Master n’a plus rien à prouver. Plus de vingt ans de bouteille, un onzième album sous le bras, Paul Speckmann, désormais basé en Tchéquie et loin de son Amérique natale, est un roc dans la scène Death Metal, incontournable, solide… et surtout discret. Là où certains groupes faisaient figure de diamant brut que tout le monde s’arrachait, Master jouait le gros caillou de service : brut, lourd, inamovible, intraitable. Pas le genre de caillasse dont on rêve dans son salon, mais idéal pour écraser la gueule du premier quidam venu.
Dès lors, n’attendez pas une quelconque évolution chez Master : pour son onzième méfait, Paul Speckmann et ses deux compères locaux nous proposent une énième livraison de Death à la Master, pas subtil, bourrin et avec une petite touche presque thrashisante, notamment au niveau des soli. La section rythmique assure le boulot correctement, sans aucune originalité, certes, mais efficacement, et notre Paulo vient y coller ses lignes de chant avec conviction, comme si les vingt-deux ans écoulés depuis le premier album n’avait pas eu d’emprise sur lui.
Au final, Master ne nous déçoit pas vraiment et nous propose un album certes convenu mais solide. Notre shoot de Master, en quelque sorte, gras comme un bon paquet de frites, un de ces plaisirs coupables primitifs que l’on déguste sans modération même si l’on sait, au final, que c’est loin d’être raffiné.
[6,5/10] Mister Patate
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Pulverised Records – 2012
Tracklist 1. The New Elite 2. Rise Up and Fight 3. Remove the Knife 4. Smile as You're Told 5. Redirect the Evil 6. Out of Control 7. As Two Worlds Collide 8. New Reforms 9. Guide Yourself 10. Souls to Dissuade 11. Twist of Fate
Après leur éviction par Glen Benton, les frères Hoffman – qui officiaient jusqu’alors au sein de Deicide – ont décidé de reprendre le nom initial de leur formation, Amon, et de composer un album en mesure de renvoyer Deicide aux oubliettes, histoire de prouver que Deicide, c’était surtout eux. Revanchards, les frangins Hoffman, et comme la vengeance est un plan qui se mange froid, ils ont pris leur temps. Et pas qu’un peu. Résultat, on avait presque oublié qu’ils étaient encore en vie, ces deux gaillards. Même les labels semblaient les avoir perdus de vue. Résultat, c’est sur une base indépendante que sort désormais Liar In Wait, premier méfait d’Amon depuis des lustres.
Le père Barnes aura réussi à faire l’illusion le temps d’une annonce dévoilant le nouveau line-up de Six Feet Under : Kevin Talley derrière les fûts et la paire Matt DeVries – Rob Arnold en provenance directe de Chimaira. Jolie pioche, mine de rien, j’ai cru un instant que SFU allait enfin, 15 ans après Warpath, revenir au premier plan et nous proposer un album plus efficace que les derniers efforts plutôt maladroits. Las, Mister DeVries s’est déjà envolé vers des cieux plus attirants et assure maintenant la basse au sein de Fear Factory, et la nouvelle galette de SFU est loin de tenir ses promesses.