Groupe à part entière en 2003 (année de sortie du sublime Salvation), Funeral Mist est devenu au fil du temps un « side-project » d’Arioch/Mortuus, frontman de Marduk depuis Plague Angel. Et en 15 ans, Funeral Mist ne nous aura donc gratifié que de deux albums, Maranatha en 2009 et Hekatomb, annoncé à peine deux semaines avant sa sortie cet été.
Hekatomb semble avoir aspiré toute l’énergie de Viktoria, nouvel opus de Marduk sorti quasiment au même moment. Toute la folie, toute la hargne semblent avoir été siphonnées par Mortuus et recrachées sous le nom de Funeral Mist. Sur le plan musical, Funeral Mist mise ici sur un album plus court, plus violent que ses prédécesseurs. En quelque sorte, il perd son aura occulto-mystique qui était la marque de fabrique des deux efforts précédents. Mis à part quelques chœurs ici et là, Hekatomb se veut résolument plus rentre-dedans, dès « In Nomine Domini » qui, malgré ses deux petites cassures de rythme, lance la machine à pleine vitesse. Blasts destructeurs, lignes de guitare qui sifflent comme des balles perdues (ça sent l’héritage Panzer Division Marduk)… rien ne nous est épargné. Mortuus se paie même le luxe d’ajouter un jumpscare musical (que je ne spoilerai pas) dans un de ses morceaux.
Mortuus, parlons-en, d’ailleurs. Quelle prestation vocale. Quel registre. Sur « Shedding Skin », il touche au sublime, avec une prestation littéralement habitée. Est-ce là le même frontman que celui qui officie sur Viktoria ?
Et malgré tout, ce Funeral Mist me déçoit un peu. Pas en raison de sa qualité, loin de là, mais plutôt parce qu’Hekatomb marque une évolution vers un Black Metal plus traditionnel. Comme si Funeral Mist se « mardukifiait ». Lorsque Marduk a commencé à intégrer des éléments plus « funeralmistiens » sur Rom 5:12, cette évolution m’a enchanté, car cet apport nouveau offrait une nouvelle dimension à Marduk. Ici, j’ai l’impression que Funeral Mist s’appauvrit en quelque sorte, et perd son côté unique.
Un cran au-dessus de la concurrence, un cran en-dessous des efforts précédents du groupe : voilà le paradoxe Hekatomb. S’il était sorti sous la bannière de Marduk, il serait instantanément devenu un de mes favoris du groupe. Ici, malgré ses qualités indéniables, il restera un peu dans l’ombre de son monstre de frère, l’intouchable Salvation.
Mister Patate (9/10)
Norma Evangelium Diaboli / 2018
Tracklist (43:01) 1. In Nomine Domini 2. Naught but Death 3. Shedding Skin 4. Cockatrice 5. Metamorphosis 6. Within the Without 7. Hosanna 8. Pallor Mortis
Après un Frontschwein qui m’avait séduit sans pour autant atteindre des sommets de joie et félicité dans mon cœur, Marduk revient avec un nouvel album qui aura fait parler dès son premier single, « Werwolf ». Une sirène, un morceau bref, cinglant, 2 minutes de ratonnade presque punk, avec un Mortuus dans un registre moins FuneralMistien que d’habitude, des chœurs chelou, une rythmique bête et méchante… En guise d’opener, « Werwolf » surprend, désarçonne. « Equestrian Bloodlust » et « Viktoria », les autres morceaux dévoilés avant la sortie, renouaient avec un Marduk plus conventionnel. Je m’attendais donc à un album dans la lignée de son prédécesseur, avec une ou deux expérimentations, quelques longueurs et, au final, un bon album malgré tout.
Etaples, septembre 2009. Le boss fête son anniversaire à la mer, une poignée de chroniqueurs s’est donné rendez-vous là-bas. Les bières aidant, les langues se délient et, alors que nous parlions d’Immortal qui venait de sortir All Shall Fall, j’eus ces mots sévères mais justes :