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Aborted – Bathos

Deux titres inédits, pas de réenregistrement d’anciens morceaux, pas de cover… Voilà qui pourrait sembler bien maigre, mais quand on s’appelle Aborted, il ne faut pas forcément plus pour faire une petite piqûre de rappel, pour rappeler que le groupe est toujours là, fidèle au poste, avec un line-up à nouveau modifié mais avec une énergie intacte.

« Bathos » (le morceau) a un petit je-ne-sais-quoi qui me plait particulièrement. Est-ce dû au fait que le morceau n’est pas une enfilade de blast continu et qu’il parvient à jouer sur les variations de rythme et sur son atmosphère ? Difficile à dire, mais ce morceau est très vite devenu mon préféré de ce 2 titres. Et pourtant, « Fallacious Crescendo » a aussi tous les ingrédients pour me réjouir et est plus rentre-dedans que « Bathos ». Quoi qu’il en soit, ces deux morceaux sont une synthèse parfaite de ce qu’Aborted fait de mieux. L’ep Bathos est presque un CV musical où le groupe dévoile ses deux profils, tantôt dans le rouge et la déferlante, tantôt plus posé mais sans perdre son identité musicale.

Deux titres, c’est trop peu. Mais connaissant le rythme de travail du groupe, il y a fort à parier que les contours du prochain album sont déjà bien nets dans l’esprit de Svencho. Vivement la suite !

Mister Patate (8,5/10)

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Century Media Records / 2017
Tracklist (08:00) 1. Bathos 2. Fallacious Crescendo

The Monolith Deathcult – Versvs I

Depuis Tetragrammaton, The Monolith Deathcult (TMDC pour les intimes et les feignasses comme moi) semble avoir franchi un palier, et le groupe que je considérais comme un vulgaire clone de Nile a su s’imposer comme une valeur sûre, comme un groupe qui ose jouer la carte de l’originalité en ajoutant à son Death Metal une saine dose d’expérimentations et de dérision. Et ce Versvs I vient encore renforcer ce statut de groupe à part.

Dès l’intro, TMDC débute par un clin d’œil à « Drugs, Thugs and Machetes », avec cette radio qui passe en revue plusieurs stations (et le fameux Wilhelm Scream) avant le premier uppercut, « The Furious Gods », qui débute a cappella avant la déferlante brutale. Le propos rappelle fortement Tetragrammaton, mais sans donner l’impression d’une face B ou d’une chute de studio. Le groupe parvient à conserver un niveau de qualité supérieure tout au long des 47 minutes de l’album, sans essoufflement. Mieux encore : avec ses spoken words, ses mini-interludes et ses variations de tempo, Versvs I évite habilement le piège de l’ennui et de la linéarité. Que ce soit tambour battant ou dans un mid-tempo des plus ravageurs (« From The Stalinic Perspective » écrase tout sur son passage avec ses rythmiques pesantes et son souffle épique), TMDC livre un album passionnant, qui parvient à se distinguer de la concurrence malgré le nombre hallucinant de sorties Death Metal du moment.

En sortant de son carcan purement Death Metal et en osant la dérision dans un genre tristement sérieux, TMDC continue à se démarquer sans pour autant verser dans le ridicule.

Mister Patate (9/10)

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Hammerheart Records / 2017
Tracklist (47:23) 1. Hal Sinden's Radio Dramas 2. The Furious Gods 3. Die Glocke 4. Seven Months of Mysticum 5. Uchronian March of the Deathcults 6. This Inhuman Place Makes Human Monsters 7. From the Stalinic Perspective

 

Cinq ans sans voir Slayer en live. Une éternité pour le fan qui sommeille en moi. Leur dernier passage dans la capitale était presque passé inaperçu en raison des événements survenus quelques jours plus tôt, mais il était cette fois hors de question de rater la bande à Tom sur les planches de l’Ancienne Belgique.

Mais avant Slayer, il fallait se farcir The Charm The Fury, un combo hollandais dont le seul intérêt est la chanteuse. Et on ne parle pas de sa voix. J’ai tenu deux morceaux. Opener anecdotique, suivi d’un gros pompage de « 5 Minutes Alone » de Pantera. C’était loin d’être convaincant, j’ai préféré me diriger vers le bar après avoir hurlé « Five minutes aloooooownah » en bon gros connard lourdaud que je suis.

Et puis Slayer. Le son presque au top. Une setlist qui commence fort avec « Repentless », un des rares bons morceaux de la dernière galette, pour ensuite enchaîner sur une sélection classique mais efficace de morceaux. « The Antichrist », « Disciple » (sans son intro « Darkness Of Christ », mais avec une patate d’enfer), « War Ensemble » et j’en passe… On regrettera juste le petit coup de mou de milieu de set, avec « When The Stillness Comes » et « Pride And Prejudice », trop lents, trop patauds… à ce moment, j’avais l’impression que Slayer s’auto-parodiait.

Alors oui, la setlist aurait pu être encore plus efficace. Notamment en regroupant « Postmortem » et « Raining Blood » et en jartant les nouveaux morceaux pour les remplacer par des classiques (« Hell Awaits », SVP !). Et oui, depuis le départ de Dave Lombardo et le retour de Bostaph, le groupe a un peu perdu en folie et en groove (Bostaph ayant un jeu bien plus clinique et propre). Mais Slayer reste une machine de guerre sur scène, à plus forte raison depuis que Gary Holt a rejoint le groupe. Là où trop de vieux groupes donnent le sentiment d’être usés jusqu’à la corde, Slayer arrive encore à donner le change. C’est bon de garder des repères.

Setlist
1.Repentless
2.The Antichrist
3.Disciple
4.Mandatory Suicide
5.Hallowed Point
6.War Ensemble
7.When the Stillness Comes
8.You Against You
9.Postmortem
10.Born of Fire
11.Dead Skin Mask
12.Hate Worldwide
13.Pride in Prejudice
14.Take Control
15.Seasons in the Abyss
16.Spirit in Black
17.South of Heaven
18.Raining Blood
19.Chemical Warfare
20.Angel of Death