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Alestorm – Back Through Time

oshy_01062011_AlestoPendez-moi haut et court, jetez-moi aux requins, accrochez mes testicules à un canon et balancez-moi par-dessus bord, faites tout ce que vous voulez, mais cela ne me fera pas changer d’avis : Alestorm m’emmerde ! Voilà c’est dit, les fans peuvent déjà passer à la case commentaires et cracher leur fiel, les autres prendront (peut-être) le temps de lire les raisons me poussant à être si radical dès l’intro de ma chronique.

Faut reconnaître qu’ils le font exprès, aussi, ces Écossais. Alors comme ça on essaie de se démarquer des Korpiklaani et autres en se barbouillant comme un Jack Sparrow du dimanche et en roulant ses r ? Haha, démasqués, bande de pignoufs, vos déguisements ne sont pas suffisants pour dissimuler ce fait clair et irrévocable : vous faites du Korpiklaani des mers ! Ce son d’accordéon, cette manie de faire une ou deux chansons à la gloire de l’alcool… tout va dans la même direction, la Finlande ! En termes de piraterie, Alestorm fait fort en piratant un groupe, en le maquillant un poil pour que la supercherie passe inaperçue et en nous servant ça avec une petite ombrelle pour faire « Caraïbes ». C’est plat comme une mer sans vent, palpitant comme un flétan mort sur une plage du Morbihan, seul « You Are A Pirate » est parvenu à m’arracher un sourire, et encore, je souriais plutôt à l’idée que j’arrivais à la fin de l’album.

Le Pirate Metal est un style qui prend l’eau, et ce ne sont pas les quelques passages sympas (sans plus) comme le solo de « Midget Saw » ou « You Are A Pirate » qui sauveront l’album du naufrage. Avec un peu de chance, ils finiront heureux, sur une île déserte avec une bonne réserve de rhum et loin, très loin de tout studio d’enregistrement !

Mister Patate (02.5/10)

http://www.alestorm.net/

https://myspace.com/alestorm

Napalm Records / 2011

Tracklist (43:05 mn)
01. Back Through Time 5:03 02. Shipwrecked 3:30 03. The Sunk'n Norwegian 4:06 04. Midget Saw 3:18 05. Buckfast Powersmash 2:33 06. Scraping The Barrel 4:39 07. Rum 3:28 08. Swashbuckled 3:53 09. Rumpelkombo 0:06 10. Barrett's Privateers 4:40 11. Death Throes Of The Terrorsquid 7:44 12. I am a Cider Drinker (Bonus Track) 13. You Are a Pirate (Bonus Track ).

 

Morbid Angel – Illud Divinum Insanus

Il y a 8 ans, Morbid Angel nous livrait un Heretic lourd et puissant, un album qui allait marquer la fin de leur collaboration avec leur label, la faute à des ventes décevantes par rapport aux autres albums. À l’époque, qui aurait pu imaginer qu’il faudrait 8 ans au groupe pour revenir vers nous avec un nouvel album ? Eh oui, il aura fallu pas moins de 8 longues années au groupe pour annoncer son retour avec un Illud Divinum Insanus qui risque bien de ne pas faire l’unanimité !

Avant même de dévoiler la moindre note (exception faite de « Nevermore », la « fausse » nouvelle chanson déjà jouée en live depuis 2008), Morbid Angel avait défrayé la chronique avec sa tracklist. « Radikult » ? « Destructos VS. The Earth / Attack » ? « Too Extreme! » ? Certes, le nom des morceaux n’est pas si important, tant que la musique est bonne, mais combinez cela aux déclarations du groupe qui disait avoir notamment puisé son inspiration dans la techno, et vous comprendrez l’inquiétude de certains. Par ailleurs, les deux morceaux proposés en guise d’avant-goût (à savoir « Nevermore » et « Existo Vulgoré ») sonnaient vraiment « comme du Morbid Angel ». Mes craintes s’estompaient donc franchement…

Jusqu’à ce que j’écoute l’album entier.

Et là, je dois dire que j’ai été désarçonné. « Ça, le nouvel album de Morbid Angel ? », me suis-je écrié à la première écoute, fouillant fébrilement dans mon armoire de CD pour y repêcher Blessed Are The Sick et l’enfourner derechef dans le mange-disque (1). Certes, je reproche régulièrement à de nombreux groupes une certaine fébrilité et un manque d’innovation, mais ce que venait de pondre Morbid Angel ici n’était pas une évolution, mais une révolution ! Je n’avais pas le choix : pour me faire une véritable idée de cet album, il faudrait persévérer, écouter l’album, encore et encore, malgré cette première impression plus que mitigée.

Que dire après ces nombreuses écoutes ? Tout d’abord, que Morbid Angel n’a pas joué la carte de la facilité. Là où beaucoup auraient sorti un énième album copieusement inspiré de ses prédécesseurs, Morbid Angel joue la carte de l’innovation, de la surprise. Il fallait oser, certes, mais les fans étaient-ils prêts à un tel revirement ? Sur 11 morceaux (dont une intro et une outro), combien sont encore de véritables morceaux de l’Ange Morbide ? 3, voire 4 en étant généreux, soit moins de la moitié de l’album. Et le reste ? Du Morbid Angel 2.0, aux relents techno prononcés sur certaines compos (pas besoin de vous dire lesquelles, leurs titres sont suffisamment atypiques pour vous donner une indication), flirtant même avec les Genitorturers et Manson sur « Radikult ». Fini le Death Metal qui a fait le succès du groupe, Morbid Angel diversifie son domaine d’activités, ratissant large au risque de froisser le fan de base.

Morbid Angel a été à l’origine d’un genre, il a été un de ceux ayant planté la graine qui allait donner naissance à un style. Aujourd’hui, Illud Divinum Insanus est sa charrue, une charrue dont le soc vient de creuser un profond fossé, divisant sa fanbase en deux camps.

Illud Divinum Insanus est manichéen, blanc ou noir, ON ou OFF. Illud Divinum Insanus ne vous laissera pas de marbre et vous forcera à choisir votre camp. J’ai choisi le mien, à vous d’en faire autant…

[3/10] Mister Patate

(1) traitement post-traumatique, il me fallait bien cela pour me remettre du choc.

Season Of Mist Records / 2011 Tracklist (56:40) 1. Omni Potens 2. Too Extreme! 3. Existo Vulgoré 4. Blades of Baal 5. I Am Morbid  6. 10 More Dead 7. Destructos Vs. The Earth / Attack 8. Nevermore 9. Beauty Meets Beast 10. Radikult 11. Profundis – Mea Culpa

Decapitated – Carnival Is Forever

Habituellement, j’ai tendance à être critique, voire sévère lorsqu’un groupe tente un comeback. En effet, nombreux sont ceux pour qui le comeback est une affaire mercantile, un moyen de surfer sur la nostalgie des fans et de s’en mettre plein les poches. Cette fois, par contre, cette pensée ne m’a pas effleuré un instant, tant le cas Decapitated est, à mes yeux, différent des autres. Ici, la disparition du combo n’était pas le résultat d’une simple embrouille entre musiciens, mais bien d’une tragédie, et l’histoire de ce groupe ne pouvait pas se terminer là. 5 ans après leur dernier album, un nouveau Decapitated est de retour, marchant fièrement dans les pas de son prédécesseur…

Loin de ses confrères polonais, le Death Metal de Decapitated s’avère plus tortueux, moins prévisible qu’un Vader qui balance la purée sans discernement (et, sur le dernier album, sans efficacité). Rythmiques endiablées, morceaux travaillés, presque Prog dans la composition (près de 9 minutes pour le morceau éponyme, mine de rien), une petite influence de Meshuggah au niveau de la combinaison riffs saccadés / batterie et une conclusion instrumentale mélodique à l’ambiance presque mélancolique… Oui, le dernier Decapitated est résolument plus technique que le Death Metal polonais basique, plus recherché. Toutefois, non content d’être finement ciselé, Carnival Is Forever est aussi brutal. Oh, il ne rivalisera certes pas avec un Cannibal Corpse ou avec un Krisiun, mais compte tenu de la technicité des compos, on reste tout de même bouche bée de la déferlante qui nous déboule dans les oreilles sans pour autant que cela ne nuise aux détails des morceaux. Puissant, oui, mais pas brouillon pour autant !

Avec ce nouveau line-up et ce nouvel album, Decapitated marque un retour gagnant. Mariage idéal entre brutalité et finesse, Carnival Is Forever est un des indispensables de l’année. Decapitated était mort, vive Decapitated !

 Mister Patate (09/10)

www.facebook.com/decapitated

www.decapitatedband.net

Nuclear Blast Records / 2011

Tracklist (42:45) 1. The Knife 2. United 3. Carnival Is Forever 4. Homo Sum / 5. 404 6. A View From A Hole 7. Pest 8. Silence