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Marduk – Viktoria

Après un Frontschwein qui m’avait séduit sans pour autant atteindre des sommets de joie et félicité dans mon cœur, Marduk revient avec un nouvel album qui aura fait parler dès son premier single, « Werwolf ». Une sirène, un morceau bref, cinglant, 2 minutes de ratonnade presque punk, avec un Mortuus dans un registre moins FuneralMistien que d’habitude, des chœurs chelou, une rythmique bête et méchante… En guise d’opener, « Werwolf » surprend, désarçonne. « Equestrian Bloodlust » et « Viktoria », les autres morceaux dévoilés avant la sortie, renouaient avec un Marduk plus conventionnel. Je m’attendais donc à un album dans la lignée de son prédécesseur, avec une ou deux expérimentations, quelques longueurs et, au final, un bon album malgré tout.

Finalement, Viktoria est presque une déception, mais une déception presque prévisible en raison de ma théorie selon laquelle un album de Marduk n’est jamais bon lorsqu’un album de Funeral Mist sort la même année.

2003 : Salvation vs World Funeral
2009 : Maranatha vs Wormwood
2018 : Hekatomb vs Viktoria

En 32 minutes, on aurait pu espérer que Marduk aille à l’essentiel, comme sur un Panzer Division Marduk, par exemple (même s’il est loin d’être mon album préféré). Et pourtant, sur ces 32 minutes, on retrouve deux morceaux plutôt mous dont un « Tiger I » qui sent la face Z de Plague Angel, un single hors sujet (« Werwolf »), des wooohooo sur « June 44 ». Ca fait beaucoup de petits trucs qui rendent l’écoute un poil moins agréable.

Certes, le groupe sait toujours faire parler la poudre, avec notamment un « Narva » qui n’apporte rien de neuf mais garde une franche agressivité… mais plus j’écoute l’album, plus j’ai l’impression que les « bonnes » idées ont été récupérées par Mortuus pour Hekatomb et que Marduk se contente des miettes et des grands classiques. Et quand on a sorti au fil de sa carrière Heaven Shall Burn… When We Are Gathered, Nightwing et Rom 5:12 pour ne citer qu’eux, proposer un album aussi dépouillé, ça fait mauvais genre.

Il ne nous reste qu’une chose à faire : profiter un max du nouvel album de Funeral Mist et attendre patiemment le prochain Marduk. Logiquement, Funeral Mist devrait retourner en hibernation pendant quelques années, cela laisse le temps à Morgan et sa bande de nous proposer quelques galettes de qualité supérieure.

Mister Patate (6,5/10)

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Century Media Records / 2018
Tracklist (32:54) 1. Werwolf 2. June 44 3. Equestrian Bloodlust 4. Tiger I 5. Narva 6. The Last Fallen 7. Viktoria 8. The Devil’s Song 9. Silent Night 

Immortal – Northern Chaos Gods

Etaples, septembre 2009. Le boss fête son anniversaire à la mer, une poignée de chroniqueurs s’est donné rendez-vous là-bas. Les bières aidant, les langues se délient et, alors que nous parlions d’Immortal qui venait de sortir All Shall Fall, j’eus ces mots sévères mais justes :

« – SEPT ANS POUR CA ?
(Hamster) – Putain Patate, t’es toujours dans l’abus, il est bien cet album, Abbath est en forme, Horgh tabasse ses fûts… En parlant de fûts, reprends une bière, au moins quand tu bois, tu fermes ta gueule et tu racontes moins de conneries. Sers-toi, y’a de la Chimay Bleue au fri…
– LA CHIMAY BLEUE CA SE MET PAS AU FRIGO, BORDEEEEEL »

Fast forward, neuf ans se sont écoulés, de l’eau a coulé sous les ponts, j’ai presque oublié (mais pas pardonné) ce faux-pas houblonné du boss, et Immortal est de retour. Enfin, en quelque sorte. Parce que mine de rien, la refonte du personnel a été radicale. Exit Apollyon, adios Abbath qui se concentre désormais sur son projet solo et ses pitreries scéniques, et welcome back Demonaz dans un vrai rôle musical (une première depuis 1997 et Blizzard Beasts). Ce dernier s’est entouré de son fidèle Horgh et de Peter Tägtgren à la basse. Rien que ça.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cet Immortal 2.0 a fière allure. J’irais même juste à dire que cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas été aussi séduisant. Tout d’abord, il y a ce son. Clair. Puissant. On entend la basse. Même si les prods approximatives des premiers efforts du groupe avaient leur petit charme, avec les écouteurs vissés sur les oreilles, ce Northern Chaos Gods envoie une belle soufflante glacée dans les esgourdes.

Au niveau des morceaux, j’avais une crainte en lisant la tracklist. Ça sentait la checklist pendant la session de brainstorming. « Ice ? Check. Battle ? Check. North ? Mmm on peut remplacer Northern. Mountains ? Bien entendu ! Ravendark ? Blashyrkh ? Grim ? Dark ? C’est bon, on a tout ? Ok, on peut commencer ». Je craignais la parodie d’Immortal, les gars qui s’auto-singent par crainte de décevoir ou parce qu’ils sont tout simplement trop rouillés pour se relancer dans le bain.

Et finalement, mes craintes se sont estompées dès le titre éponyme. C’est rapide, c’est agressif, incisif, tout en restant du pur Immortal. Alors, oui, ça ne révolutionne rien, et les Norvégiens n’ont pas réinventé la soupe aux glaçons, mais la flamme est toujours là. À l’aise dans tous les registres, Immortal se moque de l’emprise du temps et affiche une aisance insolente, que ce soit dans le barrage de blasts ou dans les atmosphères glaciales qui faisaient déjà le charme du groupe à l’époque.

Avec une prise de risque proche du zéro absolu mais une fougue intacte, Immortal vient se rappeler à notre bon souvenir. Après un album solo de qualité mais passé plutôt inaperçu, Demonaz a repris le contrôle d’Immortal et permis au groupe de remonter quelques échelons dans la hiérarchie du black norvégien après un All Shall Fall qui ne m’a toujours pas convaincu 9 ans après. Certains diront que je suis passé à côté de ce premier comeback en 2009, j’en ai rien Abbath. Nous sommes en 2018, et Immortal est enfin de retour.

Mister Patate (8,5/10)

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Nuclear Blast Records / 2018
Tracklist (42:14) 1. Northern Chaos Gods 2. Into Battle Ride 3. Gates to Blashyrkh 4.Grim and Dark 5. Called To Ice 6. Where Mountains Rise 7. Blacker of Worlds 8. Mighty Ravendark

The Black Dahlia Murder – Nightbringers

Il m’arrive parfois de me poser la question suivante : si, du jour au lendemain, tous nos headliners actuels disparaissaient, qui serait prêt à reprendre le flambeau ? Dans un monde sans Metallica, Iron Maiden et autres Slayer (pour ne citer qu’eux), quels seraient nos porte-étendards ? Qui parvient à proposer ce mix équilibré entre puissance et mélodie, entre extrémisme musical et capacité à rester catchy ? Qui pourrait plaire au plus grand nombre ? Là où certains ânonneront automatiquement Machine Head (qui, je vous le rappelle, est loin d’être un groupe récent et reste sur un Catharsis dégueulasse), j’ai tendance à penser à trois formations qui ont émergé après l’an 2000 : Revocation (le groupe le plus récent des trois, qui vient de fêter ses 11 ans et qui, jusqu’à présent, a fait un sans fautes), Sylosis (dont l’avenir est aujourd’hui incertain en raison du passage de son frontman et fondateur chez Architects) et The Black Dahlia Murder (le plus expérimenté parmi les trois, avec 16 ans au compteur). Et avec ce Nightbringers, TBDM vient asseoir un peu plus encore ce statut de (futur) grand.

Nightbringers a tout ce qu’il faut pour séduire un public large. Tout d’abord, il y a cette capacité à pondre des morceaux qui, malgré leur agressivité, restent catchy. Prenez « Widowmaker », l’opener de l’album. Y’a de l’énergie, y’a de la hargne (tant sur le plan musical que vocal, avec un Trevor au top niveau) et, surtout, y’a ce sens de la mélodie. Franchement, écoutez ce refrain, cette ligne de guitare, cette rythmique entêtante. C’est imparable, on ne peut pas ne pas headbanger ! Et la force de TBDM réside dans cette capacité à toujours danser sur la corde raide, alliant brutalité et mélodie en un mariage improbable et décapant.

Que ce soit pied au plancher avec « Of God And Serpent, Of Spectre And Snake » ou en levant le pied comme sur l’excellent titre éponyme (try not to headbang – fail), la bande à Trevor aligne des mandales sans répit et conserve à nouveau une discographie exempte d’albums moyens. Les voir tourner en première partie de Cannibal Corpse me fend le coeur (malgré l’amour que je porte pour Canniboule). Ils méritent amplement d’être tout en haut de l’affiche.

Mis à part un The Project Hate MCMXCIX hors catégorie, Nightbringers mérite à mes yeux le titre d’album de l’année 2017, tout en haut de la liste avec Wrong One To Fuck With de Dying Fetus.

Mister Patate (9,5/10)

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Metal Blade Records / 2017
Tracklist (33:16) 1. Widowmaker 2. Of God and Serpent, of Spectre and Snake 3. Matriarch 4. Nightbringers 5. Jars 6. Kings of the Nightworld 7. Catacomb Hecatomb 8. As Good as Dead 9. The Lonely Deceased