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Allegaeon – Formshifter

À vrai dire, j’avais été dur avec Allegaeon il y a deux ans, lorsque leur premier album était tombé dans les bacs, la faute surtout à leur potentiel et à l’éclaboussante maîtrise instrumentale dont ils faisaient preuve. En bref, j’avais été trop exigeant vis-à-vis de ce jeune groupe qui venait à peine de percer, m’attendant déjà à recevoir un chef d’œuvre unique dans les dents et me retrouvant, au final, avec un album correct, mais sans plus. Deux ans plus tard, Allegaeon revient avec son deuxième effort, et la marge de progression est pour le moins surprenante.

Là où certains groupes vivotent pendant des années sans espoir de percer, faute de compos suffisamment efficaces, Allegaeon nous pond ici un album redoutable où la brutalité et la technique s’allient à merveille. Allegaeon décolle le revêtement des murs à grands coups de double qui déboîte et de riffs en béton, mais avec une finesse certaine, comme un All Black en tutu noir qui ferait des entrechats sur les boyaux encore fumants de sa dernière victime. Au niveau mélodique, les gratteux s’en donnent à cœur joie, certaines parties en twin lead collent vraiment la chair de poule. Ces mecs doivent avoir 15 doigts à chaque main pour pouvoir jouer autant de notes. Et ce passage en acoustique, bon sang ! En outre, le reste du line-up n’est pas en reste, avec une mention spéciale pour ce batteur au jeu à la fois brutal et fin, le tout servi à merveille par une production aux petits oignons : pas trop forte, ni trop étouffée, bien claire comme il le faut et, surtout, bien équilibrée. Chaque instrument garde suffisamment d’espace pour pouvoir s’exprimer pleinement. Seule légère ombre au tableau : le chanteur, dont la prestation, sans être mauvaise (loin de là) manque quelque peu de variation. D’accord, le bougre a un beau brin de voix, mais un registre un peu plus varié aurait peut-être été plus efficace.

Allegaeon est, à mes yeux, une passerelle parfaite entre le Death mélo à outrance et le Modern Death bien burné, une porte entre deux univers. Si vous aimez l’un de ces deux genres tout en étant réfractaire à l’autre, tentez l’expérience Formshifter. Qui sait, avec un peu de chance, vous apprendrez à aimer ce qui se passe de l’autre côté du pont…

[8,5/10] Mister Patate

Site officiel : xxx
Myspace officiel : www.myspace.com/allegaeon

Metal Blade Records – 2012
1. Behold (God I Am) 2. Tartessos: The Hidden Xenocryst 3. A Path Disclosed 4. Iconic Images 5. Twelve 6. The Azrael Trigger 7. From the Stars Death Came 8. Timeline Dissonance 9. Formshifter 10. Secrets of the Sequence

 

Din Brad – Dor

De la Roumanie, les amateurs de Black et de Folk connaissent Negura Bunget qui, en l’espace de quelques albums, est parvenu à se faire un nom sur cette scène. Toutefois, au rayon « folk ambiancé et poignant », Negura Bunget a enfanté de deux projets d’une beauté simple et touchante : Dordeduh, d’une part, dont le premier EP (et unique, jusqu’à présent) était une franche réussite et, d’autre part, Din Brad qui a, quant à lui, décidé de frapper très fort dès sa première sortie avec un album à part entière.

Soyons clairs : Din Brad a beau être clairement affilié à Negura Bunget, ne vous attendez pas pour autant à un projet dans la droite lignée du Black teinté de folk qui a fait son succès. Nous avons ici un pur album de folk dont les musiciens ont mis un point d’honneur à travailler sur les ambiances. Pas de riffs ni de véritable batterie ici, mais bien un florilège de percussions, d’orgue, d’instruments à vent et de passages a capella… Et vous savez le plus beau, dans l’histoire ? C’est bon. Très bon, même. C’est ça, le folk, le vrai, le genre d’album qui montre à quel point un Turisas ou un Korpiklaani n’a de folk que l’image, le genre d’album que les fans de folk actuels ne comprendront pas, trop occupés qu’ils sont à singer Heidevolk devant leur miroir en réajustant leur kilt.

Din Brad n’a beau être qu’une version « soft » de Negura Bunget, il s’impose tout de même comme l’un des albums les plus intéressants de l’année. On est loin du Metal, certes mais, et au risque de me répéter, c’est beau, simple, épuré… Din Brad va à l’essence des sentiments et est touchant. Balaize.
 

[8,5/10] Mister Patate
 

Site officiel : www.dinbrad.com
Myspace officiel : www.myspace.com/dinbrad
 

Prophecy Productions – 2012
Tracklist 1. Amar 2. Îmbrăţişat De Dor 3. Poarce'n Suflet Greu Păcatu 4. Doină 5. Cîntecul Cununei 6. Dor 7. Of, Of, Viaţă 8. Durere 9. Foaie Verde, Odolean 10. Cine Iubeşte şi Lasă 11. Bradule, Brăduţule

 

Thin Lizzy, le groupe irlandais le plus mythique du monde. D'ailleurs, qui ne connait pas ce groupe formé autour de Phil Lynott ? Le groupe qui nous a donné des tubes comme « The Boys Are Back In Town » ou le fabuleux « Whiskey In The Jar » ? L'histoire de Thin Lizzy est faite de hauts et de bas, d'arrivées et de départs de musiciens (comme par exemple Gary Moore et Snowy White)… En 1983, le rideau tombe sur le groupe. Trois ans plus tard, Phi Lynott décède.

Le temps passait, et on voyait des petites réunions ici et la, mais rien de concret, jusqu'en 1996, quand John Sykes a rassemblé le groupe pour en faire un tribute a Phil Lyott. 
 
Fast forward vers jeudi passé, date à laquelle Thin Lizzy avait prévu un concert dans la salle « De Pul » à Uden aux Pays-Bas. Il s'agit d'une toute petite salle, mais une de mes favorites. J'y ai vu Saxon, W.A.S.P., Airbourne… des noms qui jouent normalement devant un public de quelque milliers de gens et qui se produisent dans une salle qui peut en contenir quelques centaines à peine !
 
Je devais bosser jusqu'à 16h20, ce qui a débouché sur pas mal de stress. Il tombait des cordes, et comme toujours en Belgique, qui dit pluie dit embouteillages ! Le temps passe, 16h, 17h, 18h, et j'ai à peine fait dix kilomètres. Soudain, le trafic reprend et, miracle, pas de bouchons à Anvers !
 
J'arrive finalement à 20 heures, juste a temps pour le support, un groupe local nommé 'The Paceshifters' qui fait un mélange de stoner et de punk. Pas ma tasse de thé. Ces trois jeunes (eh oui, ils sont très jeunes, encore des gosses) ont beau tout donner, cela ne change pas grand-chose… On est venus pour Thin Lizzy !
 
 
Apres 30 minutes, les Paceshifters quittent la scène, et tout le monde se prépare pour la fête ! Le line-up de Thin Lizzy, pour l'occasion, est Brian Downey a la batterie, Scott Gorham à la guitare, Darren Wharton au clavier, Marco Mendoza à la basse, Ricky Warwick au chant et Damon Johnson à l'autre guitare… De grands musiciens qui affichent certainement un bon siècle d'expérience à eux 6… 
 
 
Ricky Warwick est incroyable au chant. Sa voix a beau être assez différente de celle de Phil, l'efficacité est au rendez-vous ! On sent une véritable alchimie sur scène, et les membres du groupe se donnent à fond ! Mendoza maîtrise sa basse (et a l'œil pour les femmes), Scott et Damon assurent leurs parties de guitare avec brio… L'un après l'autre, les hits s'enchaînent. Au final, un concert presque parfait, mis à part quelques problèmes de feedback. 
 
 
Pour conclure, voir un concert de Thin Lizzy, même sans le grand Phil Lynott, est fortement conseillé !
 
Set list:
– Are You Ready
– Jailbreak
– Bad Reputation
– Don't Believe a Word
– Killer On The Loose
– Dancing in the Moonlight (It's Caught Me in It's Spotlight)
– Massacre
– Angel of Death
– Still In Love With You
– Whiskey in the Jar
– Sha La La
– Suicide
– Waiting For An Alibi
– Cowboy Song
– The Boys Are Back In Town 
 
Encores:
– Emerald
– Rosalie
– Black Rose