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Primate – Draw Back A Stump

Avant même la première note, Primate avait déjà clairement attiré mon attention de par son line-up : au chant, Kevin Sharp (Brutal Truth, Venomous Concept), et à la gratte, Bill Kelliher (Mastodon). L’association de ces deux zouaves avait suscité une certaine curiosité, et une question se posait : qui va influencer qui ? 10 décharges de grind plus tard, j’avais ma réponse…

Draw Back A Stump est un album primaire, basique et qui va à l’essentiel : la bouffée d’énergie, le déchaînement animal, le retour à l’état de grand primate. Oubliez toute trace de civilisation ou de finesse, l’association de Kevin et de Bill débouche sur un album court mais drôlement efficace. Au niveau des influences, on citera bien entendu Brutal Truth, mais aussi un petit relent de Motörhead au début de « Hellbound », ainsi qu’un je ne sais quoi de Mastodon sur « March Of The Curmudgeon » (le seul morceau où Bill appose véritablement son empreinte).

Après Liberteer plus tôt cette année, Relapse Records nous propose à nouveau un petit bijou de grind qui charmera plus d’un auditeur. On regrettera simplement la faible durée de l’album (et, par conséquent, sa faible durée de vie, même s’il se laisse écouter volontiers), mais il s’agit de grind, et rares sont les albums du genre qui nous tiennent en haleine plus de 40 minutes. Une bonne pioche !

[7,5/10] Mister Patate

Myspace officiel

Relapse Records – 2012
Tracklist 1. Draw Back A Stump 2. Global Division 3. Hellbound 4. Silence of Violence 5. Drinking and Driving 6. March of the Curmudgeon 7. Wasted Youth 8. Pride 9. Get The Fuck Off My Lawn 10. Reform?

 

Helioss – The Forthcoming Darkness

Après un premier EP prometteur, Helioss, duo composé de Nico aux instruments et de Pierre (ex-Dividead, Scornforger et Unchained) au chant, est de retour avec son premier véritable album, The Forthcoming Darkness. Alors, sont-ils parvenus à confirmer leur potentiel déjà dévoilé sur leur premier effort ou rejoignent-ils la longue cohorte de ces groupes « feu de paille » qui n’auront brillé que l’espace d’un EP / album ?

Il m’aura fallu pas mal de temps et d’écoutes pour pouvoir me prononcer sur les qualités de cet album, ce qui est plutôt rassurant. En effet, j’ai la plume facile lorsqu’un album ne me plaît pas et j’ai paradoxalement toutes les peines du monde à expliquer pourquoi certains groupes font mouche à mes yeux sans pour autant donner l’impression de tomber dans le fanboyisme basique.

Tout d’abord, il y a la musique : à lui seul, Nico est parvenu à composer 13 morceaux de qualité supérieure. Chaque instrument, qu’il soit enregistré ou programmé, vient se joindre aux autres pour donner, au final, un résultat cohérent et, surtout, agréable à écouter. La production est claire et équilibrée, le tout sonne très professionnel (preuve, s’il en fallait encore une, qu’il ne faut pas forcément être signé pour sortir un produit de qualité). Par ailleurs, au niveau des ambiances, l’ajout d’instruments classiques apporte cette petite touche originale qui rend l’album encore plus intéressant à écouter.

Au niveau du chant, Pierre a une nouvelle fois réalisé une belle prestation : ses lignes de chant s’intègrent parfaitement aux compos, et il nous dévoile toute l’étendue de son registre (qui n’est pas sans rappeler celui d’un Peter Tägtgren) tout au long de l’album. L’artwork, enfin, est la cerise sur le gâteau : sobre, très pro, il vient parachever un opus déjà très alléchant.

Avec ce premier album, Helioss marque des points. Ce projet ne foulera certes jamais les planches de vos salles de concerts préférées (même si on ne peut jamais dire jamais), mais il mérite néanmoins toute votre attention. À surveiller de près, je suis déjà très curieux quant à la suite de leur carrière !

[8,5/10] Mister Patate

Myspace officiel

Autoproduction – 2012
Tracklist 1. Era of Rain 2. The Worm Inside 3. From the Buddha to the Cross 4. Genocide 5. De Occulta 6. The Last Glow of the Universe 7. Architects 8. The Legion of Pariahs 9. At the Center of Infinites 10. Demiange 11. The Burning Eyes 12. The Dance of the Vampire 13. Among the Dead

 

Mantas – Death By Metal

 

Chuck Schuldiner évoque chez nous tous un nom, celui de Death, pionnier du genre du même nom. Ce génie, disparu bien trop tôt, a marqué de son empreinte le Death Metal… mais avant Death, il y avait Mantas, le premier projet de Chuck, accompagné par Kam Lee et Rick Rozz. En l’espace d’un an, Mantas avait sorti quelques démos avant de prendre le nom de Death, et c’est précisément cette période qui est désormais regroupée sur cette réédition sortie par Relapse Records.
 
Death By Metal nous propose une plongée dans le passé, lorsque le Death n’en était qu’à ses premiers balbutiements, et Mantas est certainement, avec Possessed, l’un de ces groupes qui a mis le feu aux poudres. Le son est brut, la prod’ dégueulasse (on est en 84, ne l’oublions pas) et, pour l’époque, le niveau de brutalité est particulièrement élevé : ça cogne, ça tabasse, les fans auront dû faire une drôle de tête en découvrant pour la première fois cette sortie.
 
On peut reprocher à Relapse Records une certaine tendance à profiter de la « vache à lait » Schuldiner en rééditant successivement des albums de Death, de Control Denied et maintenant de Mantas… mais réfléchissons un instant : pour l’heure, trouver une version physique de ces sorties de Mantas est pour le moins compliqué, si pas impossible. À moins de passer par des voies illégales, il est donc impossible pour les plus jeunes d’entre nous de découvrir un de ces pères fondateurs du Death… Au final, j’aurais presque envie de remercier Relapse Records de rééditer ces pépites tirées d’un passé lointain : sans ces rééditions, nombreux seraient ceux qui passeraient à côté de cette « genèse du Death »…
 
[réédition] Mister Patate
 
Relapse Records – 2012
Tracklist 1. Legion of Doom 2. Evil Dead 3. Mantas 4. Death by Metal 5. Power of Darkness 6. Legion of Doom 7. Power of Darkness 8. Death by Metal 9. Evil Dead 10. Legion of Doom 11. Mantas 12. Death by Metal 13. Evil Dead 14. Rise of Satan