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Horrendous – The Chills

Le vintage, l’old school, la nostalgie, ça fonctionne du tonnerre pour le moment. Bon, vu la gueule des trucs modernes qui sortent aujourd’hui, ça peut se comprendre, mais il arrivera certainement un jour où l’on s’en lassera. Chez moi, ce jour commence, petit à petit, à pointer le bout de son nez. Pas de bol pour Horrendous, eux qui jouent cette carte-là à outrance, ils devront sortir du joli pour me persuader…

Au menu : du Death ricain pur jus, AOC, cuvée fin des 80’s. Ca fleure bon la Floride, le riff suintant, l’époque où les Obituary et autres Autopsy (ouais, je sais, ils ne viennent pas de Floride… et alors ?) perçaient au grand jour comme autant de champignons vénéneux. Mouais, bon début, Horrendous se place assez haut dans la hiérarchie de ces nouveaux groupes américains qui rendent hommage à leurs pères fondateurs.

Mais ce n’est pas tout.

Ajoutons à cet ingrédient principal une pincée suédoise, un petit je-ne-sais-quoi qui fait frétiller le tympan, un grésillement dans la gratte, un feeling, un groove qui secoue la tignasse. Cette chaleur étouffante du sud des States dissimule une bouffée de fraîcheur scandinave, le petit effet Kiss Cool inattendu. Bien. Très bien, même, ça s’annonce finalement un peu mieux pour eux.

Mais ce n’est pas tout.

Dans son tour du monde du Death Metal, Horrendous a fait un détour aux Pays-Bas, et l’ingrédient récupéré chez les Bataves est un soupçon de Pestilence et un chant largement inspiré de Mister Van Drunen himself. Fermez les yeux, ouvrez grand les oreilles, et le visage qui vous viendra à l’esprit lorsque vous entendrez ce chant est celui de ce bon vieux Martin. Saisissant !

Vous l’aurez compris, Horrendous a tout compris. Non content de surfer sur la tendance actuelle, ce jeune groupe est parvenu à regrouper les meilleurs éléments de trois scènes différentes pour forger un Death Metal qui conviendra à un large public. On en redemande !

[8,5/10] Mister Patate

Site officiel : xxx
Myspace officiel : www.myspace.com/horrendousdeathmetal

(Dark Descent Records / Clawhammer PR – 2012)
Tracklist 1. The Womb 2. Ripped to Shreds 3. Altars 4. The Somber (Desolate Winds) 5. Fleshrot 6. The Ritual 7. Fatal Dreams 8. Sleep Sickness 9. The Eye of Madness

 

Vore – Gravehammer

Ces derniers temps, les différents albums de Death Metal qui passaient entre mes mains pouvaient se classer en trois grandes catégories : Death technique à outrance, Death brutal à outrance, et Death à forte teinte old school (swedish ou US, choisissez votre camp) et, au final, on en viendrait presque à oublier qu’il existe un Death Metal plus basique, dépouillé, moins raffiné. Certes, une telle cure de simplicité peut faire craindre un album creux et banal, mais penchons-nous tout de même sur le cas de Vore.

Vore, c’est 17 années au compteur pour seulement trois albums. Les raisons de cette productivité faible ? Certainement pas les autres projets des membres du combo (ils n’en ont pas), et ce dernier album ne sort même pas par le biais d’un label. Non, les gars de Vore ont bossé seul cette fois et sortent comme des grands ce nouvel opus. L’influence majeure ? Bolt Thrower, sans hésitation : riffs implacables comme une colonne de chars, épaulés par une batterie qui sonne comme une artillerie, et voix d’outre-tombe. Le son est clair, bien équilibré, les compos sont longues et travaillées et, pour un « simple » album de Death Metal « basique », on se surprend à dodeliner souvent du chef en suivant le rythme des compos.

Paradoxalement, ce dépouillement est salutaire. Aucune innovation, aucune course à la brutalité ou à la technicité, simplement un album de Death pur et dur, comme on en raffole. Certes, Gravehammer peut sembler pauvre à côté des grosses productions sorties récemment, mais un petit peu de simplicité, de temps en temps, ça ne peut pas faire de mal !

[7/10] Mister Patate

Site officiel : xxx
Myspace officiel : www.myspace.com/vorefare

(Clawhammer PR  / AFM Records – 2011)
Tracklist 1. The Cruelist Construct 2. The Unseen Hand 3. Doomwhore 4. Uroboros 5. Gravehammer 6. The Claw is the Law 7. Progeny of the Leviathans 8. Throne to the Wolves 9. Sacerdotum Tyrannis

 

Taux de remplissage : beaucoup de monde

Son : pas toujours top, mais bon dans l'ensemble

Lights : très bons

Ambiance : bonne tout le week-end

Moments forts : Exodus, Marduk, Torture Division. 

Photos : cliquez ici

Eindhoven, ses ampoules, ses clochards vendeurs de tickets de parking, son club de foot et, depuis 3 ans, son festival de Metal qui clôture l’année en beauté. Après une année 2009 glaciale et une édition 2010 poudreuse, 2011 s’est ouverte avec du vent, de la pluie et du Thrash.

Mortal Sin, donc, tout droit venu d’Australie et qui a la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Le public est clairsemé, et les absents ont tort, parce que le groupe se démerde franchement bien (contrairement au dernier album qui me laisse un sentiment plus mitigé). Efficace sans être transcendant, ce groupe constitue la mise en bouche avant quelques morceaux bien plus costauds. Petit passage devant Balfor (bof) avant le show de Heathen qui remet une deuxième couche bien Thrash. Après leur passage sur la tournée Killfest, cette tournée Thrashfest leur permet de revenir sur leurs classiques. Mis à part quelques problèmes de son (le chant inaudible au début), le groupe s’en sort avec les honneurs et livre une prestation très bonne.
 
Tu m'étonnes, John, qu'elle était bonne !
 
Re-passage dans la petite salle pour y découvrir Cripper, groupe à chanteuse énervée. C’est bon, bien bon, même, mais chevauchements obligent, je repars vite dans la grande salle pour les 20 ans de The Rack, album énorme des Bataves d’Asphyx. Quelle mandale, mes amis, quelle mandale ! Du Death, du lourd, du gras, du qui sent le tombeau, en veux-tu, en voilà ! Dans le genre efficace, Asphyx se pose là et place la barre bien haut : pour faire mieux en Death ce week-end, faudra du lourd ! Après ce rouleau compresseur, Mar De Grises fait figure de groupe tristounet et sans intérêt, à revoir certainement dans un contexte plus doomesque et moins bourrin. 
 
Mais eeeuh, pourquoi il est si méchant, Patate ?
 
Retour au Thrash ensuite, avec Destruction qui se la joue « plus bourrin que moi, tu meurs ». Résultat : ça envoie certes, mais c’est pas toujours très carré. Bon, on s’en fout un peu, en fait, que ce soit carré ou pas, le père Schmier reste une bête sur scène et envoie le pâté comme peu d’autres. Retour ensuite dans la petite salle (au rez-de-chaussée, la grande étant à l’étage) pour Sinister qui semblait prêt à décoller le revêtement de mur à coups de growls profonds et de riffs qui dépotent. Moi qui les trouvait statiques à mourir en 2006, j’ai été à nouveau frappé par leur attitude très peu mobile sur scène, mais ils compensent largement par le morceau qui bute, le riff qui tatane ou le growl qui dépucèle…
 
Mais c’est déjà l’heure de Sepultura, alors on remonte les escaliers en vitesse, on se place dans la fosse et on déguste. Oui, on déguste, le nouveau batteur est un malade mental et le reste du line-up est remonté au possible. Bon, les vieux cons râlent que Davy Crockett (euh… Max Cavalera) n’est plus le frontman, mais Derrick est désormais le seul, le vrai, l’unique frontman du groupe et il n’usurpe pas sa place. On notera les apparitions des batteurs du Thrashfest pour « Kaiowas » et du bassiste d’Heathen et de Gary Holt (ce mec est un monstre !) sur « Refuse/Resist ».
 
Hey, Maxou, reviens chercher ta place si tu la veux
 
Re-re-re-passage en bas (ça permet de digérer la bière hollandaise) pour quelques morceaux de Desaster (sympatoche comme tout, bien bourrin et irréfléchi) avant Exodus, la machine à torgnole de la soirée, aucun répit, une fosse en délire (bonjour le slammeur sur le coin de l’épaule, la sécu a rien compris, et comment oublier le stage-diver of hell qui s’est vraiment écrasé bien loin dans la fosse). Comme au Hellfest 2010, Exodus était là pour en découdre et a fait parler la poudre. Après une telle déferlante, petit passage pour me poiler sur du Nifelheim avant le retour à l’hôtel et une bonne nuit de sommeil.
 
Deuxième jour qui commence avec des chèvres… ça change des filles hollandaises (un taux anormalement élevé de filles anormalement bonnasses arpentait les rues… à croire que la tempête de la veille avait abattu les barrières de leur enclos d’élevage). Sympa, sans plus, on file en bas voir Semargl qui avait amené des filles peu vêtues. J’ai entendu plus tard un photographe dire que les mauvais groupes détournent l’attention de leur musique avec des femmes en lingerie. J’ai eu envie de lui répondre : « quelle musique ? ». A oublier, donc.
 
Et moi, tu comptes m'oublier aussi ?
 
Heureusement, Tankard était là, efficace en diable, toujours aussi fun, toujours aussi Thrash, toujours aussi alcoolisé. Ca fait son petit effet, mine de rien, et Empty Tankard est le meilleur morceau pour finir un show (enfin, non, y’a la bande-annonce de Derrick, mais ça tombe bien, ils la mettent juste après). Au gnouf Saturnian pour se placer idéalement pour Marduk. RHAAAAAAAAAARGH Marduk, « On Darkeeeeened WIIIIIIIINGS » et son solo de basse, « Slay The Nazarene » et j’en passe. La violence sonore a un nom : Marduk. Black Metal ist Krieg. 
 
Du Black du Nord, on passe au Death du Sud avec Nervecell from Dubai. Ptain, la mondialisation, yabon ! C’est efficace en diable, c’est bien gaulé, ca envoie sévère (avec Kikou à la batterie, pas étonnant) et la reprise de Bolt Thrower fait office de cerise sur le gâteau.
 
Et c’est là que mon corps m’a dit merde. Crotte. Fait chier de monter les escaliers pour voir Triptykon, d’autant plus qu’après c’est Benighted en bas. Le plaisir avant tout, les lights des Suisses seront tout de même merdiques, j’y suis, j’y reste, Benighted donc… ET la surbaffe quoi, le démontage de face made in La Frrrrrrance, monsieur ! Slut en ouverture, ça souffle. On enchaîne sur Let The Blood Spill, le public réagit très vite, j’abandonne la fosse après trois morceaux, 7 coups de coude et deux bières sur la gueule. Je me réfugie dans un coin et je savoure. Encore, ENCORE ! Bien trop court, merde ! Passage en haut voir les cousins de Kataklysm (on a déjà vu mieux chez eux) puis redescente pour voir Torture Division et son premier show hors Scandinavie. 
 
Julien, on comprend pas bien ce que tu dis, t'aurais pas genre un phacochère dans la gorge ?
 
Sweden. Death Metal. FUCK YEAH. Voilà, ça résume bien le show, pro, efficace, bourrin, un son de ouf. De nouveau, mon corps me dit crotte, je reste en bas pour voir God Dethroned (leur dernier show) au lieu de voir Heaven Shall Burn (bien fait, les lights étaient pourries, de toute façon). Mouais, pour un adieu, c’était bien, mais sans plus. Je m’attendais à mieux, peut-être attendais-je trop… Enfin, tant pis, je les reverrai quand ils feront une tournée comeback…
 
Pour clôturer, Morbid Angel. Oui, je sais, il reste une chiée de groupes après, mais la fatigue (j’ai fait des tonnes d’aller-retour entre le rez-de-chaussée et l’étage) et l’arrivée de la neige m’ont dissuadé de rester plus longtemps. Et puis, Morbid Angel a refermé une nouvelle fois le claque-merde de ses détracteurs. Bon, d’accord, les Woooo-hooo de David Vincent étaient un peu superflus, mais faut pas chier dans la colle non plus, le show était bon, le son était bon, on regrettera juste les conditions un peu merdiques pour shooter le groupe (trop de photographes tuent la photo). Retour donc sous les averses, avec une belle tempête de neige en Belgique. Eindhoven, les Dieux de la Météo te détestent.
 
Oh non, c'est déjà fini ! 
 
Un grand merci à Roman Hödl pour le pass photo, aux groupes (notamment Benighted qui sont toujours aussi sympas quand on les croise dans les couloirs ou à la sortie) et à l’année prochaine… sauf cas de force majeure / neige / fin du monde !