Dans cette interview, Stéphane revient sur la tournée avec Death To All, les 30 ans du groupe, le remastering des anciens albums et bien d'autres choses.
Mar 12
Dans cette interview, Stéphane revient sur la tournée avec Death To All, les 30 ans du groupe, le remastering des anciens albums et bien d'autres choses.
Mar 11
Voilà un album qui n’avait pas « sa place » chez Metalchroniques, de par son style. Puis, nous avons eu le cas Pryapisme, l’album de remix de Morbid Angel et, au final, aborder ses albums a fait de nous une bande de connards qui ne comprennent rien à ce monde merveilleux de la musique électronique. Maintenant que je me suis penché sur son dernier EP, Maigre, je ne pouvais pas ignorer Hallelujah, dernier album d’Igorrr en date, sorti en 2012, le jour de la « fin du monde ». Parce que cet album est une réussite totale.
L’accouplement hors nature du breakcore et de la musique baroque (ou « baroque-core » comme disent certains) est un concept osé, mais ce qu’Igorrr a réalisé sur cet album est tout bonnement parfait. Prenez le premier morceau, « Tout Petit Moineau », sa ligne de piano, son chant lyrique, sa montée en puissance jusqu’à l’arrivée de la rythmique électro, des riffs de guitare qui rappellent presque le Black Metal, et ce chant, tantôt lyrique, tantôt hystérique… tout tombe en place parfaitement. C’est osé, c’est fou, mais c’est terriblement cohérent. Et cette cohérence est une constante dans cet album. Même les idées les plus dingues s’inscrivent dans l’album, comme l’intervention improbable d’une poule dans « Vegetable Soup ».
Avec Hallelujah, Igorrr abat des murs, et avec ces gravats, il construit des passerelles entre différents univers, il connecte des mondes tellement différents, il établit un empire fait d’alliances improbables. Chaque écoute distille son lot de surprises, de détails inattendus. S’il ne devait rester qu’un seul représentant de cette scène Nawak qui brasse les genres avec allégresse, ce serait bien Igorrr.
Mister Porn (9,5/10)
Ad Noiseam Records / 2012
Tracklist (38:38) 1.Tout Petit Moineau 2.Damaged Wig 3.Absolute Psalm 4.Cicadidae 5.Vegetable Soup 6.Lullaby For A Fat Jellyfish 7.Grosse Barbe 8.Corpus Tristis 9.Scarlatti 2.0 10.Toothpaste 11.Infinite Loop
Mar 11
Avant de commencer cette chronique, remercions le label de Pryapisme, qui m’a récemment contacté pour que je me penche sur le cas de Futurologie, leur nouvel EP. Apparemment, deux articles ne suffisent pas pour leur faire comprendre que Pryapisme, à mes yeux, n’est qu’un projet sans queue ni tête, d’une incohérence crasse et tout à fait imbuvable. Non, je ne parlerai pas de Pryapisme. Je préfère me concentrer sur un autre groupe de « Nawak », cette appellation générique stupide, une formation qui en vaut la peine, j’ai nommé Igorrr.
Et en fait, le postulat de départ des deux groupes est le même, à mes yeux : abattre les frontières, repousser les limites des genres, expérimenter, oser. Mais là où Pryapisme se contente d’une déstructuration bête, Igorrr se construit un univers cohérent, son univers, à mi-chemin entre le baroque et l’électro, et cet univers déjà dévoilé sur le génialissime Hallelujah est ici encore magnifié sur cet EP réalisé en collaboration avec Ruby My Dear. Une fois de plus, les éléments symphoniques baroques côtoient le breakcore, les riffs de guitare acérés viennent danser une gigue improbable avec un accordéon franchouillard… Sur le papier, cela sonne tellement faux, tellement dingue (un peu comme Pryapisme, me direz-vous), mais Igorrr a su canaliser son pouvoir créatif. Igorrr ne part pas d’un point A sans savoir où il arrivera à la fin. Son chemin est tortueux mais précis.
Entre génie et folie, il n’y a qu’un pas, une mince frontière. Igorrr a su rester du « bon » côté, mettre à profit son talent pour nous prouver qu’un tel projet peut tenir la route et subjuguer son auditeur. Du grand art.
Mister Porn (9/10)
Ad Noiseam Records / 2014
Tracklist (20:48) 1. Barbecue 2. Figue Folle 3. Cuisse 4. Alain 5. Biquette