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Nader Sadek – In The Flesh

Depuis quelque temps, j’éprouve régulièrement une certaine méfiance envers les labels, plus particulièrement au niveau de leurs communications relatives à de nouvelles sorties. En effet, (trop) souvent, la différence entre la description faite par le label et la réalité est marquante : on vous promet monts et merveilles et vous écopez d’un disque moyen. J’étais donc méfiant lorsque j’ai lu la description faite par Season Of Mist de l’album de Sader Nadek : « Imaginez le mariage entre Morbid Angel époque Domination et Ordo Ad Chao de Mayhem ». Vous aussi, vous n’y croyez pas un instant ? Eh bien, vous devrez revoir votre jugement, parce que cette description est bel et bien pertinente ! Avant tout, jetons un œil au line-up (qui, j’en suis sûr, éclaircira sans doute certaines choses) : outre Nader Sadek, artiste égyptien connu notamment pour sa collaboration en qualité de graphiste avec Mayhem, ce projet est composé de Rune Eriksen (Mayhem), Steve Tucker (Morbid Angel) et Flo Mournier (Cryptopsy). Par ailleurs, quelques invités, dont Attila Csihar (Mayhem) et Destructhor (Morbid Angel) viennent apporter leur contribution à cet album… Vous commencez à comprendre ? Pour concrétiser ce mariage entre ces deux entités que sont Morbid Angel et Mayhem, Sader Nadek s’est simplement entouré de membres de ces deux combos, et le résultat est pour le moins réussi. De Morbid Angel, In The Flesh a repris la lourdeur qui se ressent tout au long de l’album, et le tandem magique Flo-Tucker au niveau de la section rythmique s’entend à merveille pour nous écraser sous une véritable avalanche sonique.

Je retiendrais plus particulièrement la prestation de Flo dont l’aisance est bluffante en toutes circonstances. Bon, on connaissait l’étendue de son talent chez Cryptopsy, mais il n’en reste pas moins un des moteurs de la qualité de cet album. De Mayhem, In The Flesh reprend l’ambiance et, sur certains morceaux, le style de guitare typique de Rune Eriksen. Ainsi, les premiers instants de « Petrophilia » semblent tout droit d’Ordo Ad Chao : même sentiment d’urgence, même production un peu étouffée (les autres morceaux bénéficient d’une prod’ plus claire, ce qui rassurera les réfractaires aux productions plus brutes), ce morceau flaire le Mayhem millésime 2007 à plein nez. Plus généralement, Rune nous prouve aussi tout au long de l’album l’étendue de son talent : son jeu ne se limite pas à un simple riffing très Black Metal, loin de là, ses solos (sur « Soulless » notamment) sont de toute beauté, et que dire de l’ambiance dégagée par « Nigredo In Necromance », à la fois sombre et majestueuse ? In The Flesh est une collision entre deux mondes, deux genres, deux styles, et le résultat en est une synthèse parfaite… Chaudement recommandé !

Mister Patate [8,5/10]

www.nadersadek.com

Season Of Mist / 2011

Tracklist () 01. Wakening 02. Petrophilia 03. Of This Flesh (Novus Deus) 04. Exhaust Capacitor 05. Soulless 06. Rusted Skin 07. Mechanic Idolatry 08. Sulffer 09. Nigredo In Necromance

Burzum – Fallen

oshy_26022011_BurzuAvec Burzum, on savait à quoi s’attendre. Mis à part l’interlude Bontempi, héritage de ses années de prison, Varg avait sa marque de fabrique et un son caractéristique. L’annonce d’un nouvel album, à peine un an après un Belus en demi-teinte, ne m’avait donc pas vraiment rendu curieux. Par ailleurs, au vu de la qualité de son prédécesseur, je craignais que Fallen ne soit qu’une pâle resucée de Belus

Cependant, Burzum parvient encore à me surprendre. Tout d’abord, avec cet artwork coloré, fleuri, à des lieues des artworks sombres des débuts. Belus avait quelque peu ouvert la porte à une nouvelle « identité visuelle » des albums, Fallen l’enfonce en grand… mais les modifications ne se limitent pas pour autant à cela, loin de là. En effet, au niveau musical, il semble que Varg (qui aurait pris conscience de la faiblesse de son chant, incapable de rivaliser avec ses hurlements perçants de la grande époque) ait décidé de moduler davantage sa voix et d’ajouter un chant clair assez déroutant. Toutefois, cette nouveauté s’intègre bien aux boucles de guitare hypnotiques qui caractérisent depuis des années le style de Burzum. Varg prend du neuf, du vieux, quelques touches d’expérimentation (« Til Hel og Tilbake Igjen » et ses percussions presque tribales en clôture d’album), mélange le tout et nous sert un Burzum nouvelle mouture. La question est maintenant de savoir s’il est supérieur à Belus

Dans un sens, oui, il est meilleur que Belus : plus varié, plus inattendu aussi, Fallen prouve que Varg n’a pas dit son dernier mot. Cependant, faire mieux que Belus n’était pas si difficile, et ce dernier opus, à l’instar de Belus, ne parvient pas à supporter la comparaison avec les premiers Burzum. Toutefois, ceci ne découragera certainement pas Varg, et il y a fort à parier qu’il poursuivra sur sa lancée et nous sortira à nouveau un album l’année prochaine… On parie ?

Mister Patate (5,5/10)

 

www.burzum.org

Byelobog Productions / Plastic Head – 2011

Tracklist (47:41) : 1. Fra Verdenstreet 2. Jeg Faller 3. Valen 4. Vanvidd 5. Enhver til Sitt 6. Budstikken 7. Til Hel og Tilbake Igjen

 

oshy_26022011_Crorpse_MolestÀ première vue, Corpse Molester Cult semble avant tout une erreur de casting grandiose : imaginez, un groupe comprenant en son sein Tomi Joutsen et dans lequel ce dernier est réduit au rôle de guitariste ! Quand on tient un bon chanteur comme ça dans son line-up, il est ridicule, voire simplement suicidaire de ne pas l’utiliser ! Et pourtant, Corpse Molester Cult l’a fait, laissant à Antti Aström le soin de s’occuper du chant. Mine de rien, on pouvait difficilement mettre davantage la pression sur ce pauvre Antti, mais il ne se limite pas à faire de la figuration, loin de là !

En effet, son timbre, qui n’est pas sans rappeler celui de LG Petrov en plus grave, semble taillé pour ces 4 morceaux que n’aurait pas renié un certain… Entombed (la boucle est bouclée à ce niveau). Bon, 4 morceaux, c’est d’ordinaire peu pour se faire une véritable idée du potentiel de ce groupe, mais le CV des membres du combo ainsi que la force d’impact des compos laissent présager de très bonnes choses. 

Reste à voir si ce projet n’en restera qu’au stade de one-shot ou si, comme le laisse présager leur signature chez Hammerheart Records, ces talentueux Finlandais prendront le temps, entre les sorties de leurs projets respectifs, d’entrer en studio pour sortir un véritable album digne de ce nom. Messieurs, vous nous avez mis en appétit avec cette entrée, apportez-nous le plat de résistance !

Mister Patate (07.5/10)

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Hammerheart Records – 2011

Tracklist : 1. Born From The Whore 2. The Divine Art Of Amputation 3. Sadistik 4. Nefastus Inanis