Matthew Widener en a gros sur la patate, apparemment. Et quand on s’appelle Matthew Widener, le meilleur moyen d’extérioriser ces frustrations et ces sentiments, c’est la musique… Vu le CV du bonhomme (ex-Exhumed, Cretin, etc.), on pouvait s’attendre à une bonne décharge dans les dents. Avec Liberteer, son nouveau projet, Matthew partage avec nous ses opinions et sa conversion à l’anarchie. Amateurs de grind engagé, suivez-moi !
Le boulot abattu ici est tout bonnement affolant. En 17 morceaux (ou plutôt devrais-je dire 17 chapitres d’une seule et même plage), Liberteer prend par les tripes et délivre un grind des plus efficaces. Passée l’intro aux relents presque nationalistes (on imaginerait bien une armée, bannière au vent et prête à se lancer dans la bataille), Liberteer ne fait pas de quartiers. Ici, c’est boucherie à tous les étages, et le seul nom qui me vient à l’esprit pour vous donner une idée de cet album est Napalm Death. Que ce soit au niveau de la violence musicale ou du chant (on dirait un Barney vraiment de mauvais poil), Liberteer a des faux airs de ressemblance avec un des pères fondateurs du genre. Toutefois, et c’est une bonne chose, Matthew a ajouté ce petit élément qui le distingue, cette touche « patriotique » presque déplacée, avec ses cuivres qui sonnent comme une fanfare d’armée ou, sur « Sweat For Blood », comme un morceau de la BO de Rocky. Ce petit plus, s’il peut sembler un peu étonnant sur le papier, s’avère vraiment excellent à l’écoute de l’album.
Un jour, Siege Of Amida Records a obtenu mon adresse. Comment ? Aucune idée, mais si je trouve le salaud qui leur a fourgué mes coordonnées, je lui latterai la gueule avec plaisir. Pourquoi ? Depuis ce jour maudit, ce label m’envoie, la bouche en cul de poule, les premiers exploits de ses jeunes poulains. Et qui dit « jeunes », dit malheureusement, dans ce cas, la fine fleur du Hardcore / Metalcore / Deathcore européen. Joie. Bonheur. Nausée. Vomi.
Quand on officie dans le microcosme du Death technique, parvenir à trouver un équilibre entre technicité extrême et plaisir d’écoute revient à marcher sur une corde raide. En effet, vous risquez vite a) de passer pour des bleus face à d’autres groupes plus techniques ou b) de passer pour des machines et de dégoûter vos auditeurs à grands coups de polyrythmie et de sweepings. L’équilibre est donc la clé du succès, et les Canadiens d’Archspire l’ont bien compris.