Author Archive

The Monolith Deathcult – Versvs I

Depuis Tetragrammaton, The Monolith Deathcult (TMDC pour les intimes et les feignasses comme moi) semble avoir franchi un palier, et le groupe que je considérais comme un vulgaire clone de Nile a su s’imposer comme une valeur sûre, comme un groupe qui ose jouer la carte de l’originalité en ajoutant à son Death Metal une saine dose d’expérimentations et de dérision. Et ce Versvs I vient encore renforcer ce statut de groupe à part.

Dès l’intro, TMDC débute par un clin d’œil à « Drugs, Thugs and Machetes », avec cette radio qui passe en revue plusieurs stations (et le fameux Wilhelm Scream) avant le premier uppercut, « The Furious Gods », qui débute a cappella avant la déferlante brutale. Le propos rappelle fortement Tetragrammaton, mais sans donner l’impression d’une face B ou d’une chute de studio. Le groupe parvient à conserver un niveau de qualité supérieure tout au long des 47 minutes de l’album, sans essoufflement. Mieux encore : avec ses spoken words, ses mini-interludes et ses variations de tempo, Versvs I évite habilement le piège de l’ennui et de la linéarité. Que ce soit tambour battant ou dans un mid-tempo des plus ravageurs (« From The Stalinic Perspective » écrase tout sur son passage avec ses rythmiques pesantes et son souffle épique), TMDC livre un album passionnant, qui parvient à se distinguer de la concurrence malgré le nombre hallucinant de sorties Death Metal du moment.

En sortant de son carcan purement Death Metal et en osant la dérision dans un genre tristement sérieux, TMDC continue à se démarquer sans pour autant verser dans le ridicule.

Mister Patate (9/10)

Facebook officiel

Hammerheart Records / 2017
Tracklist (47:23) 1. Hal Sinden's Radio Dramas 2. The Furious Gods 3. Die Glocke 4. Seven Months of Mysticum 5. Uchronian March of the Deathcults 6. This Inhuman Place Makes Human Monsters 7. From the Stalinic Perspective

 

Cinq ans sans voir Slayer en live. Une éternité pour le fan qui sommeille en moi. Leur dernier passage dans la capitale était presque passé inaperçu en raison des événements survenus quelques jours plus tôt, mais il était cette fois hors de question de rater la bande à Tom sur les planches de l’Ancienne Belgique.

Mais avant Slayer, il fallait se farcir The Charm The Fury, un combo hollandais dont le seul intérêt est la chanteuse. Et on ne parle pas de sa voix. J’ai tenu deux morceaux. Opener anecdotique, suivi d’un gros pompage de « 5 Minutes Alone » de Pantera. C’était loin d’être convaincant, j’ai préféré me diriger vers le bar après avoir hurlé « Five minutes aloooooownah » en bon gros connard lourdaud que je suis.

Et puis Slayer. Le son presque au top. Une setlist qui commence fort avec « Repentless », un des rares bons morceaux de la dernière galette, pour ensuite enchaîner sur une sélection classique mais efficace de morceaux. « The Antichrist », « Disciple » (sans son intro « Darkness Of Christ », mais avec une patate d’enfer), « War Ensemble » et j’en passe… On regrettera juste le petit coup de mou de milieu de set, avec « When The Stillness Comes » et « Pride And Prejudice », trop lents, trop patauds… à ce moment, j’avais l’impression que Slayer s’auto-parodiait.

Alors oui, la setlist aurait pu être encore plus efficace. Notamment en regroupant « Postmortem » et « Raining Blood » et en jartant les nouveaux morceaux pour les remplacer par des classiques (« Hell Awaits », SVP !). Et oui, depuis le départ de Dave Lombardo et le retour de Bostaph, le groupe a un peu perdu en folie et en groove (Bostaph ayant un jeu bien plus clinique et propre). Mais Slayer reste une machine de guerre sur scène, à plus forte raison depuis que Gary Holt a rejoint le groupe. Là où trop de vieux groupes donnent le sentiment d’être usés jusqu’à la corde, Slayer arrive encore à donner le change. C’est bon de garder des repères.

Setlist
1.Repentless
2.The Antichrist
3.Disciple
4.Mandatory Suicide
5.Hallowed Point
6.War Ensemble
7.When the Stillness Comes
8.You Against You
9.Postmortem
10.Born of Fire
11.Dead Skin Mask
12.Hate Worldwide
13.Pride in Prejudice
14.Take Control
15.Seasons in the Abyss
16.Spirit in Black
17.South of Heaven
18.Raining Blood
19.Chemical Warfare
20.Angel of Death

 

Ultra Vomit – Panzer Surprise

J’ai beaucoup aimé Objectif Thunes d’Ultra Vomit à sa sortie. Le concept était inédit, rafraîchissant et, pour ne rien gâcher, l’exécution était très bonne. Mais ça, c’était il y a neuf ans. Et revenir neuf ans après avec exactement le même concept, sans avoir proposé la moindre nouveauté entre-temps, c’est culotté. Voire suicidaire. Ou tout simplement con. Ou les trois.

Alors ok, je peux comprendre qu’Ultra Vomit ait décidé de conserver son concept et sa recette. Nombreux sont les groupes qui se sont enfermés dans un carcan. On appelle ça une identité stylistique. Mais dans le cas d’Ultra Vomit, on devrait plutôt parler de troubles de l’identité stylistique. Ultra Vomit est, en quelque sorte, un croisement improbable entre Patrick Sébastien pour le côté humour lourdingue, Canteloup pour les imitations et l’ensemble de la scène Metal pour les sources d’inspiration.

Cependant, ce qui faisait la force d’Objectif Thunes est, paradoxalement, la faiblesse de Panzer Surprise. En effet, en 2008, il y avait l’effet de surprise. Ici, tout le monde attend le groupe de pied ferme, curieux de voir quels seront les groupes parodiés, quels seront les jeux de mots pourris tout droit sortis de leur esprit facétieux. Et il faut croire que mes attentes étaient trop fortes. Parce que, là où Objectif Thunes comptait son lot de morceaux excellents, je compte sur les doigts de la main d’un accidenté de feu d’artifice les moments qui m’ont arraché un sourire sur ce nouvel album.

Au final, je ne retiens que « Keken » et son côté tubesque comme véritable hit (1)… MAIS PUTAIN CE MORCEAU FAIT 59 SECONDES ! En étant indulgent, j’ajouterais « Pink Pantera » qui reprend le phrasé de la première strophe de « Walk ». Pour le reste, les idées sont là, c’est bien exécuté, on reconnaît très vite les groupes qui ont servi d’inspiration (avec cependant une énorme faute de goût sur « Entooned » dont le son de gratte n’a pas ce côté grésillant de la bande à Petrov)…

Mais la sauce ne prend pas. Interludes inutiles (les « Bouillie »), morceaux vraiment pénibles (« Hyper Sexe », « Le Train Fantôme », « Un Chien Géant », « Anthracte »…), gimmicks énormes à s’en faire péter les tympans (« Evier Metal » étant probablement comment « Le Lavabo » de Vincent Lagaf aurait sonné s'il avait été composé par Iron Maiden), Panzer Surprise fleure le recueil de faces B d’Objectifs Thunes, avec les blagues qui étaient juste pas assez marrantes pour figurer sur l’album précédent.

Le seul sourire que m’arrache cet album est un sourire gêné, celui du fan trop poli pour gueuler C’EST DE LA MERDE par respect pour la maîtrise instrumentale du groupe. Parce que oui, sur le plan de l’exécution, ces gars ont du génie. Ce sont des putains de caméléons. Mais ça ne suffit pas pour sauver cet album. Si je dois retenir une déception cette année, c’est bien Panzer Surprise.

Mister Patate (1/10)

Facebook officiel

L'album entier sur Youtube

Very Cords Records / 2017
Tracklist (trop:long) 1. Entooned 2. Kammthaar 3. Un Chien Géant 4. Takoyaki 5. Super Sexe 6. Hyper Sexe 7. La Bouillie 8. E-TRON (Digital Caca) 9. Le Train Fantôme 10. Calojira 11. La Bouillie 12. Jésus 13. Anthracte 14. Keken 15. La Bouillie 16. Noël 17. Pink Pantera 18. La Ch’nille 19. La Bouillie 20. Batman Vs Predator 21. Pipi Vs Caca 22. Evier Metal

 


(1) mon estimé et regretté collègue Mass ne partage pas mon avis et m’a dit, je cite « Mais non, c’est la pire, transformer le générique de hokuto no ken en ode à l’alcoolisme pour en faire l’hymne des beaufs c’est vraiment de la merde ». En fait, il a pas tout à fait tort.