ailleurs, ils ont fait des émules en France : Huata, dont l’album Atavist Of Mann squatte mes platines depuis quelque temps déjà. Tu m’en diras des nouvelles.

Bon, c’est pas tout ça, je retourne plancher sur ce fameux album de Horseback dont tu m’as parlé tout à l’heure… Pas évident à cerner, le bougre, et ce chant de gargouille ne me facilite pas la tâche !

Voici pour ce courrier, le premier d’une longue série, j’espère.

Mister Patate

(1) quand je dis « au moins », ceci indique que nous risquons bien vite de nous trouver de nombreux points communs musicaux, au fil de nos échanges…

Liens intéressants :

Huata : www.huata.bandcamp.com

Chroniques de Ministry – Relapse

Les Eternels : http://www.leseternels.net/chronique.aspx?id=5212

Metalchroniques : http://metalchroniques.fr/wp3/2012/chroniques/ministry-relapse/

Chroniques de Bodyfarm – Malevolence

Les Eternels : http://www.leseternels.net/chronique.aspx?id=5303

Metalchroniques : http://metalchroniques.fr/wp3/2012/chroniques/bodyfarm-malevolence/

 

 

Resistance – To Judge And Enslave

Bon, j’avoue, To Judge And Enslave, la nouvelle galette des Belges de Resistance, prend allègrement la poussière depuis des mois. Enfin, quand je dis « prendre la poussière », c’est faux : à l’époque, début janvier, le groupe m’a contacté pour chroniquer l’album et m’a filé… un lien en streaming. Et les MP3 ? « Ha non, pas moyen pour le moment ». En 2012. Pas moyen d’avoir les MP3. Je passe déjà des heures assis devant un PC au taf, je vais pas encore me farcir x sessions de 37 minutes d’écoute sur PC pour une chronique. Faut pas déconner, non plus. J’ai donc attendu sagement d’avoir l’album à un format plus pratique et plus transportable pour me faire une idée de cette galette. Voilà, sept mois plus tard, enfin une chronique. Un peu tard ? Certes, mais le groupe nous a contactés pour avoir un avis, on allait quand même pas les décevoir…

Par contre, eux, qu’est-ce qu’ils me déçoivent ! Depuis 2006 et le premier album (du hardcore, à l’époque), Resistance pond un album tous les deux ans. Faites le compte, vous arrivez à 4. Ce qui a changé, par contre, c’est l’orientation du groupe qui flirte désormais allègrement avec le Death(core) générique de base. Musicalement, c’est pas mal branlé du tout, il faut le reconnaître : gros son qui avoine, morceaux rentre-dedans, quelques grosses moshparts « look at my balls » (le final d’« Oblivious », par exemple), un beugleur au registre varié (dont le fameux pig squeal désormais devenu incontournable, semble-t-il… Vivement qu’Epica s’y mette aussi)… En somme, la base est correcte, mine de rien. Mais bordel, ça manque de personnalité, tout ça ! Resistance n’est qu’un énième groupe qui vient s’ajouter à la cohorte de sorties plus ou moins intéressantes du genre et qui n’apporte aucune valeur ajoutée. Le seul moment où j’ai tendu l’oreille était la fin de l’album : « Tiens, c’est fini ».

Et j’en retiens quoi, après de nombreuses écoutes ? Rien. Strictement rien. Ça rentre par la gauche et ça sort par la droite, comme un voleur, discrètement, sans allumer la lumière. Un disque furtif, je suis persuadé que le concept devrait intéresser l’industrie de l’armement ricaine.

Mister Patate [3/10]

Myspace officiel

HMB Productions – 2012
Tracklist 1. The Descent 2. Make Belief Savior 3. Hordes of The Damned 4. Oblivious 5. E.N.S.L.A.V.E.D. 6. Nihil 7. Traitor 8. Brutalized 9. Pointless Desire 10. Clench Your Fist at God

 

Grave – Endless Procession Of Souls

Nous voici donc aujourd’hui en présence d’Ola, chanteur et guitariste de Grave. Ola, Endless Procession Of Souls va bientôt tomber dans les bacs. Que peux-tu nous en dire ?

– Je pourrais te faire le discours promo standard, « c’est l’album le plus heavy qu’on ait jamais enregistré », et te laisser des étoiles plein les mirettes en te racontant à quel point on voulait faire le lien avec l’essence même de notre genre, l’époque You’ll Never See, tu vois, mais bon, on va pas tortiller du fion pour pondre un hareng fumé, c’est du Grave pur jus, coco, aucune évolution, aucune prise de risque, le business comme d’hab’, quoi, tranquillou gros.

C’est bien beau, tout ça, Ola, mais ne crains-tu pas une certaine lassitude du fan de base, d’autant plus que de nouveaux groupes suédois pondent aussi des albums de Death suédois old school franchement efficaces ?

– Attends, coco, tu te fous de moi ou quoi ? Sont marrants, ces petits nouveaux, ils pondent une galette passable et ils se croient déjà dans le pays à leur mère. Merde, quoi, j’ai chié You’ll Never See quand ils étaient encore une vague idée dans les couilles de leur père. Et puis, entre nous, tu aimes le Thrash ?

Euh oui, clairement, mais je vois pas le rapport.

– Attends, tu vas comprendre. Le dernier Suicidal Angels, il est comment ?

Pas mal, il avoine bien, bon feeling…

– … Mais ça vaut pas Kreator ou Slayer, non ?

Mmouais, t’as marqué un point, Ola.

– Voilà, t’as tout pigé. Grave, c’est un des quatre piliers du Death old school suédois, inébranlable depuis des lustres. Les années passent, les modes changent, et on est toujours là. Tu pensais quoi ? Que j’allais me faire une mèche et me mettre au Deathcore ? Beh non, Grave fait du Death. Ça vole pas haut, c’est pas original, mais on est toujours là, ce qui prouve qu’on a encore de beaux restes, non ? Et puis, entre nous, quand t’as écouté l’album, t’as réussi à ne pas secouer la tignasse comme un con, tout seul avec ton iPod dans le train ?

Non.

– Beh voilà, mission accomplie. T’as beau te dire qu’on fait toujours la même chose, il y aura toujours cette petite voix au fond de toi, qui te murmure à l’oreille « envoie la mousse, grosse ! », t’exhorte à headbanguer à t’en péter la nuque et court-circuite ton sens critique. Et tu sais que tu aimes ça. Et puis, tu voulais du changement ? Regarde la tracklist : tous ces noms de morceaux, beh c’est du neuf, des titres qu’on n’avait jamais utilisés ! Et la pochette, hein ? Beh ouais, coco, là aussi, c’est du neuf. Plus rien à demander ? Allez, dégage et retourne te secouer la tête sur Endless Procession Of Souls !

(Note du chroniqueur : bien entendu, cette interview est purement fictive. J’ai pris la liberté de faire dire à Ola ce que je pense de cet album. Au final, Grave n’a plus rien à prouver, le propos a beau ne pas varier fondamentalement, l’efficacité est au rendez-vous… mais avouez qu’une chronique standard aurait eu le mérite d’être aussi chiante que le dernier album de Suicide Silence).

Mister Patate [8/10 sur l’efficacité, 2/10 sur l’originalité]

Site officiel
Myspace officiel

Century Media Records – 2012
Tracklist 1. Dystopia 2. Amongst Marble and the Dead 3. Disembodied Steps 4. Flesh Epistle 5. Passion of the Weak 6. Winds of Chains 7. Encountering the Divine 8. Perimortem  9. Plague of Nations 10. Epos