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Nominon – Chaos In The Flesh… Live!

À l’heure de Youtube, l’attrait des albums enregistrés en live ne cesse de s’amenuiser. À tel point que ce live de Nominon (actuellement en hibernation) a gentiment pris la poussière pendant des mois dans ma pile de trucs en retard sans que je m’émeuve pour autant. Pourquoi perdre son temps à écouter un live alors qu’il en existe des dizaines – à la qualité variable, certes – sur Youtube, avec l’image en plus ?

Et quand on y regarde de plus près, on se rend vite compte que ce live n’est pas franchement indispensable. Onze morceaux qui défilent vite fait en moins de 50 minutes, un chanteur qui discute un peu en suédois entre les chansons (et quand on comprend pas le suédois, ça meuble beaucoup moins l’attente) et une solide impression d’avoir déjà entendu ce morceau quelque part. Du old school Swedeath standard qui ramone, c’est plutôt sympa en studio (et encore, tous les fournisseurs ne se valent pas), mais en live, une fois que l’on sort des grosses pointures qui foutent le feu sur scène, on tombe presque dans une situation pile ou face où on n’est jamais sûr de tenir jusqu’à la fin du concert sans que l’appel du bar ne se fasse ressentir. Alors si on a déjà la flemme de tenir tout le concert dans la salle, je vous dis pas quand l’écoute se fait au casque dans le train. S’il y avait un bar, je serais en train (ha ha) de boire depuis longtemps…

Mister Patate (burp/10)

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Morbid Skull Records / 2016
Tracklist (47:16) 1. In The Name Of Gomorrah 2. Sodom’s Fall 3. Mantra Reverse 4. Hordes Of Flies 5. Malicious Torment 6. Undead Beast 7. Submit To Evil 8. Blaspheming The Dead 9. The Cleansing 10. Mausoleum 11. Release In Death

 

Mayhem aura donc aussi succombé à la tentation de jouer un album entier en concert… et quel album : De Mysteriis, le classique dans toute sa splendeur, avec son beau millésime 1994 ! Proposé sur une base indépendante, ce live risque cependant d’en laisser certains sur leur faim. Moi y compris.

Premièrement, la setlist. 8 morceaux et basta, pas le moindre rappel, bonus ou autre titre issu d’un autre album. Ok, l’accent est mis ici sur De Mysteriis Dom Sathanas, mais rien n’empêchait le groupe d’étoffer un peu le produit qu’il propose sur une base indépendante. Les puristes me diront que cet album se suffit à lui-même, mais à une époque où les ventes de disques sont au plus bas, on pourrait espérer que les groupes mettraient les petits plats dans les grands pour attirer le chaland.

Ensuite, le son. J’ai eu la (mal)chance d’assister à plusieurs concerts de Mayhem, et si je ne devais trouver qu’un seul point commun entre toutes ces performances, ce serait bien la mauvaise qualité du rendu sur scène. Entre le son de batterie chelou en plastoc, le mur de guitare qui bourdonne tout en annihilant la basse et Attila inaudible la moitié du temps, Mayhem s’est trop souvent avéré médiocre sur scène. Et ici, miracle ! Le son est bon, on entend parfaitement Attila, les instruments ne tournent pas à la grosse bouillie dégueulasse, et même les cris du public sont escamotés entre chaque morceau. Alors, soit ils ont été touchés par la grâce divine de Saint Thétiseur (le patron des musiciens) et sont devenus des pros du live, soit cet album a été entièrement post-traité à outrance avant la sortie. Et si cette deuxième option s’avère la bonne, je n’aurais qu’une question : pourquoi ? Pourquoi sortir un live s’il n’est pas le reflet du concert ? Personnellement, j’ai l’impression d’entendre un groupe jouer ces morceaux en studio, sans tout un gros travail de post-prod’ (et l’absence de bruits d’ambiance renforce encore ce sentiment).

Comment juger ce « live » ? Je suis pour ma part déçu. Trop artificiel, trop clinique, ce live de De Mysteriis perd de son aura. Je le classerais volontiers avec le faux Live in Grieghallen de Gorgoroth. Les fans passeront tout de même à la caisse. Moi, je passerai mon tour.

Mister Patate (6,66/10)

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Indépendant / 2016
Tracklist (42:47) 1. Funeral Fog 2. Freezing Moon 3. Cursed in Eternity 4. Pagan Fears 5. Life Eternal 6. From the Dark Past 7. Buried by Time and Dust 8. De Mysteriis Dom Sathanas 

 

En réponse à notre article d'hier sur la campagne de récolte de dons pour le Motocultor, Yann Le Baraillec a tenu à apporter quelques précisions. Voici son message in extenso, non modifié.

(Commentaire personnel : même si le ratio dettes/budget diminue au fil des ans, je constate aussi et surtout que le budget n'a cessé d'augmenter sans pour autant aider à réduire structurellement les dettes. Les frais supplémentaires tels que la 3e scène auraient peut-être pu attendre une année ou deux, et l'argent ainsi économisé aurait pu assainir la situation financière du festival. Just sayin')

Bonjour,­

j'organise le Motocul­tor Festival. Je vien­s de lire votre article et je voulais vo­us apporter quelques ­précisions. 

Après les trois premi­ères éditions plein a­ir (2010,2011 et 2012­), nous étions à plus­ de 180 000€ de dette­ et elle s'est réduit­e à 115 500€ au 31 Dé­cembre 2014. Donc fin­ 2016, avec une dette à 120 000€ nous nous retrouvons­ quasiment au même ni­veau que 2014. Par rapport à notre situation en 2010, notre det­te a légèrement diminué et  tend à stagner sur la période 2014-2016.

Par ailleurs, si vous co­mparez la dette et le­ budget, vous pouvez ­constater qu'à la fin­ de l'année 2016, la proportion de la ­dette sur le budget du festival a t­endance à se réduire ­par rapport aux budgets de la période 20­10-2012. Elle  représ­ente aujourd'hui  12,­63 % du budget contre 43,48% en 2010 comme ­vous pouvez le lire c­i-dessous:

-Fin 2010 (première é­dition plein air), no­us avions 100 000€ de­ dette, le festival a­vait un budget de 230­ 000€. Soit une dette­ qui représentait 43,48 % du budget de l'éd­ition 2010 !

-Fin 2012, nous avion­s 180 000€ de dette e­t le festival avait u­n budget de 434 000€.­ Soit une dette qui r­eprésentait 41,47% du­ budget de l'édition ­2012 !

-Fin 2014, nous avion­s 115 500 de dette et­ le festival avait un­ budget de 597 000€. ­Soit une dette qui re­présentait 19,34% du ­budget de l'édition e­n 2014 !

-Fin 2016, nous avons­ 120 000 de dette et ­le festival a eu un b­udget de 950 000€. So­it une dette qui repr­ésente 12,63% du budg­et de l'édition 2016!

Après l'édition 2010,­ notre dette était un­ frein pour convaincr­e les collectivités d­e subventionner le fe­stival, mais depuis l'­édition 2016, la régi­on Bretagne et le Mor­bihan ont rejoint Van­nes Agglo comme parte­naire du festival. Dep­uis cette année, La s­ituation évolue lente­ment mais surement.

Aujourd'hui  les banq­ues refusent nos dema­ndes de prêt à cause ­de notre dette et cel­a a des conséquences directes ­sur la bonne gestion ­du festival.

Or obtenir un prêt ba­ncaire est une soluti­on :

1/ pour que  la dixiè­me édition puisse se ­réaliser grâce à la t­résorerie nécessaire ­à l'organisation d'un­ festival. Depuis 201­0, malgré un déficit ­important, nous avons­ pu réaliser le festi­val grâce à la trésor­erie que plusieurs me­mbres de l'associatio­n nous ont permis d'a­voir par le biais de ­prêts. Cela n'est plu­s le cas aujourd'hui.­

2/ pour programmer de­s groupes beaucoup pl­us tôt, en ayant la tr­ésorerie pour payer l­es acomptes très tôt et donc mettre en pla­ce une campagne de co­mmunication plus effi­cace. 
En annonçant le­s groupes dès décembr­e, le public pourrait­ être plus nombreux e­t donc nous pourrions­ avoir plus de recett­es en billetterie sans dé­penses supplémentaire.

3/ pour payer nos cré­anciers et ainsi déve­lopper le partenariat­ privé, dont l'apport­ financier se substituerait au dél­ai de paiement. Soit plus de re­cettes pour le festiva­l sans dépenses supplé­mentaire.

4/ pour investir dans­ du matériel afin de ­réduire les coûts d'o­rganisation du festiv­al.

Une autre solution po­ur réduire nos coûts ­d'organisation est l'­aménagement du terrai­n de Kerboulard. Pour­ cela, les élus veule­nt être assurés que n­ous puissions continu­er le festival. 

Réduire notre dette e­n lançant notre campa­gne de crowdfunding p­eut permettre la réal­isation de la dixième­ édition et garantir ­la pérennité du festi­val. Notre dette se r­éduit lentement depuis 2010 mais elle nous­ handicape dans notre­ gestion du festival. Aujourd'hui sans trésorerie suffisante, nous ne sommes pas en­ mesure de continuer.

Je peux vous assurer ­qu'il y a de la place­ en France pour des f­estivals de musique m­etal de taille moyenn­e comme le Motocultor­ Festival et nous fai­sons le maximum pour ­que le festival soit ­encore là dans 10 ans­.

Cordialement,

Yann Le Baraillec