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Le samedi 2 avril 2016, ce sera donc Moonspell qui clôturera la troisième édition du Tongeren Metal Fest. Autre ajout à l'affiche : les Anversois de Your Highness.

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Line-up complet

MOONSPELL, DESTROYER 666, BÖLZER, TREPANERINGSRITUALEN, BATHSHEBA & YOUR HIGHNESS 

Fleshgod Apocalypse – King

Ne nous mentons pas : avec Labyrinth, Fleshgod Apocalypse s’était pris les pieds dans son beau tapis rococo et s’était étalé la face contre un sol en marbre bien traître. Victime du syndrome de la grenouille face au bœuf, le groupe transalpin nous avait affiché ses limites. Du moins, c’est ce que je pensais. Parce que King, son successeur, vient nous prouver qu’il est possible, moyennant une production et un mix de qualité, de proposer un album à la fois touffu et écoutable.

King reprend ce qui avait fait la réussite d’Agony et la chute de Labyrinth : un Death Metal brutal et racé sur lequel viennent se greffer une myriade d’éléments symphoniques. À ce niveau, King est très typé « Fleshgod Apocalypse » : l’enchaînement « Marche Royale » – « In Aeternum » (et surtout cette transition entre l’intro et le morceau d’ouverture) nous renvoient plusieurs années en arrière et rappellent l’entrée en matière d’Agony, en plus ambitieux, en plus clinquant.

Et pourtant, Fleshgod Apocalypse a aussi sensiblement changé, particulièrement au niveau de la section rythmique. Quelle évolution ! Quel bon en avant ! Là où le batteur donnait la part belle au blast continu sur les albums précédents, il a su ici varier son jeu, ajoutant de la finesse, de la variation (sans pour autant oublier de faire parler la poudre ici et là), et c’est peut-être cela qui rend cet album plus digeste que son prédécesseur. En supprimant ces rafales de blast dignes d’un décollage d’hélicoptère et en rééquilibrant le mix, Fleshgod Apocalypse a su trouver le juste équilibre. Même « The Fool » et son intro en mille-feuilles (clavecin, blast, riff tronçonneuse, violons et cuivres) arrive à ne pas tomber dans la surenchère et la bouillie sonore. Au contraire, sur ce morceau et sur « And The Vulture Beholds » (pour ne citer qu’eux), Fleshgod Apocalypse a pris une dimension monstrueuse, épique même.

Fleshgod Apocalypse a su brouiller les pistes tout en nous amenant sur un terrain connu. À toute vitesse ou frôlant le mid-tempo (l’écrasante entrée en matière de « Gravity »), tantôt classique et tantôt audacieux (l’intermède « Paramour (Die Leidenschaft Bringt Leiden) »), les Italiens effacent leur ardoise et reviennent en force avec un album sans la moindre faute de goût (à moins que vous ne soyez pas fans du chant clair du bassiste, un point de vue qui se comprend et se défend).

Mister Brute Force (9/10)

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Nuclear Blast Records / 2016
Tracklist (57:25) 1. Marche Royale 2. In Aeternum 3. Healing Through War 4. The Fool 5. Cold as Perfection 6. Mitra 7. Paramour (Die Leidenschaft Bringt Leiden) 8. And the Vulture Beholds     9. Gravity 10. A Million Deaths 11. Syphilis 12. King

Dans notre univers, il y avait quelques repères, immuables, des choses qui ne changeaient pas. Comme la position de la main de Lemmy Kilmister sur le manche de sa basse depuis 20 ans, disait cette bonne vieille blague pourrie qui me faisait sourire à chaque fois. Mais aujourd'hui, même avec toute la bonne volonté du monde, le sourire se fige quelque peu. Parce qu'avec le décès de Lemmy, c'est un de ces repères qui vient de disparaître.

Et pourtant, je n'ai pas été tendre avec lui depuis bien longtemps déjà. Entre albums qui n'apportaient plus rien (si ce n'est les petits coups de canif à la légende) et concerts de plus en plus laborieux, Motörhead agonisait à petit feu, suspendu au fil devenu bien fragile de la santé de son frontman. Mon dernier souvenir de Motörhead en live était le Fortarock 2013, avec un Lemmy usé jusqu'à la corde. "On achève bien les chevaux", avais-je dit alors à un pote présent à Nimègue.

Certes, je n'ai pas découvert Motörhead aussi tôt que certains de mes confrères. Je n'ai "que" 34 ans, un petit merdeux, en somme, qui n'était encore qu'une vague idée dans les couilles de son père quand Dieu crachait Ace Of Spades à la gueule du monde. J'ai donc raté l'âge d'or de ce groupe, et tous leurs albums sortis à partir de la date à laquelle je me suis intéressé à Motörhead sont anecdotiques face aux premiers opus. Et pourtant je connais Ace Of Spades (l'album entier, pas juste le titre éponyme) quasiment par coeur. Et malgré toutes les blagues et tout ce que j'ai pu dire de négatif sur Lemmy ces dernières années, je ressens un pincement au coeur. Peut-être même encore plus qu'au décès de Dio. Sacré coming out pour le fan de Black, de Death et de Grind que je suis. 

Lemmy ne jouait pas du Rock. Il incarnait le Rock comme très peu de personnes peuvent le faire. Avec lui, c'est une page qui se tourne. Avec lui, c'est une partie du Rock qui est morte. 

Für mich wird er unsterblich sein. Ein Mythos für die Ewigkeit. (c) Onkel Tom