L'univers du Thrash allemand, si on le résume à son Big Four, pourrait se résumer en deux mots : "fortunes diverses". En effet, chaque membre de ce club très fermé a connu des hauts et des bas (on se souviendra des expérimentations de Kreator et des errements de Destruction sur The Least Successful Human Cannonball). Aujourd'hui, c'est au tour de Sodom de s'enliser tout doucement, et je crains que, contrairement à Destruction et à Kreator, la bande à Tom ne nous fera pas de comeback inattendu.
Pourtant, dans l'absolu, Decision Day n'est pas foncièrement mauvais. Le problème réside dans son manque de punch. Je n'ai rien contre un groupe qui lève le pied pour mieux écraser son auditeur (j'en veux pour preuve mon amour inconditionnel pour les albums d'Asphyx depuis leur retour sur le devant de la scène), mais ici, sur un album de Thrash, il n'est pas donné à tout le monde de garder l'auditeur en haleine quand on se hasarde sur le terrain glissant du mid tempo. Au final, on retiendra quelques bons morceaux un peu plus enjoués comme la doublette "Caligula" – "Who Is God", mais cela suffit difficilement pour compenser le manque d'inspiration sur des plages telles que "Vaginal Born Evil" (putain quelle purge, ce morceau).
À l'instar d'Epitome Of Torture, Decision Day ne me laisse pas un souvenir impérissable. Pire encore : ses concurrents directs le laissent loin derrière. Le début de la fin pour Sodom ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais sortir deux albums mollassons de suite, c'est rarement une preuve de grande forme…
Mister Patate (4,5/10)
Steamhammer / 2016
Tracklist (55:31) 1. In Retribution 2. Rolling Thunder 3. Decision Day 4. Caligula 5. Who Is God? 6. Strange Lost World 7. Vaginal Born Evil 8. Belligerence 9. Blood Lions 10. Sacred Warpath 11. Refused to Die 12. Predatory Instinct
Grave
Heaven Shall Burn est plus que probablement mon groupe de Metalcore favori, tous pays confondus. Dès Antigone (et ça remonte déjà loin, donc), les Allemands n’ont cessé de monter en puissance, ailgnant les sorties de qualité à un rythme soutenu. Leur marque de fabrique : la percussion, le sens de l’hymne, du morceau fédérateur qui prend à la gorge. Chaque album était un palier, une occasion pour le groupe d’encore monter en puissance. Dire que j’attendais Wanderer avec impatience est donc un doux euphémisme. Et on dirait bien que le groupe a finalement atteint ses limites.