Il m’arrive parfois de me poser la question suivante : si, du jour au lendemain, tous nos headliners actuels disparaissaient, qui serait prêt à reprendre le flambeau ? Dans un monde sans Metallica, Iron Maiden et autres Slayer (pour ne citer qu’eux), quels seraient nos porte-étendards ? Qui parvient à proposer ce mix équilibré entre puissance et mélodie, entre extrémisme musical et capacité à rester catchy ? Qui pourrait plaire au plus grand nombre ? Là où certains ânonneront automatiquement Machine Head (qui, je vous le rappelle, est loin d’être un groupe récent et reste sur un Catharsis dégueulasse), j’ai tendance à penser à trois formations qui ont émergé après l’an 2000 : Revocation (le groupe le plus récent des trois, qui vient de fêter ses 11 ans et qui, jusqu’à présent, a fait un sans fautes), Sylosis (dont l’avenir est aujourd’hui incertain en raison du passage de son frontman et fondateur chez Architects) et The Black Dahlia Murder (le plus expérimenté parmi les trois, avec 16 ans au compteur). Et avec ce Nightbringers, TBDM vient asseoir un peu plus encore ce statut de (futur) grand.
Nightbringers a tout ce qu’il faut pour séduire un public large. Tout d’abord, il y a cette capacité à pondre des morceaux qui, malgré leur agressivité, restent catchy. Prenez « Widowmaker », l’opener de l’album. Y’a de l’énergie, y’a de la hargne (tant sur le plan musical que vocal, avec un Trevor au top niveau) et, surtout, y’a ce sens de la mélodie. Franchement, écoutez ce refrain, cette ligne de guitare, cette rythmique entêtante. C’est imparable, on ne peut pas ne pas headbanger ! Et la force de TBDM réside dans cette capacité à toujours danser sur la corde raide, alliant brutalité et mélodie en un mariage improbable et décapant.
Que ce soit pied au plancher avec « Of God And Serpent, Of Spectre And Snake » ou en levant le pied comme sur l’excellent titre éponyme (try not to headbang – fail), la bande à Trevor aligne des mandales sans répit et conserve à nouveau une discographie exempte d’albums moyens. Les voir tourner en première partie de Cannibal Corpse me fend le coeur (malgré l’amour que je porte pour Canniboule). Ils méritent amplement d’être tout en haut de l’affiche.
Mis à part un The Project Hate MCMXCIX hors catégorie, Nightbringers mérite à mes yeux le titre d’album de l’année 2017, tout en haut de la liste avec Wrong One To Fuck With de Dying Fetus.
Mister Patate (9,5/10)
Metal Blade Records / 2017
Tracklist (33:16) 1. Widowmaker 2. Of God and Serpent, of Spectre and Snake 3. Matriarch 4. Nightbringers 5. Jars 6. Kings of the Nightworld 7. Catacomb Hecatomb 8. As Good as Dead 9. The Lonely Deceased
J’ai découvert Machine Head avec le clip de « From This Day ». Vous vous souvenez, Dave McClain et sa teinture léopard, Robb Flynn en jumpsuit et avec une coiffure de virus du SIDA… Le premier album du diptyque Nu Metal, principale cause de descente d’organes chez les fans inconditionnels de Burn My Eyes. Puis il y a eu Supercharger, LA galette qui m’a définitivement scotché, qui a propulsé la bande à Robb au sommet de mes groupes préférés de l’époque. Et paf, le doigt dans l’engrenage, la découverte tardive des premiers méfaits du groupe, puis Through The Ashes of Empires en guise de retour à du « vrai » Machine Head, une belle ascension sur quelques albums avant la déconvenue Bloodstone And Diamonds. Machine Head était tombé bien bas. Le groupe allait-il trouver les ressources nécessaires pour taper du pied au fond de la piscine et revenir à la surface ?
Matt Harvey est un homme occupé. Outre Exhumed (dont nous parlerons d’ici quelques jours), il mène désormais de front trois autres projets explorant différentes facettes : l’hommage à Death avec Gruesome, le Heavy avec Pounder et, enfin, le Death old school qui ramone avec Expulsion.