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Anthrax – For All Kings

AnthraxForAllKingsJusqu'à la sortie de Worship Music en 2011, mon ordre de préférence du Big 4 était plutôt atypique : derrière l'indétrônable Slayer se trouvait Anthrax, loin devant Metallica et Megadeth au coude à coude sur la dernière marche du podium. Les raisons ? Une discographie différente des autres, des décisions parfois surprenantes (un guest de Flavor Flav dans un groupe de Thrash ?), un côté fun et, malgré des problèmes internes, une tenacité à toute épreuve. Puis, il y a eu l'incident Worship Music, la poursuite de la descente aux enfers de Metallica (Lulu étant, actuellement, le moment où les Mets ont touché le fond) et le décès de Jeff combiné à un dernier album de Slayer en roue libre. Ma hiérarchie se cassait donc un peu la gueule et j'espérais que For All Kings, nouvel effort d'Anthrax, viendrait asseoir un nouveau roi sur la plus haute marche de mon podium du Big 4…

MAIS NON CES CONNARDS ONT OUVERT UNE VOIE ROYALE À DAVE MUSTAINE !

Putain. J'en reviens pas. Sans être un étron fumant, Worship Music était un album faiblard, mais ce que nous propose ici la bande à Scott Ian relève du foutage de gueule. Adios le Thrash d'antan, le fun, les bermudas à la con, Anthrax a pris un sacré coup dans l'aile et peine à maintenir le cap. Les compos manquent de punch et de folie, c'est long, les riffs manquent de mordant, le groupe donne même parfois l'impression de jouer avec les deux pieds sur le frein certains passages ne servent strictement à rien si ce n'est à casser le peu de dynamique de l'album, c'est long, c'est nul, ça me donne envie de pleurer tellement je n'arrive pas à croire qu'un groupe qui a pondu des albums majeurs comme Among The Living soient tombés aussi bas. 

J'ai presque envie de mettre ça sur le compte de l'âge, mais c'est une fausse excuse. Overkill et Testament, les deux oubliés du Big 4 ricain, sont trois crans au-dessus du heavy thrashouille proposé ici. Même Exodus (et pourtant je n'ai pas été tendre avec Blood In, Blood Out, la faute aussi à des longueurs inacceptables) fait mieux. Même Megadeth (et pourtant Dieu sait que je n'ai jamais réussi à accrocher à presque toute la discographie du Rouquin, sauf Peace Sells et Rust In Peace) est en mesure, aujourd'hui, d'accélérer mon rythme cardiaque avec plus d'entrain que For All Kings… J'ai tenté le match For All Kings – Dystopia, pour le fun. C'est officiel : un roux qui grogne est devenu le roi de mon Big 4. C'est pire que la mort. 

Mister Brute Porn (NFL – Not Fucking Likable)

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Megaforce Records  – Nuclear Blast Records / 2016
Tracklist (40 jours dans le désert 59:37) 1. Impaled 2. You Gotta Believe 3. Monster at the End 4. For All Kings 5. Breathing Lightning . Breathing Out 7. Suzerain 8. Evil Twin 9. Blood Eagle Wins 10. Defend / Avenge 11. All of Them Thieves 12. This Battle Chose Us 13. Zero Tolerance

 

Behemoth – Live At The BBC

Voici une sortie qui ne sert strictement à rien. Vous me direz que je crache sans vergogne sur le concept des Peel Sessions (des groupes qui passaient à la BBC pour y enregistrer en live quelques morceaux), et vous n'avez pas tout à fait tort. Un live sans public n'a, à mes yeux, que peu de sens. Quel est l'intérêt de reproduire en live, dans un studio, des morceaux que le groupe a peaufinés lors de l'enregistrement ? À mes yeux, un groupe qui enregistrerait son album en une prise, sans refaire des dizaines de prises pour atteindre la perfection, voilà ce qui serait une prouesse. Ici, c'est juste un concert de salon.

Mais si ce n'était que ça, on pourrait toujours se dire que la qualité de l'interprétation vaut le détour.

Et ce n'est pas le cas ici avec Behemoth. En toute honnêteté, Nergal a perdu de sa superbe au niveau du chant. Il fut un temps où il faisait partie des frontmen les plus généreux sur scène. Ici, le timbre semble faiblard, comme s'il avait perdu ce feu divin qui l'animait avant (à moins que cette absence de public et les conditions d'enregistrement ne l'aient pas inspiré), et cela tranche avec le reste de la prestation à laquelle il n'y a pas grand-chose à reprocher. 

Attrape-nigauds pour fans irréductibles ou produit purement destiné à occuper le terrain, à faire parler du groupe dans l'attente d'un hypothétique futur album ? Aucune idée… mais ne comptez pas sur moi pour soutenir cette démarche. Les vaches à lait fans, quant à eux, passeront à la caisse.

Mister Brute Porn (3/10)

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New Aeon Musick / 2015
Tracklist (23:56) 1. Blow Your Trumpets Gabriel 2. Ora Pro Nobis Lucifer 3. Chant for Εσχατον 2000 4. O Father O Satan O Sun!

Obscura – Akróasis

Depuis Omnivium, bien des choses ont changé dans le camp d’Obscura (ou devrais-je dire le Steffen Kummerer Band) : départ de Christian Münzner et de Hannes Grossmann, arrivée de Tom Geldschläger et de Sebastian Lansner, écriture d’un nouvel album (avec, il semble, un apport non négligeable de Tom Geldschläger), éviction dudit Tom Geldschläger (il est même tout à fait supprimé de l’histoire d’Obscura dans la bio fournie par le label), bitch fight sur FB consécutif à ce départ forcé et arrivée de Rafael Trujillo, un guitariste de jazz… Vous suivez toujours ? Avec de tels changements au sein du groupe, on finirait par se demander comment le groupe a pu pondre Akróasis… mais le fait est là, l’album nous a été envoyé par le label et sortira d’ici quelques semaines. Voyons voir ce que la bête a dans le ventre.

Une chose est sûre : Obscura n’a pas choisi la voie de la facilité.

En gros – et c’est le groupe qui le dit, pas moi –, Akróasis se veut une « introduction presque exhaustive au Metal extrême ». Rien que ça. Un point de vue intéressant, mon brave Steffen, mais qui suinte de suffisance. Parce qu’à mes yeux, une introduction presque exhaustive au Metal extrême impliquerait des plans grindcore ou Black Metal, et j’ai beau chercher, je n’en vois pas (idem pour les growls vraiment profonds, on est loin des vocaux à la Cannibal Corpse). Par contre, oui, on est quasiment en présence du « B-A-BA du death technique », avec son lot de plans progressifs et alambiqués, ces cassures de rythme à n’en plus finir, ses lignes de basse parfaitement audibles et apportant un vrai relief au morceau, ses riffs et ses soli supersoniques et exécutés de main de maître. Et c’est bien beau. Bien propre. Et M. Santura a fait un boulot d’orfèvre au niveau de la prod’, ce qui vient encore renforcer le brillant de cet opus.

Et pourtant, malgré toutes ces qualités, certains éléments viennent troubler mon plaisir. « Akróasis » (le morceau), par exemple, et cette structure de début qui n’est pas sans rappeler « Incarnated ». Ou « Ode To The Sun » et son je-ne-sais-quoi qui rappelle la pesanteur d’« Ocean Gateways ». Oui, à certains moments, l’ombre des albums précédents plane sur Akróasis, et c’est d’autant plus dommage que d’autres passages sont à la fois géniaux et novateurs. Par ailleurs (mais c’est une question de goût), l’utilisation de voix « robotisées » n’apporte à mes yeux rien du tout : c’est un gimmick inutile.

Un single efficace en diable, plusieurs moments de bravoure (dont le morceau-fleuve « Weltseele », un quart d'heure de maestria), une production impressionnante qui rend justice à chaque intervenant : Akróasis avait de nombreuses cartes en main pour mater la concurrence. Toutefois, le génie côtoie la redite, et cela m’incite à une certaine sévérité envers un groupe qui, selon lui, « insuffle un nouveau souffle au death metal, au metal progressif et au-delà ». Un peu de modestie aurait été la bienvenue. Akroásis est très bon, meilleur que la grosse majorité de la concurrence, mais ces quelques détails, ces redites me gâchent le plaisir.

Mister Brute Force (7,5/10)

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Relapse Records / 2016
Tracklist (54:01) 1. Sermon of the Seven Suns 2. The Monist 3. Akróasis 4. Ten Sepiroth 5. Ode to the Sun 6. Fractal Dimension 7. Perpetual Infinity 8. Weltseele